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Père Michel Palud, ex-Fils de Marie

Dans l’Armée de Marie, comme l’a maintes fois affirmé notre Fondatrice, Mère Paul-Marie, «les portes sont grandes ouvertes pour entrer et grandes ouvertes pour sortir», et nous respectons sans le commenter le cheminement des personnes qui ont choisi de partir.

Toutefois, lorsque ces personnes répandent sur l’Oeuvre des propos mensongers, nous avons la responsabilité de défendre l’Oeuvre injustement attaquée, et c’est dans ce but que nous publions ici un extrait du blogue du Père Michel Palud ainsi que la réponse de Padre Jean-Pierre qui a été le confrère de Père Michel dans la Communauté des Fils de Marie.

Pour rappel, c’est en 1983 que Père Michel est entré dans la Communauté des Fils de Marie qui lui offrit de faire ses études sacerdotales à l’Angelicum, à Rome. Avec huit Fils de Marie, il fut ordonné prêtre en 1987, à L’Aquila. Au cours des années suivantes, ayant perdu la foi en l’Oeuvre divine et sa fondatrice, il choisit en toute liberté de quitter la Communauté en 2001.

Sylvie Payeur-Raynauld
7 octobre 2009

* * *

Extrait du blogue du Père Michel Palud

(traduction de l'anglais)

Lundi 5 octobre 2009

C’était en 1984 ... Le bienheureux Isidore avait été béatifié le dimanche et je suis arrivé à Rome le 3 octobre. Des Passionnistes de tous les coins du monde s’étaient réunis à la Maison Généralice de Rome pour la béatification. L’un des premiers Passionnistes à qui j’ai osé parler était originaire de l’Australie. C’était un Frère Passioniste et nul autre que le secrétaire personnel du Très Révérend Père Général! Le Successeur de saint Paul de la Croix. Qui aurait cru que le Général serait devenu Évêque un jour dans les Caraïbes et que moi, étudiant en première année de théologie à l’époque, j’aurais été son Vicaire général. En outre, j’étais loin d’imaginer que ce Général aurait fondé une Société de Missionnaires dont je serais élu Supérieur! Les voies de Dieu sont stupéfiantes.

En tout cas, pendant cette première année de théologie, aux repas, nous lisions la vie de ce frère extraordinaire. J’ai même appris de lui quelques «conseils de cuisinier».

Isidore était un homme HUMBLE. Calme, aimant et dévoué à Jésus Crucifié.

Ce soir, je lisais un blogue relié à la tragédie de la Congrégation des Légionnaires du Christ. En lisant, j’ai trouvé la MÊME terminologie qu’une personne a utilisée lors d’un échange avec moi, et qui est propre à la pensée de certaines personnes dans un certain mouvement au Canada. Voici la citation du blog: «La vie après les RC [Légionnaires du Christ ou Regnum Christi]»:

  • L’adhésion au mouvement était hermétiquement scellée à notre appel baptismal et Dieu l’a ordonné.
  • Laisser le mouvement était une trahison envers le Christ Lui-même (comme couper un bras, selon Marcial Maciel).
  • Le bien général de l’Église dépendait de notre fidélité au charisme du Mouvement.
  • Nos âmes (et les âmes reliées à nous) dépendaient en vérité de notre générosité envers le Mouvement.
  • Les gens de l’extérieur ne pouvaient pas comprendre cette vocation d’élite et on ne pouvait pas leur faire confiance pour aider à guider les membres.

De toute évidence, ce type de mentalité est omniprésent dans tous les mouvements qui ne sont pas authentiques. Mais quel est l’antidote? On doit penser que, derrière tout cela, se cache un élitisme spirituel qui est très, très séduisant, car il répond aux aspirations profondes de notre coeur: nous sommes faits pour quelque chose de grand. Donc, les gens entrent dans un mouvement. Ils apprennent qu’il est d’origine mystique, qu’ils ont été «appelés» parce qu’ils sont «petits» ou «simples» de cœur. Comme nous l’avons lu plus haut, «Dieu l’a ordonné...» Ensuite, bien sûr, vous êtes «pris». Maintenant que vous connaissez les «secrets» révélés aux élus, si vous quittez le Mouvement, vous trahissez le Seigneur.

Le Fondateur des Légionnaires a déclaré, selon la citation ci-dessus, que c’est comme «couper un bras». Le Fondateur d’un autre mouvement que je connais dit que «la Grâce ne passe qu’une fois». Donc, si vous ne saisissez pas la grâce [ce qui signifie suivre aveuglément ce qui se dit sans vous demander si c’est vraiment ce que l’Église enseigne], alors vous péchez contre la FIDÉLITÉ. Ce qui engendre une crainte. Je me souviens d’une certaine femme dont la famille était dans un mouvement, comme elle l’était aussi. Chaque jour, elle priait «pour obtenir la grâce de la Fidélité». Évidemment, il ne s’agissait pas de la FIDÉLITÉ À DIEU, à son Église ou aux commandements, mais de la FIDÉLITÉ au Fondateur d’un mouvement. J’ai demandé à cette dame si gentille ce qu’elle voulait dire, ce que la fidélité signifiait pour elle. Elle ne savait pas quoi répondre. Le démon hideux de l’élitisme réussit toujours à se déguiser. Enfin, comme l’auteur écrit ci-dessus concernant la Légion, «les gens de l’extérieur ne peuvent pas comprendre cette vocation spéciale». Élitisme encore une fois. Ceux qui ne sont pas dans le Mouvement (ou, pire encore, ceux qui l’ont quitté) sont aveuglés, ils «ne peuvent pas voir» parce qu’ils «n’ont plus la grâce pour comprendre». Mensonges, mensonges, mensonges. Tous [ces mensonges] viennent directement du Diable.

Isidore de Loor, ce bienheureux Frère de la Congrégation des Passionnistes, représente un antidote à toute forme d’élitisme. Son humilité, son service joyeux de ses frères, sans crainte, toute sa vie centrée sur la Passion de Jésus, voilà une leçon sur la façon de vivre pour le Seigneur, à l’abri de l’élitisme spirituel.

Êtes-vous membre des Légionnaires du Christ ou d’un mouvement présentant les caractéristiques mentionnées ci-dessus? Pensez-vous que vous appartenez à un mouvement «spécial» qui a une «grâce particulière en notre temps» pour sauver le monde, ou pour sauver l’Église ou «renouveler l’Église», etc. Si vous appartenez à un tel mouvement, SACHEZ que ce n’est pas la voie tracée par notre Dieu. Cela ne correspond pas à l’Évangile. Ayez recours au bienheureux Isidore afin qu’il ouvre vos yeux et vous ramène au bercail.

PRIÈRE
Seigneur Dieu, dans l’esprit d’humilité et de travail du bienheureux Isidore, tu nous as donné l’exemple d’une vie cachée à l’ombre de la croix. Fais que notre travail quotidien serve à te louer et soit un service d’amour pour nos frères et soeurs.
Nous te le demandons par le Christ notre Seigneur. Amen.

(Père Michel Palud)

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Réponse de Padre Jean-Pierre

Lac-Etchemin, le 7 octobre 2009
Mémoire de Notre-Dame du Rosaire

Relecture du parcours d’un jeune prêtre

Le site Web de langue anglaise: Journey of a Young Priest (Parcours d’un jeune prêtre), relate au fil des jours le cheminement et les réflexions du Père Michel Palud, hier confrère de noviciat, de profession religieuse et d’ordination sacerdotale dans la Communauté des Fils de Marie, aujourd’hui Prélat d’honneur de Sa Sainteté le Pape et donc Monseigneur.

Un rapide survol du site du Père Michel permet à quiconque connaissant un tant soit peu l’Oeuvre, sa Fondatrice et la Communauté de constater les nombreuses allusions regrettables faites à tort à leur endroit, sans les nommer pour autant.

Une si grande prudence à répandre autant de poison – de la part d’un consacré qui se dit doué par Dieu d’un sens rationnel aigu et d’une faculté presque instinctive de reconnaître ce qui est erroné dans la doctrine de l’Église et ce qui n’est pas en conformité avec  l’Évangile, et qui prétend vouloir toujours défendre la vérité – ne peut que susciter bien des questions quant aux motivations profondes de sa démarche:

  • Pourquoi faire preuve d’une telle prudence?
  • Par amour «pour Dieu et pour l’Église», selon la devise du Père Michel?
  • Par esprit missionnaire?
  • Par souci d’oecuménisme envers des frères séparés qui, comme ceux de toutes les autres dénominations présentes en pays de mission, ont droit à la sauvegarde de leur dignité humaine et chrétienne et donc au respect de leurs croyances?
  • Pourquoi un tel acharnement à répandre autant de poison?
  • Pourquoi gaspiller tant d’énergie à dénoncer, alors qu’il y a tant à faire?
  • Par peur de s’être trompé?
  • Par peur d’être confronté?
  • Par peur de devoir goûter, un jour, à sa propre médecine?
  • Par peur de qui, ou de quoi?

«De l’abondance du coeur la bouche parle», nous rappelle le proverbe. Puissions-nous tous réfléchir en cette heure de la Fin à la portée de nos paroles, car c’est dans le Coeur Immaculé transpercé que se révèlent les pensées intimes d’un grand nombre...

Contrairement à ce qu’il a affirmé, le Père Michel sait très bien que le sacrement de Confirmation conféré à Spiri-Maria et ailleurs au sein de l’Église de Jean n’est pas un jeu, autrement il ne perdrait pas lui-même son temps à remettre tout en cause. Ceci étant dit, il est tout de même étrange qu’il continue à intervenir à ce sujet, même après l’excommunication des membres de l’Oeuvre. Ce n’est ni une preuve d’esprit missionnaire ni de souci oecuménique.

Le Père Michel devrait pouvoir respecter au moins notre statut de frères séparés, tout comme doivent le faire tous ceux qui nous ont officiellement condamnés.

Les autorités de l’Église de Pierre qui nous ont excommuniés se doivent dorénavant d’être cohérentes et conséquentes avec elles-mêmes: en nous rejetant, nous sommes désormais devenus pour elles des frères séparés qu’elles doivent respecter, s’interdisant désormais, par le fait même, tout droit d’intervenir sur notre réalité et sur nos personnes. C’est une permission du Bon Dieu pour faire avancer Son Oeuvre en vue de la réalisation de la Mission et du dévoilement du Mystère de la Co-Rédemptrice.

En relisant toutes les accusations et revendications fausses du Père Michel, on se rend vite compte que le gros problème se situe dans le fait de croire ou de ne pas croire au Mystère de la Co-Rédemption qui s’accomplit en cette heure du combat final de la Femme contre le Dragon.

Le Père Michel exhorte avec sa sérénité habituelle à se méfier des faux prophètes... et à être sur ses gardes... Il faudrait quand même faire attention, Père Michel, à ne pas frapper sur tout ce qui bouge et à ne voir le diable que chez les voisins...

Le calme et la paix de Dieu sont une meilleure boussole en la circonstance que la flèche d’une girouette agitée par un vent de tempête.

La réflexion du Père Michel sur le saint chrême ne rime à rien et fait preuve d’un profond mépris envers les Chevaliers de Marie, comme si ces derniers n’étaient pas capables de former leur propre jugement sans lui.

Le Bon Dieu n’est pas obligé de demander la permission à personne pour donner sa Grâce et pour faire avancer son Oeuvre d’Amour. Il n’est pas limité par les limites des hommes... si grandes soient leurs limites, et si grands soient les hommes limités...

À suivre sa propre logique, le Père Michel devrait être en conflit avec toutes les personnes qui sont d’une autre dénomination religieuse que la sienne. Pas très ouvert ni très oecuménique comme attitude.

Le Père Michel trouve très bonnes les idées exprimées dans un article, spécialement au no 3 où l’on fait allusion aux mauvaises belles-mères, ajoutant qu’il y a abondance de cas, pour en faire un point sérieux...

Drôle de façon de raisonner, surtout quand on utilise cette comparaison, en bout de ligne, pour attaquer une Oeuvre de Dieu où les portes demeurent toujours ouvertes tant pour entrer que pour sortir, contrairement à ce que prétend le Père Michel...

Il serait peut-être bon de ne pas perdre de vue que lorsqu’on combat une Oeuvre de Dieu, c’est Dieu qu’on combat avant tout... Ce n’est vraiment pas le genre de guerre à souhaiter à personne...

L’attitude générale du Père Michel est celle de quelqu’un qui prétend savoir bien des choses, pour ne pas dire tout. Pas d’ouverture..., on dirait un vrai complexe de plénitude...

Les allusions défavorables face aux mystiques donnent à penser que le Père Michel vise notre Fondatrice.

Les références à l’action du diable et de l’orgueil sont de bien mauvais goût. Le Père Michel a déjà parlé ouvertement dans le passé, en Italie, de son problème d’orgueil. Pourquoi nier la réalité maintenant?

L’article du Père Michel dans le Catholic Light n’est guère plus heureux. Dans cet article, il fait mention des Fils de Marie et de son départ de la Communauté. La relation des faits n’est pas conforme sur toute la ligne à l’histoire telle qu’elle a été vécue en réalité... Il y a des petits raccourcis, de fortes réserves mentales et aussi de bons détours. Pour quelqu’un qui veut défendre la vérité, ce n’est pas un franc succès...

Je viens de lire les derniers ajouts en date du 5 octobre... Ce n’est guère mieux que le reste. Le Père Michel s’enfonce toujours plus. Il continue de massacrer le fondateur des Légionnaires du Christ et son oeuvre, comme s’il avait reçu personnellement le pouvoir de se mettre à la place du Bon Dieu pour juger de tout et de tous en condamnant. Est-ce là la leçon d’humilité et de charité qu’il a retenue de la vie du bienheureux Frère Isidore de Loor, passioniste, qu’il se plaît à citer en exemple sur son blog? J’espère en tout cas que ce n’est pas une façon moderne de poursuivre son ascension personnelle en cherchant à bien paraître aux yeux de la hiérarchie.

Monter sur le dos des personnes en situation défavorable pour dorer sa propre image n’a rien de louable ni d’enviable, car le seul sommet qu’on peut atteindre avec un égo démesurément grand est celui de la grenouille de la fable de Lafontaine, qui voulait se faire aussi grosse que le boeuf. On connaît la fin de cette grenouille qui, à force d’éclats, a fini par éclater...

Mais revenons au cas du Père Michel: ce qui m’étonne chez lui, c’est sa mémoire extraordinaire, quoiqu’un peu sélective par moments. Il est capable de se rappeler, vingt-cinq ans plus tard, de certains détails, par exemple des conseils culinaires tirés de la biographie du bienheureux Isidore lue en 1984, au petit réfectoire des Fils de Marie hébergés à la maison généralice des Pères Passionistes, à Rome.

Sans mettre en doute l’importance de ces précieux détails – dont je reconnais pour ma part n’avoir aucune souvenance –, je suis quand même surpris que le Père Michel ne s’attarde pas davantage au fait que le bienheureux Isidore de Loor est devenu ce qu’il est devenu, avec sa bonne volonté unie à la Grâce du Bon Dieu, à travers une vie marquée par la souffrance, la maladie, l’humiliation, le dépouillement, l’oubli et même le mépris de son vivant de la part de  ses confrères. Ces derniers ne se sont même pas rendu compte, à la veille de sa mort, qu’il était gravement malade et rendu à toute extrémité.

C’est beau de reconnaître, plusieurs années plus tard, que nous avions un saint dans nos rangs, c’est même un honneur, tout comme celui d’être nommé Monseigneur... Mais je ne suis pas sûr du tout que ce soit ce qui importe le plus aux yeux de Dieu. Une chose est certaine en tout cas, c’est que le Frère Isidore de Loor n’a frappé personne de son vivant; au contraire, il s’est plutôt laissé frapper. Ça, je pense que nous devrions tous le méditer..., même le Père Michel qui a une bonne mémoire, mais aussi parfois, malheureusement, de bonnes pertes de mémoire...

Qui sait si, en creusant un peu plus creux au fond de sa mémoire, pour retrouver ses vraies racines et non pour se contenter de glaner quelques souvenirs épars de sa nouvelle famille religieuse passioniste, le Père Michel saura se rappeler de sa propre Fondatrice toujours vivante, de même que l’Oeuvre de sa jeunesse et sa première Communauté, les Fils de Marie?

Qui sait aussi si, après avoir touché le fond des accusations tant diabolisantes que malveillantes et non fondées, le Père Michel reconnaîtra Celle et, avec Elle, ceux et celles qui, depuis tant d’années, n’ont cessé de l’aimer gratuitement, sans rien attendre en retour, en puisant chaque jour abondamment à la source commune de l’Évangile et de Vie d’Amour?

Signature du Padre Jean-Pierre

Padre Jean-Pierre, Église de Jean