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Les assises financières de l’Armée de Marie,
Oeuvre guidée par le Ciel

«Les hommes de ce temps bafouent les mystiques, ces coeurs ardents, fixés sur l’Infini, qui vont au Christ-Sauveur, par Marie, dans un dépouillement total. Centrés sur la Volonté de Dieu qui désire rendre les hommes heureux, ils parlent et redressent les voies dans une action apostolique conquérante, voie d’amour, de pardon et de paix qui sanctifie et qui correspond aux desseins divins pour notre terre qui se meurt de si mal aimer.»

C’est en la fête de Notre-Dame de Lourdes 2003 que Mère Paul-Marie écrivait ces lignes pour l’article «Le Pape d’un Mystère» (Sa Sainteté Jean-Paul II) (Numéro de janvier-février 2003 du journal Le Royaume, p. 24). Or, ce passage nous offre un condensé saisissant de ce qu’a été la vie de notre Fondatrice, une vie d’amour et de renoncement continuels, centrée sur l’accomplissement de la Volonté de Dieu. Mère Paul-Marie a offert à tous les fleurs du don et du pardon, dépassant la faiblesse humaine pour se river à Dieu, nous montrant de surcroît la route de l’abandon à toutes les Volontés divines.

Cet article est consacré aux finances de l’Armée de Marie et de ses Oeuvres connexes; toutefois, cet aspect de l’Oeuvre mariale, autant que sa dimension spirituelle, s’enracine dans la vie de Mère Paul-Marie et il convient de nous y arrêter, ne serait-ce que brièvement.

Une vie d’amour

Marie-Paule est née en la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix, le 14 septembre 1921, dans un foyer imprégné des valeurs évangéliques: charité, simplicité, ouverture aux événements providentiels, vie de prière et de renoncement.

Elle apprend très jeune à s’oublier pour les autres. D’une activité débordante, elle seconde sa mère pour les tâches ménagères, s’occupe de ses frères et soeurs (elle est l’aînée de dix enfants), rend service à la paroisse et partout où elle passe.

Marie-Paule a toujours eu une prédilection pour les pauvres et les laissés-pour-compte. Son frère Claude élevait des petits animaux, dont des poules; âgée de 9 ans, dès qu’elle voyait qu’il y avait suffisamment d’oeufs à la maison, elle demandait à sa mère, Maman Laura, la permission d’aller offrir des oeufs à une famille dans le besoin.

Vie d’Amour, qu’elle écrira plus tard à la demande du Seigneur, regorge de faits démontrant une charité inventive et à l’écoute des besoins de son prochain. De tous ceux et celles qui bénéficient de son dévouement, mentionnons cette dame âgée et alitée qui vit dans des conditions misérables et que Marie-Paule va aider chaque jour pendant plus de quatre ans, toujours bénévolement; et cette compagne de classe très pauvre pour laquelle Marie-Paule organise une collecte afin de lui offrir des articles de première nécessité et une robe que confectionne Maman Laura.

Elle désire souffrir pour sauver les âmes et c’est en ce but qu’à l’âge de 12 ans elle s’offre comme victime à Jésus. Peu de temps après, pendant la messe, elle entend une Voix intérieure:

«UN JOUR, TU SERAS TRÈS GRANDE, MON ENFANT. AIE CONFIANCE, SOIS BONNE

La jeune fille, qui désire devenir religieuse, entend souvent la même Voix intérieure lui répéter ces paroles dont elle ne comprend pas la signification.

Le jour de ses 15 ans, émue à la pensée des tourments du Divin Crucifié, elle s’offre à Lui pour prendre Sa place sur la Croix afin qu’Il ne souffre plus. Le lendemain, fête de Notre-Dame des Sept Douleurs, elle se fiance à Jésus et compatit aux douleurs de Marie quand Celle-ci lui dit intérieurement:

«MON ENFANT, EN L’HONNEUR DE MES SEPT DOULEURS, TU PASSERAS SEPT FOIS SUR LA TABLE D’OPÉRATION.» (Ce qui se réalisera.)

Marie-Paule s’intéresse aussi aux affaires. Son père vend de l’assurance et elle s’installe souvent dans un coin de son bureau pour tricoter et écouter ses conversations avec ses clients. Ceux-ci se plaignent parfois que leur épouse ne comprend rien aux affaires, ce qui laisse Marie-Paule pensive: «Comment la femme pourrait-elle s’améliorer en ce domaine?» se demande-t-elle. L’avenir lui donnera l’occasion de le démontrer.

Marie-Paule a 16 ans lorsqu’elle a beaucoup à souffrir des agissements d’un membre du clergé. La Voix intérieure l’informe que ce prêtre vit dans l’impureté; comme elle offre à Dieu les mérites que lui obtiennent les souffrances causées par ce prêtre, elle entend intérieurement:

«SOIS BONNE, MON ENFANT; UN JOUR, TU SERAS MON PORTE-PAROLE AUPRÈS DES AUTORITÉS RELIGIEUSES. SI ELLES ONT CONFIANCE, DE GRANDES CHOSES SERONT ÉVITÉES DANS DES PÉRIODES DOULOUREUSES.»

En août 1938, elle fait sa première retraite fermée. Alors qu’elle espère bientôt se consacrer au Seigneur dans la vie religieuse, le prédicateur lui affirme que sa place est bien dans le monde... Les événements providentiels confirment les paroles du prédicateur et Marie-Paule se marie le 1er juillet 1944. Pendant la bénédiction nuptiale, elle reçoit une grâce surnaturelle: elle se voit vêtue d’une longue robe blanche et portant un voile blanc; elle semble flotter au-dessus de la terre, comme allant d’un pays à l’autre pour une cause quelconque.

Vie d’Amour relate les années qui ont suivi, marquées de croix toujours plus lourdes, alors que les interventions du Ciel se faisaient de plus en plus présentes. Marie-Paule expérimente les nuits de l’âme et le Seigneur la dote de nombreux charismes pour le bien de Son Église. Sa mission se dessine peu à peu, alors que s’affine le mode de communication avec le Ciel, ne laissant pas de prise aux interférences diaboliques.

Le 28 avril 1958, Jésus lui annonce qu’elle sera crucifiée par Ses âmes sacerdotales et Il ajoute:

«Comme Moi, tu es innocente, mais on criera partout que tu es odieuse, la plus infâme des créatures. (...) Toi, la femme pure, qui t’es donnée jusqu’à t’arracher le coeur pour tes semblables et que j’ai soutenue miraculeusement; toi qui as bénéficié de si nombreux talents, lesquels ont tous servi à Ma Cause; toi qui as chanté et souri pour ne pas pleurer et gémir.» (Vie d’Amour, vol. I, chap. 53)

Le 4 mai suivant, le Seigneur précise:

«Tu sais, mon enfant, que ma Mère bien-aimée est passée sur terre et qu’Elle est montée au Ciel sans mourir! Je dois te dire aujourd’hui qu’Elle s’est incarnée et son regard maternel s’est penché sur toi. C’est toi, mon enfant, qui souffres ma Passion et qui, au nom de ma Mère bien-aimée, vas redonner le Christ au monde.» (Id.)

Cette mission sera confirmée par les paroles de certains mystiques, entre autres:

Marthe Robin dira de Marie-Paule: «Elle est toute perdue en Marie, toute cachée en Marie» (Châteauneuf-de-Galaure, 1973).

La Sainte Vierge demande à Don Stefano Gobbi, Fondateur du Mouvement sacerdotal marial, de bénir Québec, «Sa» ville..., car Elle y demeure, lui explique-t-Elle (Québec, 1976).

La voyante de la Dame de Tous les Peuples reçoit ce message concernant Marie-Paule: «Elle est la Servante» (Amsterdam, 1977).

Et la Servante doit marcher sur les pas du Serviteur souffrant...

La fondation de l’Armée de Marie et de ses Oeuvres connexes

L’Armée de Marie, que le Seigneur avait annoncée à Marie-Paule en 1954, est lancée le 28 août 1971 et le Ciel demande que soit préparée la petite revue L’Armée de Marie afin de relier les membres de l’Oeuvre.

Marie-Paule, qui a pour principe de ne jamais faire de dettes, n’a que 5 $ en poche mais, se fiant à la Providence, elle obtempère: le premier numéro de la revue paraît le 14 septembre 1971 et elle peut acquitter la facture. Et la voici lancée sur une voie apostolique qui sera riche et féconde parce que préparée dans le creuset de la souffrance et des humiliations de toutes sortes, et guidée soigneusement par le Ciel qui informe, soutient et commande: à Marie-Paule revient le mérite de l’obéissance indéfectible et héroïque, alors que les voies de Dieu déroutent la sagesse humaine et Marie-Paule la première qui note sans comprendre, toujours par obéissance, tant et tant d’indications divines.

C’est dans la simplicité et la pauvreté que s’échafaude l’Oeuvre mariale: la table de cuisine de Marie-Paule tient lieu de premier secrétariat de l’Armée de Marie; la modeste bibliothèque est constituée de quelques tablettes soutenues par des boîtes de conserve vides qu’elle a recouvertes de papier métallique. Le secrétariat de la revue est tenue bénévolement par Louise, fille de Marie-Paule, qui est mariée et qui demeure à quelques rues de chez sa mère.

C’est toujours en obéissant aux indications d’En-Haut que Marie-Paule fonde tour à tour la Famille et la Communauté des Fils et Filles de Marie (1981 – elle prend alors le nom de Mère Paul-Marie en tant que mère spirituelle de ces deux Oeuvres), les Oblats-Patriotes (1986), l’Institut Marialys (1992) et, pour chapeauter ces cinq Oeuvres, la Communauté de la Dame de Tous les Peuples (1999).

Ces Oeuvres spirituelles ont des assises financières solides et sont soutenues par des corporations (sociétés civiles). En effet, en 1973, à la demande d’un fonctionnaire du gouvernement fédéral, Marie-Paule avait fait les démarches pour que l’Armée de Marie soit érigée en corporation sans but lucratif et l’Oeuvre avait obtenu sa charte fédérale le 24 septembre 1973. Désormais, il faudra distinguer entre deux entités:

– «L’Armée de Marie», association de laïcs, qui ne possède ni ne gère aucun bien; et

– «L’Armée de Marie inc.», corporation sans but lucratif qui donne à l’Oeuvre un support juridique et peut gérer des biens; la corporation fait parvenir chaque année le rapport financier de ses activités aux deux paliers de gouvernement: fédéral et provincial.

Il en sera de même pour les autres Oeuvres issues de l’Armée de Marie qui auront chacune leur corporation, comme aussi les différents ateliers et secteurs d’apostolat: atelier statuaire, journal de l’Oeuvre, agence de voyages, etc.

Les principes financiers et l’exemple de la Fondatrice

Les Dirigeants de l’Oeuvre ont toujours respecté à la lettre les directives données par le Seigneur à Marie-Paule:

– ne jamais demander d’argent, car Dieu allait pourvoir à tout;
– ne jamais faire de publicité;
– ne jamais contracter de dettes;
– ne pas avoir de vie sociale dans l’Oeuvre;
– ne pas vivre aux dépens de l’Oeuvre;
– partager les dons reçus avec les démunis ou d’autres oeuvres;
– travailler bénévolement pour l’Oeuvre.

«Accepter un tel programme, écrivait Marie-Paule en 2002, c’était accepter de marcher dans la foi pure, d’obéir sans comprendre et d’aller à l’encontre de la prudence humaine. “Folie de Dieu plus sage que la sagesse des hommes” (cf. 1 Co 1, 25).

«Non seulement ce programme a été accepté, mais il a été observé à la lettre depuis bientôt 32 ans, sans qu’on s’arrête aux “engeances de vipères” qui ont tant sali la réputation de l’Armée de Marie. Rien ne peut limiter l’action de ceux qui se confient en Dieu. (...)

«Les finances de l’Armée de Marie sont, depuis les premiers jours de ses activités apostoliques, le résultat d’un travail intense de ses dirigeants et de dons reçus sans rien demander; en “donnant sans cesse de manière à ce que la main gauche ignore ce que donne la droite”, selon l’esprit de l’Évangile» (Article «Les finances de l’Armée de Marie», numéro de mars-avril 2002 du journal Le Royaume, p. 22).

Notre Fondatrice a donné l’exemple d’un dévouement sans bornes et n’a jamais reçu de salaire pour les nombreuses fonctions qu’elle a occupées au sein de l’Oeuvre mariale et qui la gardaient au poste, jusqu’à tout dernièrement, le plus souvent seize heures par jour, et ce dès 2 ou 3 h le matin: travail de bureau, courrier volumineux, rédaction (nombreuses publications et articles pour le journal de l’Oeuvre), régie interne, activités apostoliques, etc.

Afin d’être disponible pour l’Oeuvre mariale, Marie-Paule a renoncé à toute vie sociale. De même, ses cinq enfants lui ont facilité la tâche en prêtant leur concours dans les premières années pour ensuite voler de leurs propres ailes dans la compréhension d’une situation apostolique acceptée généreusement.

Et Marie-Paule s’est fait un point d’honneur de ne pas vivre aux dépens de l’Oeuvre: elle a défrayé ses modestes dépenses personnelles, dont son abonnement au journal – alors que Marie-Paule en est la directrice et la principale rédactrice –, ses voyages apostoliques, etc., grâce aux droits d’auteur perçus pour ses volumes de Vie d’Amour, laissant un surplus pour l’Oeuvre mariale. À la demande du Seigneur, elle défraie même le coût d’achat des volumes qu’elle a écrits, car il s’agit de l’Oeuvre de Dieu (indication du Ciel).

En 1986, Marie-Paule commence à recevoir la pension de la Sécurité de la vieillesse qui lui permet non seulement de payer ses dépenses, mais aussi de faire des dons. Religieuse depuis la mort de son mari en 1997, son voeu de pauvreté lui interdit de posséder quelque bien que ce soit et c’est sereinement qu’elle envisage la mort, heureuse de ne pas avoir un seul sou ni d’autre bien que la robe de son ensevelissement...

Certains de ses enfants la soutiennent de leurs dons, si bien qu’elle n’a jamais vécu aux dépens de la Communauté non plus.

Les actifs immobiliers

Comme on l’a dit, l’appartement de Marie-Paule, situé au 2040 de la 26e Rue à Québec, a été le premier secrétariat de l’Armée de Marie. En 1974, deux dames qui avaient offert à l’Oeuvre leurs services bénévoles sont venues habiter l’appartement voisin de Marie-Paule qui est alors devenu le secrétariat de l’Armée de Marie et de la revue.

Peu à peu, des membres désireux de se dévouer au service de l’Armée de Marie sont venus louer certains des dix-huit appartements de cet immeuble (le propriétaire était heureux d’avoir des locataires paisibles et honnêtes). Soulignons que tous demeuraient autonomes financièrement, Marie-Paule n’ayant jamais accepté qu’une personne offre tous ses biens à l’Oeuvre.

En 1976, les Dirigeants de la corporation «L’Armée de Marie inc.» font l’acquisition de cet immeuble de la 26e Rue qui devient le Centre international de l’Armée de Marie.

L’Oeuvre se développe rapidement et d’autres immeubles doivent être acquis ou construits, et le Ciel demande l’achat de terrains à Lac-Etchemin en vue du développement futur: un premier terrain est acheté en 1983; de généreux donateurs et différentes corporations de l’Oeuvre (Vie d’Amour, la librairie, le journal, etc.) permettent à l’Armée de Marie et à la Famille des Fils et Filles de Marie d’acquérir plusieurs terrains.

Voici, à ce jour, la liste des immeubles appartenant à l’Oeuvre mariale, identifiés selon le vocable reçu au moment de leur acquisition ou construction:

1. Le Centre international de l’Armée de Marie, acheté à Québec en 1976.

2. Le Centre de l’Immaculée, acheté à Québec en 1980; l’immeuble de trois étages accueille d’abord à l’étage supérieur des laïcs et des religieux; après la fondation de la Famille et de la Communauté des Fils et Filles de Marie (31 mai 1981), cet étage devient le lieu de résidence des religieux Fils de Marie. Au rez-de-chaussée, une vaste salle sert pour les conférences et les cours de catéchisme aux adultes et aux jeunes; des locaux sont utilisés pour le secrétariat du journal, divers ateliers, la librairie.

Cet immeuble, acquis au coût de 400 000 $, est le seul pour lequel une souscription a été faite, à l’instigation du Père Philippe Roy qui désirait y intéresser ses amis. Cette souscription a rapporté 185 000 $; Raoul Auclair a fait un don de 70 000 $; Vie d’Amour a offert 60 000 $ et d’autres départements de l’Oeuvre y ont également contribué; M. Gérard Poulin a prêté sans intérêts la somme de 100 000 $ qui lui a été remboursée à la fin de l’année 1980, l’immeuble étant complètement payé.

3. La Ferme Saint-Joseph, à Lac-Etchemin, est achetée en 1984 pour le noviciat des Fils de Marie grâce à Vie d’Amour et à quelques donateurs; dix ans plus tard est ajoutée une importante section où l’on retrouvera divers ateliers, et l’immeuble est rebaptisé Marienthal.

4. Le Pavillon Notre-Dame-de-Fatima, à Lac-Etchemin, est acheté par les Filles de Marie en 1986; il abrite à ce jour des religieuses et des Oblates de la Famille des Fils et Filles de Marie.

5. Les Filles de Marie font en 1988 l’achat des Résidences La Mennais, à Lac-Etchemin, et l’immeuble sera connu sous le nom Virgo Fidelis. Elles occuperont les deux étages supérieurs et accueilleront aux deux étages inférieurs des Oblats résidants, personnes âgées autonomes qui pourront vivre une retraite favorisée par des services appropriés (cafétéria, infirmières, chapelle, etc.). La branche des Oblats résidants de la Famille des Fils et Filles de Marie achète le Pavillon Notre-Dame-de-Fatima dont quelques Filles de Marie assumeront la direction et le service des Oblates résidantes.

6. Mariacel, à Québec, est acheté en 1988 par la Famille des Fils et Filles de Marie pour son secrétariat, des ateliers de couture et la librairie Espoir et Vie.

7. Mariapolis, à Québec, est acheté en 1992 par la Famille des Fils et Filles de Marie; depuis 1996, on y retrouve le Rosier d’Or, magasin d’objets de piété et de livres religieux, tenu par quelques Soeurs Filles de Marie.

8. Le Centre eucharistique et marial Spiri-Maria est construit à Lac-Etchemin à la demande expresse du Ciel; commencés en 1999, les travaux sont terminés en janvier de l’an 2000. L’immeuble accueille des personnes qui désirent faire une retraite de deux ou cinq jours et devient temporairement le Centre international de la Communauté de la Dame de Tous les Peuples.

L’immeuble est entièrement acquitté dès la fin des travaux; la construction de la chapelle a été rendue possible grâce à la somme de 400 000 $ offerte par la Fondation Mère Paul-Marie et au legs testamentaire de 500 000 $ de Mlle Aurore Pelland, membre de l’Armée de Marie et amie de Marie-Paule qui ignorait que, sous des dehors humbles et pauvres, cette femme venue résider comme Oblate au Pavillon Notre-Dame-de-Fatima était en fait une personne fortunée.

9. RoyauMa, à Lac-Etchemin, est acheté par le journal Le Royaume en l’an 2000; on y retrouve le secrétariat du journal et les bureaux de la maison d’édition Vie d’Amour.

10 et 11. La Résidence de la Dame et Rosa Mystica sont construites sur le site de Spiri-Maria en 2001 et 2002 et sont la propriété des Filles de Marie. La Résidence devient le Centre international de la Communauté de la Dame de Tous les Peuples.

12. Val-Maria, à Lac-Etchemin, fermette achetée en 2002 par les Fils de Marie, devient en 2003 la maison de formation (Noviciat) des Fils de Marie.

Tous ces immeubles ont été payés grâce aux profits générés par les différentes corporations de l’Oeuvre mariale et aux dons reçus.

Il faut souligner le travail bénévole de nombreux membres de l’Oeuvre et de la Communauté des Fils et Filles de Marie, tant pour rafraîchir les locaux des immeubles acquis que pour rénover et faire l’aménagement extérieur des sites, ce qui a permis de réduire les coûts; sans oublier les nombreux bénévoles qui offrent leurs services aux différentes maisons de l’Oeuvre.

Des résidences unifamiliales ont également été acquises par l’Oeuvre à Lac-Etchemin, dont la maison paternelle de Marie-Paule, achetée par la Famille des Fils et Filles de Marie en 1985; le chalet Saint-François, acheté par l’Armée de Marie en 1985, transféré à la Famille puis à la Communauté des Fils de Marie en 2001. Le chalet Villa Sancta Maria a été offert aux Filles de Marie par Robert et Denise Beaudry en 1987.

«Rendez à César ce qui est à César» (Mt 22, 21)

a) Le respect des lois

Marie-Paule a toujours eu un grand souci de respecter les lois, qu’elles soient gouvernementales, municipales ou autres, demandant à ses collaborateurs un même respect.

En ce qui concerne les taxes municipales applicables aux terrains et immeubles de l’Oeuvre, elle exige qu’on remette toutes les sommes dues à la Municipalité. En tant qu’organisme de charité, l’Oeuvre n’a pas à payer de taxes sur les édifices qu’elle possède à Lac-Etchemin; cependant, Marie-Paule a tenu à ce que des taxes soient payées pour les édifices qui ne sont pas au sens strict ou totalement à vocation religieuse, comme le Pavillon Notre-Dame-de-Fatima et Royau-Ma, de même que pour les terrains vacants que possède l’Oeuvre.

L’honnêteté dans les affaires est pour elle primordiale. Un de ses principes en la matière est que, lorsqu’on débute en affaires, il faut toujours commencer au bas de l’échelle pour ensuite prendre de l’expansion, selon le développement des affaires.

b) L’acquittement rapide des factures

Comme Marie-Paule a pour principe de ne jamais faire de dettes, les factures sont acquittées le plus tôt possible: sur réception de la marchandise commandée, on en vérifie aussitôt la qualité et la quantité et les chèques sont émis pour l’acquittement.

Dans les premières années de l’Oeuvre, lors d’une réunion des membres du Conseil d’administration de l’Armée de Marie, composé de la Fondatrice et d’hommes d’affaires, l’un d’eux, secondé par les autres, suggéra à Marie-Paule d’attendre que les trois mois soient écoulés pour acquitter les factures, afin que l’Oeuvre profite des «délais» autorisés qui lui auraient permis de bénéficier des intérêts. Marie-Paule répondit: «Je sais, mais quand nous avons reçu notre marchandise en bonne et due forme, nous devons la payer. Si nous voulons redresser les choses, nous devons être les premiers à rectifier, espérant que d’autres suivront cet exemple, car les fournisseurs ont aussi des charges à supporter.»

c) Une tenue de livres impeccable

Marie-Paule exige des comptables de l’Oeuvre une tenue de livres impeccable et conforme aux exigences de la loi.

Soeur Julienne Boisvert, qui tenait la comptabilité de la Librairie à Mariacel il y a plusieurs années, a reçu un jour à l’improviste la visite d’un vérificateur du gouvernement qui a été très impressionné par ses registres impeccables et par les réponses claires et précises données à ses questions, preuves à l’appui. «Si tous les commerces tenaient leurs livres comme ça, dit-il à Soeur Julienne, il n’y aurait jamais besoin d’inspecteur!»

Notre Soeur lui a répondu: «On enseigne la justice et la vérité, on doit être les premiers à les pratiquer.»

Le vérificateur est revenu encore quelques années, pour la forme, et il a déclaré à Soeur Julienne: «Je n’ai jamais vu des livres si bien tenus!»

Soeur Julienne a initié à la comptabilité plusieurs Filles de Marie et a monté un système comptable adapté aux différentes Oeuvres; ainsi, notre transparence en matière de comptabilité prévaut non seulement au Centre international de la Communauté de la Dame de Tous les Peuples, mais également dans les Centres nationaux, régionaux et locaux de nos Oeuvres.

Soeur Julienne a dû cesser sa contribution à la comptabilité pour raison de santé. Aujourd’hui, Soeur Monique Goupil (pour la Communauté des Filles de Marie) et M. André Bélanger (pour les Oeuvres) ont habilement pris la relève.

Les dons

Le mot d’ordre a été lancé dès la fondation de l’Armée de Marie: «Combattre le mal en faisant le bien.» Une des facettes de notre apostolat est de contribuer à différentes oeuvres de charité, dont celles du Saint-Père.

a) Nos dons au Saint-Père

De 1973 à 1995, le Centre international de l’Armée de Marie a organisé 27 pèlerinages, principalement en Europe mais aussi en Terre Sainte, en Turquie (Éphèse), aux États-Unis et en Jamaïque.

De 1973 à 1984, lors des pèlerinages à Rome, une somme de 539 200 $ a été offerte au Saint-Père (dont 125 000 $ en 1981, 80 000 $ en 1982, et 100 000 $ en 1983 et en 1984). Cet argent provenait d’une part des bénéfices du pèlerinage en cours, de l’Armée de Marie et de différents départements de l’Oeuvre, des petites banques de nos membres pour le Saint-Père, d’honoraires de messes. Chaque fois, la somme était remise à la Secrétairerie d’État à la fin du pèlerinage et non au début, car l’Oeuvre ne voulait pas se servir de ces dons pour obtenir des faveurs particulières.

À l’automne 1984, quinze Fils de Marie partent pour Rome, aspirant au sacerdoce; ils entreprennent leurs études à l’Université pontificale de l’Angelicum, à Rome. En 1985, ils sont trente-trois, dont vingt-neuf étudiants à l’Angelicum. Les Dirigeants de l’Oeuvre informent nos membres que les prochaines sommes recueillies parmi eux pour le Saint-Père seront utilisées pour l’oeuvre des vocations et serviront à défrayer le coût des études des Fils de Marie.

L’Oeuvre mariale continue toutefois à offrir des dons et des honoraires de messes au Saint-Père, spécialement à l’occasion de ses pèlerinages à Rome. Cependant, quelle surprise lorsque, le 10 mars 1986, le Cardinal Louis-Albert Vachon, alors Archevêque de Québec, retourne à Marie-Paule les traites bancaires offertes au Saint-Père par l’Oeuvre en juin 1985, sous prétexte que les honoraires offerts pour les messes étaient trop élevés (parfois 100$, et une fois 2000 $, à l’occasion de l’anniversaire du Saint-Père). Il était déjà entendu que ces sommes indiquaient qu’il s’agissait des honoraires de messes et don pour les oeuvres du Saint-Père. Le Cardinal Vachon écrivait:

«Le tarif des honoraires de messes doit être fixé par les évêques d’une même province ecclésiastique et par la suite respecté par tous. Aussi y aurait-il lieu de vous conformer à ces tarifs, en distinguant très nettement les sommes qui couvrent les honoraires de messes demandées et les dons que l’Armée de Marie voudrait faire au Saint-Père pour ses oeuvres. (...) Je vous suggère de faire célébrer les messes au Québec et je serai heureux de transmettre au Saint-Père, si vous le jugez à propos, les dons des membres de l’Armée de Marie.»

Marie-Paule avait pourtant procédé, pour ces offrandes, de la manière suggérée par le Cardinal Maurice Roy, prédécesseur du Cardinal Vachon, et qui fonctionnait bien depuis des années... Elle informe le Père Denis, qui est à Rome pour accompagner les Fils de Marie, et celui-ci communique avec une Autorité religieuse qui parle de l’affaire au Pape Jean-Paul II.

«Comment peut-on, dit le Saint-Père, refuser ces dons quand nous acceptons même ceux qui nous viennent des non-catholiques?»

Une enquête est demandée. Les Dirigeants de l’Oeuvre apprennent plus tard que ce sont deux personnes de la section française de la Secrétairerie d’État, et non le Pape, qui avaient pris la décision de refuser les traites bancaires (ou qui exécutaient des ordres reçus d’ailleurs). Le Pape Jean-Paul II a demandé que les dons et honoraires de messes offerts par l’Armée de Marie soient désormais versés à la Fondation Jean-Paul II, à Rome. (Cf. Vie d’Amour Appendice, vol. II, pp. 204-206, 246-247)

b) Nos dons aux déshérités et aux oeuvres de charité

Marie-Paule a habitué ses collaborateurs et les religieux à être généreux, à recevoir d’une main et donner de l’autre de façon discrète en faveur des déshérités (membres ou non-membres de l’Oeuvre), des organismes de charité, des victimes des catastrophes à l’échelle de la planète (par exemple le tsunami du 26 décembre 2004).

Notre Fondatrice n’a jamais gardé pour elle-même les dons reçus des membres de l’Oeuvre; même les chèques personnels (qu’ils soient d’un montant de 50 $ ou 100 $) étaient endossés et remis à l’Oeuvre.

Un jour, elle reçut un chèque de 5 $ d’une personne qui lui disait sa joie d’offrir, mais sa peine de donner si peu à cause de leurs difficultés financières. Marie-Paule saisit alors la prochaine occasion pour retourner à cette personne la somme de 50 $, la priant de l’accepter pour ses enfants ou pour un autre mobile, afin de ne pas blesser cette personne.

Que de générosités Marie-Paule a faites! Pour ne donner qu’un exemple qui illustre à la fois la générosité et le pardon: dans les années 1980, un ex-membre de l’Armée de Marie faisait beaucoup de tort à l’Oeuvre, ce qui désolait son épouse qui informa un membre de l’Armée de Marie de leur extrême pauvreté, n’ayant même plus de réfrigérateur dont le mécanisme ne fonctionnait plus. Apprenant ce fait, Marie-Paule s’est empressée de faire livrer discrètement le meilleur réfrigérateur et le plus grand qui conviendra pour cette famille qui doit en ignorer la provenance. (Cet homme lutte encore aujourd’hui contre l’Oeuvre.) (Vie d’Amour, Appendice, vol. I, p. 288)

c) Nos membres au service de l’Église

Nombreux sont nos membres qui collaboraient au niveau de leur paroisse, ce qui a fait dire à plusieur Curés que les membres de l’Armée de Marie étaient leurs «meilleurs paroissiens».

Des diocèses où ont oeuvré les Fils et les Filles de Marie ont également bénéficié non seulement du dévouement de ces religieux et religieuses, mais aussi du dévouement de membres de l’Oeuvre qui se sont rendus à L’Aquila, en Italie, pour rénover le Séminaire mis à la disposition des Fils de Marie, ou encore en Jamaïque afin de rénover une maison en vue d’en faire un orphelinat et de construire une seconde résidence afin de séparer enfants et adolescents. C’est dans une belle fraternité que nos membres ont participé à ces travaux et, pour plusieurs, ce furent leurs plus beaux pèlerinages.

L’Archevêché de Québec et les finances de l’Armée de Marie

Alors que le Cardinal Maurice Roy était favorable à l’Oeuvre qui venait d’être fondée, le Seigneur avait indiqué à Marie-Paule que l’un de ses Évêques auxiliaires, Monseigneur Lionel Audet, était «L’ENNEMI NUMÉRO UN DE L’ARMÉE DE MARIE» (indication datant de janvier 1972; cf. Vie d’Amour, vol. VIII, chap. 75, p. 387). Et, de fait, Monseigneur Lacroix, de l’Archevêché, confirmera à Marie-Paule que ce que faisait le Cardinal Roy était défait par Monseigneur Audet...

a) Des documents disparaissent

Il se passait à l’Archevêché des choses étranges au sujet de l’Armée de Marie, par exemple:

– Certaines lettres demeuraient sans réponse: se rendaient-elles au Cardinal Roy?

– Les bilans financiers que l’Armée de Marie, à la demande du Cardinal Roy, a fait parvenir à l’Archevêché en 1981, puis les deux années suivantes tant au Cardinal Roy, retiré, qu’à Mgr Vachon, son successeur, ont disparu des archives de l’Archevêché. Comme Mgr Vachon les réclame à Marie-Paule en janvier 1984, celle-ci lui fait parvenir le jour même une copie des trois rapports financiers. Elle se remémore alors ce qui lui avait été «montré» le 21 juin 1973:

«LES LOCAUX DE SON ÉMINENCE LE CARDINAL MAURICE ROY ONT ÉTÉ VISITÉS PENDANT LA NUIT ET IL S’AGIT DE DOCUMENTS QUI ONT ÉTÉ ENLEVÉS.»

Et il avait été «indiqué» à Marie-Paule qu’il s’agissait de documents de l’Armée de Marie. Mais, en 1984, deux bureaux ont été «visités», soit ceux du Cardinal Roy et de Mgr Vachon. (Cf. Vie d’Amour, Appendice, vol. I, pp. 165, 181)

b) Intérêt de Mgr Vachon pour l’aspect matériel de l’Oeuvre

Contrairement au Cardinal Roy, Mgr Vachon (devenu Cardinal en 1985), lors de sa rencontre avec Marie-Paule, s’intéresse uniquement à l’aspect matériel de l’Oeuvre. Le 5 novembre 1984, il convoque à l’Archevêché Marie-Paule – qui se présente avec les Pères Philippe Roy et Victor Rizzi – pour l’interroger sur la destination des dons reçus, sur l’achat de maisons et de terrains à Lac-Etchemin, sur les rumeurs de construction, et il demande si l’Oeuvre a des dettes.

«Nous devons savoir ce que vous faites, dit Mgr Vachon, afin d’être capables de répondre à ceux qui nous interrogent, même de Rome.»

Le 9 novembre suivant, devant les difficultés suscitées par l’autorité religieuse, réunion du conseil d’administration de l’Armée de Marie qui s’oppose à l’envoi, à l’Archevêché, des copies des contrats d’achat de terrains; et il est proposé qu’on s’informe à Rome auprès d’un canoniste pour connaître les exigences de l’Église à ce sujet. Le Père Denis, qui est à Rome, prend contact avec un docteur en Droit canonique dont la réponse est confirmée par un Cardinal:

«Une distinction doit être faite entre une Association pieuse et la Corporation civile. L’Évêché n’a pas le droit de se mêler des affaires de la Corporation. L’Armée de Marie est bien une association privée.»

Cette dernière affirmation concernant le caractère d’association privée de l’Armée de Marie est importante et contredit les prétentions de Mgr Vachon à l’effet que l’Armée de Marie serait une association publique, type d’association relevant de l’Autorité ecclésiastique. Le Tribunal suprême de la Signature apostolique reconnaîtra lui aussi que l’Armée de Marie est une association privée de fidèles en affirmant que la disposition de ses biens est régie par ses statuts (décret du Congressus, 17 mars 1989).

c) Une histoire de taxes

Le 4 mai 1987, le Cardinal Vachon émet un décret pour enlever à l’Armée de Marie le statut d’association pieuse que lui avait accordé le Cardinal Maurice Roy.

Nous ne reviendrons pas ici sur les injustices qui ont entaché ce décret, mais plutôt sur une autre tentative du Cardinal Vachon de nuire à l’Oeuvre: le 27 mai 1987, alors que, sur le conseil d’une haute autorité du Vatican, l’Armée de Marie a fait appel à Rome contre son décret émis deux semaines plus tôt, l’Archevêque de Québec écrit aux Autorités municipales de Québec afin de faire lever l’exemption de taxes foncières et d’affaires dont bénéficie l’Armée de Marie au même titre que tout autre groupe religieux, même non catholique, et les autres associations sans but lucratif. Par la suite, l’Armée de Marie reçoit un compte de taxes municipales, mais notre conseiller juridique obtient de la Communauté urbaine de Québec que l’on reconnaisse que l’Armée de Marie n’a pas à payer ces taxes.

Des calomnies dans les médias d’information

Depuis sa fondation, l’Armée de Marie a affronté plusieurs campagnes de calomnies menées à partir de certains évêchés et de communautés religieuses, ou organisées par des individus partis en guerre contre cette Oeuvre. Les médias d’information se sont souvent fait l’écho de ces campagnes, contribuant à propager la désinformation sur l’Oeuvre mariale.

Lorsque ces médias se sont mis à répandre des accusations saugrenues de type diffamatoire par lesquelles on tentait d’assimiler l’Armée de Marie à une «organisation crapuleuse» qui «exploite les gens», l’Oeuvre a dû demander à ces médias de prouver leurs allégations ou de se rétracter, à défaut de quoi serait intentée contre eux une poursuite judiciaire en dommages-intérêts – le but de l’Oeuvre n’était pas d’obtenir une compensation financière, mais plutôt que la vérité soit faite et que cessent ces accusations infâmes.

Rappelons ici le cas de deux médias: TQS et L’Informateur catholique.

a) Le réseau de télévision Quatre-Saisons (TQS)

Le 6 décembre 1987, TQS présente à l’émission «Caméra 87» un reportage sur l’Armée de Marie qui est écouté par près d’un million de téléspectateurs. Les Dirigeants de l’Oeuvre, qui sont satisfaits de ce document dans l’ensemble, car il présente les faits avec objectivité et honnêteté, préviennent la direction de TQS qu’une action contraire pourrait être entreprise contre l’Armée de Marie.

Ce qui ne tarde pas: le 24 janvier 1988, l’animatrice de «Caméra 88», à TQS, lit des extraits de quatre lettres diffamatoires reçues au poste – notes discordantes parmi les centaines de lettres et d’appels téléphoniques favorables – où l’on dit de l’Armée de Marie qu’elle «exploite les gens», que c’est une «crapuleuse organisation» dont le but est «l’appât du gain», etc.

L’Armée de Marie, qui obtient copie des huit lettres diffamatoires adressées au poste et signées de noms fictifs, ne tarde pas à identifier la personne à l’origine de cette campagne de salissage (cf. Vie d’Amour, Appendice, vol. III, pp. 268-270) et le réseau TQS est forcé de se rétracter en ondes le 21 février 1988 et de présenter ses excuses à l’Armée de Marie.

b) L’Informateur catholique

Dans l’édition du 22 mai au 4 juin 1988 de L’Informateur catholique, l’abbé Jean Ravary intitule son «Info-billet»: «Ah non... pas encore Marie-Paule?» et relance les calomnies contre l’Oeuvre et sa Fondatrice:

«Quand des gens vous disent qu’ils sont harcelés, qu’ils sont pris à la gorge à cause des montants d’argent qu’on réclame, qu’ils sont traqués et qu’ils ont peur, je trouve cela suffisant pour que le grand public ouvre les yeux, etc.»

L’abbé Ravary et M. Paul Bouchard, directeur de L’Informateur catholique, reçoivent de notre conseiller juridique une mise en demeure de prouver les graves accusations portées contre l’Armée de Marie et, devant leur refus d’obtempérer, une action est intentée en août 1988 à la Cour supérieure contre Spirimédia inc., l’abbé Jean Ravary et M. Paul Bouchard.

Le 26 octobre 1989, l’abbé Jean Ravary et M. Paul Bouchard subissent leur interrogatoire judiciaire à la Cour supérieure, à Montréal, et l’abbé Ravary est incapable de produire une seule lettre valable «parmi les milliers» de lettres qu’il disait avoir reçues pour confirmer ses propos.

Le 23 février 1990, cette affaire se conclut par un règlement hors cour à la demande de Spirimédia inc., de l’abbé Jean Ravary et de M. Paul Bouchard, désireux d’éviter un procès. Par ce règlement, L’Informateur catholique s’engage à publier une rétractation et à verser à L’Armée de Marie inc. une indemnité de 7500 $. La rétractation paraît dans l’édition du 1er au 14 avril 1990 de L’Informateur catholique:

«(...) Nous devons préciser que nous ne détenions aucune preuve légale de nos allégations sur l’Armée de Marie à l’effet qu’il s’agit d’un “guêpier” où les gens “sont harcelés, (et) sont pris à la gorge à cause de montants d’argent qu’on leur réclame, et qu’ils sont traqués et qu’ils ont peur”.

«En conséquence, nous offrons nos excuses à toutes personnes qui auraient pu être préjudiciées par les allégations ci-avant mentionnées.»

c) Une preuve de la fausseté des accusations reliées à l’argent

Dans les années 1980, un couple, introduit auprès de nous par un prêtre, désirait se trouver un lieu de résidence au Centre international de l’Armée de Marie; deux ans plus tard, on leur a offert au Centre un appartement qui s’était libéré, ce qu’ils ont accepté.

Après avoir vendu leur maison, tous deux sont allés voir Marie-Paule pour offrir à l’Oeuvre la somme provenant de la vente de leur maison, disant qu’ils avaient un compte de banque appréciable. L’homme a été très vexé du refus catégorique de Marie-Paule qui lui a expliqué:

«Vous êtes ici des locataires et si un jour vous ne vous y plaisez pas, vous n’aurez qu’à vous installer ailleurs et vous aurez l’argent disponible pour le faire. Nous n’avons jamais accepté un tel arrangement avec qui que ce soit et nous n’accepterons pas plus aujourd’hui.» (Cf. Vie d’Amour, Appendice, vol. IV, pp. 294-295)

Des legs en faveur de l’Armée de Marie

Nous allons toucher ici un point délicat, car ce n’est pas l’argent qui intéresse Marie-Paule: elle n’en demande jamais, certaine que le Seigneur verra Lui-même aux besoins de l’Oeuvre.

Jamais Marie-Paule n’a demandé à qui que ce soit de léguer ses biens à l’Armée de Marie, et ce serait pour elle une grande souffrance d’apprendre que des membres de l’Oeuvre ont incité des personnes à le faire. (Cette pratique n’est pourtant pas répréhensible en soi: plusieurs organismes, de charité ou autre, demandent aux gens de leur léguer un héritage.)

M. André Bélanger, comptable pour nos Oeuvres, a accepté d’agir bénévolement comme exécuteur testamentaire pour certaines personnes qui désiraient faire un legs à l’Armée de Marie. Toutefois, il s’est assuré chaque fois qu’il était clairement établi que c’était de leur propre initiative que ces personnes laissaient quelque chose en héritage à l’Oeuvre qui n’avait rien demandé en ce sens.

Voyons le cas de quelques personnes qui ont légué un héritage à l’Oeuvre ou à sa Fondatrice:

a) Le cas d’Aurore Pelland

Nous avons déjà mentionné le legs de 500 000 $ de Mlle Aurore Pelland, qui avait servi à la construction de la chapelle de Spiri-Maria. Il convient de préciser certaines choses concernant Aurore.

Aurore avait trois soeurs; elle avait demandé au Seigneur de mourir la dernière afin de pouvoir faire un don substantiel à l’Oeuvre mariale, et le Seigneur l’a exaucée sur ce point. Avant de mourir, ses soeurs avaient demandé à Aurore de se louer un appartement de grand luxe; elle vivait dans un appartement qu’elle payait 3000 $ à 4000 $ par mois, jusqu’au jour où elle en eut assez, se disant qu’il lui manquait l’essentiel: la messe quotidienne.

C’est alors qu’elle est venue habiter au Pavillon Notre-Dame-de-Fatima, à Lac-Etchemin, comme Oblate résidante. Dans l’Oeuvre, on ignorait que cette personne à l’allure modeste et pauvrement vêtue était une personne fortunée. Puis, étant très malade, elle a dû être hospitalisée; au téléphone, elle a mentionné à Marie-Paule qu’elle ne pouvait retourner au Pavillon Notre-Dame-de-Fatima à sa sortie de l’hôpital, car elle aurait besoin de soins, et qu’elle ne savait où aller. Marie-Paule l’a tout de suite invitée à venir au Centre de l’Armée de Marie, à Québec, le temps de sa convalescence, ce qu’Aurore a accepté avec joie. (Le même geste de générosité a été fait à l’endroit d’autres personnes, encore une fois sans arrière-pensée, dans l’unique but de rendre service.)

Après son arrivée au Centre à la mi-décembre 1998, Aurore a fait part à Soeur Chantal de son intention de modifier les dispositions de son testament: il était déjà fait en faveur d’une des corporations de l’Oeuvre, mais elle voulait que l’argent soit précisément appliqué à une future construction qu’elle désigna elle-même. Étant malade et ne pouvant se déplacer, Aurore a donc demandé à une femme notaire de venir la rencontrer.

Apprenant le but de sa visite, la notaire, seule avec Aurore, a exigé que celle-ci mette par écrit que c’était de son plein gré qu’elle modifiait ainsi son testament, ce qu’Aurore a fait.

Aurore est décédée le 28 février 1999 et c’est après son décès que Marie-Paule a appris l’importance de la somme qu’elle léguait à l’Oeuvre.

En l’an 2000, alors qu’était en cours la construction de Spiri-Maria et qu’on hésitait à faire construire tout de suite la chapelle, car on ne disposait pas de tous les fonds nécessaires, le Seigneur a indiqué à Marie-Paule d’utiliser temporairement le legs d’Aurore pour la chapelle de Spiri-Maria en y ajoutant un don de la Fondation Mère Paul-Marie, et de remettre par la suite le legs de 500 000 $ d’Aurore pour le futur édifice. À ce jour, 100 000 $ ont été remboursés par l’Oeuvre à cet effet.

Voici une anecdote concernant le séjour d’Aurore au Centre international de l’Armée de Marie: Un après-midi qu’on devait changer son lit pour un lit d’hôpital, il fallait transporter la malade dans une autre chambre. Spontanément, Marie-Paule offre son lit à la malade pour les quelques heures nécessaires.

Depuis qu’elle était toute petite, Aurore avait une peur maladive de la mort, mais, à l’âge de 9 ans, elle avait rêvé à la Sainte Vierge qui l’avait rassurée en lui disant: «Ne t’en fais pas; c’est moi qui viendrai te chercher à la fin de ta vie.» Aurore passa les trois derniers mois de sa vie au Centre international de l’Armée de Marie. Marie-Paule allait la visiter régulièrement. Rien ne permettait alors d’envisager qu’Aurore, âgée de 90 ans, ne se remettrait pas de sa dernière opération. Lorsque Aurore rendit l’âme, Marie-Paule, près d’elle, lui tenait la main. Aurore est une des très rares personnes de l’Oeuvre ayant eu cette présence au moment du passage vers la Vie.

Marie-Paule apprit cette anecdote en lisant cet article. «C’est ainsi, pensa-t-elle, que Marie, notre Mère, est allée chercher Aurore pour la conduire dans Sa maison où tant de coeurs tout donnés sont consacrés à Sa Cause et d’où Elle est venue la chercher.»

b) D’autres legs testamentaires

– Avant son décès, le Père Philippe Roy avait légué ses biens à Marie-Paule, sachant qu’elle n’utiliserait pas cet héritage pour elle-même mais pour l’Oeuvre qu’il avait servie en tant que Directeur général puis Père marial. L’argent laissé par le Père Philippe servira à perpétuer sa mémoire en étant utilisé pour un édifice qui sera construit plus tard: le Pavillon Philippe Roy.

– Un jour, c’est avec étonnement que Marie-Paule a appris qu’une dame, qu’elle avait rencontrée une seule fois lors d’un pèlerinage en Jamaïque, lui léguait la somme de 52 000 $, qu’elle a remise à l’Oeuvre; une autre dame, seule de sa famille à faire partie de l’Armée de Marie, a légué environ 20 000 $, une voiture et des meubles. Le temps venu de prendre possession de ces héritages, c’est André Bélanger qui a été chargé d’aller rencontrer les familles des disparues et de rendre compte de la situation à Marie-Paule, Présidente de la corporation de l’Armée de Marie, en lui téléphonant de là-bas.

Pour ce qui est du legs de 20 000 $, André a informé Marie-Paule que la famille de la dame était pauvre et qu’un de ses frères avait une voiture en piteuse condition. Apprenant cela, Marie-Paule a demandé à André d’offrir au frère de la disparue la voiture léguée à l’Oeuvre et de proposer aux membres de la famille de prendre les meubles qu’ils désiraient. De cet héritage, il n’est revenu à l’Oeuvre que 7000 $ ou 8000 $, et encore: des dons ont été faits à différentes personnes avec cet argent.

– Une autre dame avait légué ses biens à l’Oeuvre, dont une somme de 25 000 $ pour la formation des prêtres Fils de Marie; ses volontés ont été respectées pour ce qui était de l’argent, tandis que ses meubles ont été offerts aux membres de sa famille.

Les membres de l’Armée de Marie ne sont pas inquiétés par des questions d’argent: il n’y a aucune cotisation à payer et les gens sont libres de se procurer la robe blanche ou l’aube pour les cérémonies religieuses. Et, lorsque le Centre eucharistique et marial Spiri-Maria a été inauguré, Marie-Paule a même donné comme directive de ne pas mettre dans la chapelle des troncs pour recueillir les aumônes des fidèles, afin de ne pas mettre l’accent sur le matériel.

En conclusion

Comment croire qu’une personne laissée à elle-même, avec une santé délabrée et 5 $ en poche pour lancer la revue L’Armée de Marie, aurait réussi à accomplir tant de réalisations, à la fois sur le plan spirituel et sur le plan matériel? Ici encore, on découvre avec évidence l’action de Dieu qui n’a cessé de guider cette Oeuvre à travers les obstacles dressés par les hommes.

Ces obstacles sont d’ailleurs une autre preuve de l’authenticité de la mission de la Servante et de sa configuration au Christ qui, en son temps, a passé pour un fou et qui n’a jamais été approuvé par les Autorités en place.

Tout a été annoncé à Marie-Paule; tout s’est réalisé point par point. Nous admirons l’Oeuvre que Dieu et l’Immaculée ont accomplie grâce à la fidélité de leur Servante.

Sylvie Payeur-Raynauld, le 18 juillet 2005