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Daniel Couture

 

Il n’y a aucun point de doctrine qui soit rejeté,
nié ou abîmé par les enseignements de l’Armée de Marie

Aux évêques de l’Église catholique du Canada,
à propos de la Note doctrinale publiée le 15 août 2001
concernant l’Armée de Marie

5 septembre 2001

Messeigneurs,

Je m’adresse sans crainte à mes Pères parce que je crois pouvoir espérer en être aimé.

Les mises en garde contre l’Armée de Marie de la Note doctrinale rendue publique le 15 août par la CECC me consternent. C’est grâce à l’Armée de Marie si j’aime profondément l’Église catholique romaine aujourd’hui, si je crois fermement ce qu’elle enseigne, si j’ai une vie spirituelle nourrie par la fréquentation des Saints Sacrements qu’elle dispense.

Ce n’est rien d’autre que l’orthodoxie même de la sainte Doctrine de l’Église catholique que je professe grâce à cette Oeuvre, et non des «enseignements (qui) comportent des dangers réels pour l’Église catholique au Canada et pour la foi de ses membres».

Je ne peux comprendre que votre discernement théologique ne vous fasse pas voir qu’il n’y a aucun point de doctrine qui soit rejeté, nié ou abîmé par les enseignements de l’Armée de Marie. D’ailleurs, personne n’a jamais amené le moindre élément sérieux de preuve du contraire.

L’Armée de Marie promeut l’entièreté de la sainte Doctrine de l’Église non seulement en enseignant indéfectiblement ses trésors de vérités, mais souvent aussi en les vivant admirablement. La vertu incontestable d’une grande partie de ses membres est de la plus authentique catholicité. Je peux en témoigner d’autant plus objectivement que, ne fréquentant guère les activités du mouvement depuis plus de 15 ans, j’en juge de l’extérieur. Et ce n’est certainement pas parce que j’aurais quelque reproche que ce soit à adresser à l’endroit de l’Armée de Marie, bien au contraire; je ne pourrais reprocher qu’à moi-même mon tempérament réfractaire aux réunions de tous genres, aggravé par une certaine paresse qu’il me faudra vaincre un jour prochain.

Les seules armes de cette Armée catholique sont celles du Christ: l’amour, la prière, la vérité et la justice. Elle ne menace rien d’autre que la haine, l’impiété, le mensonge et l’iniquité. En vérité, les seuls dangers réels que peuvent contenir les «enseignements de l’Armée de Marie pour l’Église catholique du Canada» sont des occasions de Salut - si on peut appeler un danger le fait de connaître une divine transformation qui pourrait conduire au triomphe de l’Église universelle, pour le Salut de tous les peuples. À cet égard, ce monde qui est le nôtre est en réel danger de Salut par l’Armée de Marie.

La Note de la CECC affirme que l’attitude des membres de l’Armée de Marie «ne peut que miner les enseignements et le rôle unificateur de l’autorité épiscopale». Sur ce point, je dois exprimer ma confusion la plus embarrassée. C’est un comble! Je ne sais pas s’il y a au monde quelqu’un d’aussi humblement et assidûment soumis à l’autorité ecclésiastique que l’est Marie-Paule Giguère. Cette femme est extraordinairement exemplaire à ce titre. Elle a un amour et une dévotion envers l’Église réellement enseignants. Cela m’a toujours étonné, étant de cette génération qui a complètement perdu le sens de l’autorité. Cela en est même choquant, quand on a l’habitude de ce monde qui méprise autant qu’il est possible de le faire le caractère sacré de l’autorité ecclésiastique.

Il n’est pas seulement faux de dire que les «enseignements de l’Armée de Marie» mineraient la force d’autorité et d’unification que vous devez exercer auprès des catholiques, c’est carrément saugrenu. Quelle provocation! Quel mépris pour les doux! Pourquoi ne vous en prenez-vous pas aux hérésies, aux mouvements dépravés, aux décisions politiques antichrétiennes, aux étalages d’opinions et de mœurs horriblement perverses qui minent ou anéantissent votre autorité?

C’est pathétique. C’est loin d’être drôle, mais on a presque envie de rire de la dyslexie d’un tel jugement! Un bon neuf dixièmes des gens du Québec n’ont absolument aucune considération pour votre force d’autorité et d’unification et, dans les 10% qui restent, je crois bien que ce sont les membres de l’Armée de Marie qui vous respectent le mieux. On croirait que les évêques du Canada tentent illégitimement de s’en prendre à l’Armée de Marie en raison même de la qualité de ses membres, parce qu’elle réussit ce que vous ne réussissez pas et parce que ses membres sont parmi les seuls catholiques qui vous obéissent encore!

L’Église catholique canadienne aurait pourtant besoin d’être unifiée! Dans les homélies prononcées dans la majorité des églises du Québec, on se fait servir une incroyable collection d’hérésies ou de déviations modernistes, justement contraires aux enseignements de l’Armée de Marie qui sont les enseignements officiels de l’Église... Ce ne sont tout de même pas les «enseignements de l’Armée de Marie» qui sont responsables de la division doctrinale affolante que l’on subit dans presque toutes les paroisses du Québec.

C’est à croire que la doctrine officielle de l’Église canadienne est devenue le pluralisme. Un pluralisme qui consisterait à tolérer n’importe quoi dans les églises du Québec, la vérité exceptée!

Car, que voulez-vous, c’est une évidence vraie que Marie-Paule Giguère, originaire de Lac-Etchemin au Québec, est tout le contraire d’une «infidèle» ou d’une «illuminée» qui favoriserait un culte envers sa personnalité. Il suffit de lire ce qu’elle écrit et de la côtoyer un peu pour le voir… La vérité est que cette dame a été choisie par Dieu et qu’elle est fidèle à la mission qu’Il lui a confiée. Je le sais parce que j’ai vu, j’ai lu, j’ai écouté et je peux en témoigner.

Comment les autorités de la Sainte Église peuvent-elles autant persister dans les manœuvres frauduleuses? Cela dépasse l’entendement! La preuve en a été faite tant de fois: les énoncés des différents décrets concernant l’Armée de Marie qu’ont émis les instances de l’Église montrent que les autorités ecclésiastiques n’ont pas suffisamment lu, ni écouté, ni vu les écrits ou les activités émanant d’elle. Un simple examen honnête du «dossier» ne peut lui trouver aucun motif de condamnation. C’est tellement manifeste. On ne peut rien objecter de valable contre l’évidence, on ne peut que l’entraver pour ne pas qu’elle se présente à nous.

On ne devrait pourtant pas être surpris: l’histoire n’est pas sans exemple de ce que vous avez à juger dans l’humble soumission à la vérité de la sagesse prudentielle.

Messeigneurs, que ne vous inspirez-vous de l’Exemple de notre Divin Fondateur! La Révélation du Christ était d’une extrême nouveauté, est-ce pour cela qu’elle était fausse? Non, bien entendu. Aussi, le Sanhédrin ne disposait d’aucun argument valable pour déclarer hérétiques les enseignements nouveaux du Verbe fait chair. Il ne pouvait en être autrement; il était impossible aux docteurs de l’Ancienne Alliance de démontrer la fausseté de ce que le Fils venait révéler dans l’Institution d’une Nouvelle Alliance avec les Nations. Mais il était nécessaire, par contre, qu’à partir des Paroles du Christ la vérité des Révélations nouvelles puisse être démontrée. Et, de fait, les Apôtres et les Pères de l’Église démontrent parfaitement que la Révélation nouvelle du Fils est un prolongement de la Révélation du Père.

De la même manière, il n’y a pas d’argument logique ou doctrinal qui vaille contre ce que contiennent de nouveau les enseignements de l’Armée de Marie. Bien au contraire, les démonstrations de Marc Bosquart quant au prolongement des éléments nouveaux concernant l’Immaculée-Trinité dans la Révélation du Christ, procédant à partir de données dont l’expérience authentifie l’origine divinement surnaturelle, sont d’une logique parfaite.

D’arguments théologiques contre «les enseignements de l’Armée de Marie», il n’y en a pas qui vaille, je le répète. Compte tenu du régime de croissance de l’information dans la Création et du caractère progressif de la Révélation biblique, ces arguments constituent même un sommet d’illogisme.

Je ne suis pas théologien de métier, mais je vois bien que vos arguments contre les «enseignements de l’Armée de Marie» sont fondés sur la conviction erronée que a priori l’Immaculée ne peut pas être une Trinité à l’Image de la Trinité divine.

Cette conviction est fausse parce qu’elle est fondée sur les faux postulats suivants:

1. dans le cadre de la Révélation Divine, rien de nouveau ne peut être révélé après l’Apocalypse;
2. l’Immaculée-Trinité n’est pas révélée dans les Saintes Écritures.

Si ces postulats étaient vrais, la conclusion logique s’imposerait. Mais comment ne pouvez-vous pas savoir qu’ils sont faux? Il n’est pas très difficile de le démontrer, du reste.

Premièrement, il faut dire que si Dieu ne pouvait pas se manifester d’une manière nouvelle dans Sa Création et dans l’Histoire humaine après le dernier livre saint de la Bible, cela entraverait et serait absolument contraire à la Liberté souveraine et absolue de la Très Sainte Trinité sur Sa Création et sur l’Histoire humaine. C’est même le Privilège absolument unique de Dieu de pouvoir apporter du Nouveau dans l’être. Cette Puissance de Création et de Renouvellement échappe évidemment totalement aux déterminations du Temps et de l’Espace. Il est vrai que la Révélation biblique est définitive, mais cela ne signifie aucunement qu’elle est terminée. Tout ce que nous pouvons dire, c’est que si Dieu Se manifeste d’une façon nouvelle, il est impossible que ce que révèle de Nouveau cette manifestation soit contraire à ce qu’Il a déjà infailliblement révélé. C’est justement ce que Dieu a fait tout au long de l’Histoire de l’Univers et de l’Humanité: renouveler en conservant. «Comme Ta Toute-Puissance et Ton Infinie-Sagesse sont Adorables, Seigneur!»

Deuxièmement, affirmer avec certitude que l’Immaculée-Trinité n’est pas révélée dans les Saintes Écritures, c’est poser a priori que la science théologique est parvenue à épuiser les enseignements qu’elles contiennent, c’est poser a priori que l’exégèse biblique a extrait la totalité des sens des enseignements révélés de tous les textes, de toutes les phrases, de tous les mots, de toutes les syllabes et de tous les iotas des Saintes Écritures: cela ne convient pas à la Doctrine de l’Église catholique. Car, selon les développements progressifs de la Révélation divine, il n’y a aucun a priori dans la Doctrine de l’Église et dans l’élaboration de la science théologique, sinon qu’il est impossible que l’objet et le sujet de la Foi et de la Théologie soient contraires aux principes de la raison qui est, comme la foi, un don de Dieu.

L’histoire nous donne un excellent exemple d’un a priori théologique à l’origine du rejet d’éléments nouveaux dans la Révélation. Les docteurs juifs et musulmans n’acceptent pas la divinité du Christ parce que, selon leur exégèse, Dieu, a priori, ne peut pas être un homme. Jésus a bien pu dire qu’Il est Un avec le Père et l’Esprit et authentifier ses Paroles par les plus éloquents miracles; aux yeux des docteurs juifs et musulmans, cela ne peut être que symboles ou mensonges. Car, étant donné qu’ils ont décrété a priori qu’il est impossible que Dieu, l’Un, Transcendant à sa Création, puisse être Trine, dont la Deuxième Personne se serait incarnée dans un homme, il est par conséquent impossible que Jésus soit Dieu.

Soulignons que ce «décret a priori aberrant» ne fait pas en sorte que les fondements de la foi et la doctrine des Israélites et des Musulmans soient faux, il les empêche simplement d’accéder à des Trésors plus grands et plus profonds de vérités. Quant à leur Salut, cela est un très grand mystère auxquels la sotériologie [doctrine du salut] et l’eschatologie trouveront certaines réponses dans les éléments nouveaux de ce que vous appelez les «enseignements de l’Armée de Marie». D’ailleurs, Marc Bosquart et Raoul Auclair ont soulevé le voile sur la manière dont le mystère de l’Immaculée-Trinité n’est pas ignoré dans les Saintes Écritures.

Ne pas avoir d’a priori, c’est justement vivre la pauvreté d’esprit des Béatitudes du Sermon sur la montagne qui permet de voir Dieu tel qu’il est en vérité et dans ses manifestations authentiques. C’est là une des premières vertus à cultiver pour tout catholique qui doit exercer un discernement théologique.

La Foi catholique est fondée sur l’acceptation a posteriori d’une Révélation pour le moins «inattendue» qui heurte les a priori apparemment les plus autorisés. Apparemment autorisés, puisque Dieu est Un, nécessairement, la métaphysique et la logique l’imposent. Donc, pour la théologie catholique, et réellement, il n’est pas contraire aux principes de la métaphysique et de la logique que Dieu, bien qu’Il soit Un, soit Trinité.

Il n’y a que l’épaisseur de l’habitude et l’étroitesse de notre intelligence qui nous font perdre de vue la nouveauté incroyable, la folie inattendue et inespérée de la Révélation de la Très Sainte Incarnation de la Deuxième Personne de la Trinité, qui a pris la condition des hommes pour le Salut de tous.

Votre Note doctrinale présuppose qu’il est rigoureusement impossible que la Très Sainte Trinité et la Très Sainte Vierge se soient manifestés par l’Armée de Marie. C’est la seule explication logique de votre attitude discriminatoire et du rationalisme obtus dont vous usez pour élaborer votre Note.

Mais comment cela pourrait-il être impossible? Qu’est-ce qui est impossible à Dieu? Dieu aurait-il une permission à demander ou ne serait-ce pas plutôt vous qui avez à examiner avec une extrême attention si ce n’est pas le Ciel qui permet ce qui arrive dans l’Armée de Marie?

Les gens de l’Armée de Marie vous l’ont dit: au temps de Jésus, le Sanhédrin était dans la même position que vous et il n’avait rien à Lui objecter, si ce n’est des a priori tout humains et des crispations sociopolitiques. Ne faites-vous pas la même chose que le Sanhédrin du temps de Jésus? On dirait que, dans la débâcle actuelle, vous voulez sauvegarder un modèle sociologique de l’Église qui devrait progresser avec le monde, main dans la main, à l’aide des avancées de la rationalité humaine qui a la sacrilège illusion de se prendre pour Dieu depuis les décrets des prétendues clartés du rationalisme des Lumières. Un de vos collègues, évêque au Québec – qui doit rester anonyme, parce qu’il a des raisons de vous craindre que je n’ai pas –, affirme que ce qui motive votre action contre l’Armée de Marie, c’est le refus du Surnaturel! Serait-ce cela qui gauchit vos procédés, le refus du Surnaturel? Si c’est cela, que faites-vous donc dans l’Église qui est le Corps mystique du Christ? Comment pouvez-vous croire au mystère de la transsubstantiation que vous ne voyez pas, cette «impossible» intrusion quotidienne du Surnaturel, si vous refusez le Surnaturel qui se manifeste sous vos yeux?

C’est un grand honneur pour moi de pouvoir défendre avec mes petits moyens cette Oeuvre si grande et si véridique à laquelle je dois de ne pas avoir «l’âme» morte.

Je suis convaincu que si vous cherchez la vérité et la justice, vous trouverez aussi de l’honneur d’avoir à vous approcher pour juger des triomphes de la Grâce de cette si merveilleuse intrusion du Ciel dans notre monde qu’est l’Armée de Marie et ses institutions connexes...

Fidèle en Église,

Daniel Couture
Québec

* * *

Note de l’Armée de Marie: Daniel a un baccalauréat spécialisé, une maîtrise (mémoire sur «La responsabilité et l'accomplissement de la personne dans la pensée de Karol Wojtyla») et une scolarité de doctorat en philosophie.


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