L’ARMÉE DE MARIE EST BANNIE DE L’ÉGLISE

Réponse à la Note doctrinale des Évêques,
publiée le 15 août 2001

par Sylvie PAYEUR-RAYNAULD

 

Le 15 août 2001, en la fête de l’Assomption de Marie, l’Église, par la Conférence des Évêques catholiques du Canada (CECC), portait à l’Armée de Marie et à sa Fondatrice, Mère Paul-Marie, le dernier coup qui visait à les exclure définitivement de son sein, par le biais d’une «Note doctrinale des Évêques catholiques du Canada sur l’Armée de Marie».

Ainsi se concrétisait le rôle de Co-Rédemption de celle qui, le 28 avril 1958, recevait de Dieu ces paroles:

«L’heure du crucifiement est donc arrivée. Et ce sont mes âmes sacerdotales qui te crucifieront. Comme Moi, tu es innocente, mais on criera partout que tu es odieuse, la plus infâme des créatures. Toutes ces âmes sacerdotales qui pèchent par orgueil, égoïsme, sensualité en tous sens, te lanceront la pierre; toi, la femme pure qui t’es donnée jusqu’à t’arracher le coeur pour tes semblables et que j’ai soutenue miraculeusement; toi, qui as bénéficié de si nombreux talents, lesquels ont tous servi à Ma Cause; toi qui as chanté et souri pour ne pas pleurer et gémir. Ah! Mon enfant, vois toutes ces âmes sacerdotales et prends pitié d’elles, car un jour, elles pleureront leurs péchés. (...)

«Mais, un jour, la vérité éclatera. Je prouverai ton innocence. C’est alors qu’il ya aura des pleurs et des grincements de dents. Et ton heure sera arrivée pour me donner les âmes que tes grandes souffrances auront achetées. Ma Mère te guidera après t’avoir fait goûter à toutes les souffrances de MA PASSION» (Vd’A I, chap. 53, p. 322).

À l’heure de la Rédemption, le Rédempteur fut rejeté par le Sanhédrin; en cette heure de la Co-Rédemption, la Co-Rédemptrice est rejetée par l’Église qui, ainsi, appose le dernier sceau de configuration de la Co-Rédemptrice au Rédempteur.

Nous, membres de l’Armée de Marie, sommes dans la joie de voir se réaliser la prophétie. Et nous savons que c’est le Seigneur maintenant qui sauvera Son Oeuvre, continuant à la guider en des voies dont nous ne pouvons encore soupçonner la richesse et la beauté, mais qui seront le prélude au renouvellement de l’Église et de l’humanité.

«Tout est accompli.» Tout maintenant commence!

* * * * *

Au sujet de la «Note doctrinale des Évêques catholiques du Canada sur l’Armée de Marie», rendue publique le 15 août 2001:

La «Note doctrinale des Évêques catholiques du Canada sur l’Armée de Marie», datée du 29 juin 2001, a été rendue publique par la Conférence des Évêques catholiques du Canada (CECC) via Internet le 15 août 2001 après avoir reçu la «recognitio» de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le 10 août précédent.

Grâce à des informations qui avaient filtré, les Dirigeants de l’Armée de Marie ont pu suivre le processus qui a mené à l’élaboration de la Note doctrinale finale et dont le contenu ne les a donc pas surpris.

Nous ne croyons pas nécessaire de répondre point par point à ce document qui reprend certaines affirmations de ceux qui l’ont précédé et que nous avons rectifiées dans des numéros antérieurs de notre journal Le Royaume, notamment les numéros spéciaux 140 (13 mai 2000), 141 (31 mai 2000) et 143 (1er juillet 2000), et le numéro 148 (mars-avril 2001). Cependant, nous voulons apporter ici certains commentaires.


A) Page 1, 1er paragraphe de la «Note doctrinale», on déclare que le Cardinal Vachon, alors Archevêque de Québec, avait révoqué «le statut canonique de l’Armée de Marie dans l’Église catholique, décision prise en pleine communion avec le Saint-Siège le 6 février 1987»:

Nous avons ici le rappel de la manière dont les Autorités ont constamment déformé les faits au cours de leurs interventions visant à porter des sanctions contre l’Armée de Marie: cette date du «6 février 1987» a été mentionnée dans la lettre du 29 février 2000 adressée par le Cardinal Ratzinger, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, à Mgr Gerald Wiesner, Président de la CECC. En effet:

Au 2e paragraphe de cette lettre du 29 février 2000, on pouvait lire que la Congrégation pour la Doctrine de la Foi avait «examiné les écrits de la fondatrice (15 volumes intitulés Vie d’Amour) et de ses partisans. Ces écrits ont été jugés ’aberrants’ et ’gravement erronés’ au plan doctrinal: cela a donné lieu à la décision de dissoudre cette association. Suite à cette décision approuvée par le Saint-Père le 6 février 1987, le Cardinal Vachon, par un décret émis le 4 mai 1987, s’est chargé de révoquer l’Acte précédent qui avait érigé l’Armée de Marie en "Association pieuse", a interdit toute tentative de sa ramification éventuelle et toute diffusion du culte lié à la "Dame de tous les Peuples".»

Dans nos écrits précédents (cf. Le Royaume no. 143, p. 3), nous avons démontré:
- qu’à cette époque la Congrégation pour la Doctrine de la Foi ne s’était pas encore penchée sur Vie d’Amour et qu’en l’occurrence étaient visés uniquement deux livres de Marc Bosquart, un membre de l’Armée de Marie, laquelle ne pouvait porter la responsabilité de ces écrits;
- que l’Armée de Marie n’avait jamais été dissoute, mais qu’on lui avait interdit de tenir ses célébrations dans les églises et autres lieux de culte du diocèse de Québec;
- que l’Armée de Marie n’avait jamais été mise au fait auparavant d’une quelconque intervention du Saint-Siège (ou du Saint-Père), en date du 6 février 1987, en vue de la dissoudre... C’est treize ans plus tard que ce fait (pourtant non anodin) était porté à sa connaissance. Mais la «décision approuvée par le Saint-Père» ne pouvait concerner que les livres de Marc Bosquart, qui étaient alors l’objet du litige, et non l’Armée de Marie en tant que telle.


B) Au 2e par. de la Note doctrinale, on lit: «Jusqu’à présent, les dirigeants de l’Armée de Marie n’ont pas tenu compte des nombreuses interventions de l’Archevêque de Québec et ont continué leurs activités, notamment en érigeant illicitement une chapelle et un centre de retraite à Lac-Etchemin. Ainsi, ils n’ont pas respecté l’autorité légitime (...) et ont violé les normes du Code de droit canonique».

Après 1987, l’Armée de Marie a légitimement continué ses activités en tant qu’association privée (type d’association prévue dans le Droit de l’Église), s’abstenant de tenir ses cérémonies religieuses dans les églises du diocèse de Québec, tel que demandé par le Cardinal Vachon.

Mgr Maurice Couture a été élu Archevêque de Québec en mars 1990; jusqu’au 12 avril 2000, il ne s’est jamais adressé à l’Armée de Marie (il n’a pas répondu à la lettre respectueuse que lui a envoyée Marie-Paule à l’occasion de sa nomination à la tête du diocèse). Les travaux pour la construction de Spiri-Maria, commencés à l’automne 1999, se sont terminés au cours de l’hiver suivant, si bien que le Centre eucharistique et marial Spiri-Maria a été inauguré le 25 mars 2000.

En recevant la lettre du 12 avril 2000 de Mgr Couture, Marie-Paule lui a répondu, au sujet des points de Droit canonique soulevés, en citant le dernier canon du Code qui stipule qu’il ne faut jamais «perdre de vue le salut des âmes qui doit toujours être dans l’Église la loi suprême» (ces deux lettres sont publiées dans le numéro spécial 140, pp. 8-9).

«Le salut des âmes», voilà la raison d’être de Spiri-Maria. Les nombreux témoignages publiés dans notre journal attestent bien cette vocation, dont sont les témoins privilégiés les prêtres qui confessent à Spiri-Maria et qui admirent la puissance de la grâce. - En ce cas, peut-on vraiment affirmer que «les normes du Code de droit canonique» auraient été «violées»?


C) 3e par.: «Les activités et les enseignements de l’Armée de Marie comportent des dangers réels pour l’Église catholique au Canada et pour la foi de ses membres. En raison de ces faits et de la menace continue de division pesant sur l’intégrité et l’unité de la foi catholique au Canada, par la présente, les évêques canadiens déclarent et informent tous les fidèles de l’Église catholique au pays, que l’Armée de Marie, même si celle-ci soutient le contraire, ne peut pas être considérée comme une association catholique. Certains des enseignements qu’elle propage à propos de la rédemption, de la Vierge Marie et de la ’réincarnation’ s’écartent fondamentalement de l’enseignement et de la profession de foi de l’Église catholique. Parce que la foi des fidèles s’en trouve menacée, nous, les évêques du Canada, exhortons les membres et les sympathisants de l’Armée de Marie à cesser leurs activités, quelles qu’elles soient: publications, participation aux rencontres de prière et aux célébrations liturgiques, spécialement celles qui ont lieu au Centre Spiri-Maria, au Québec.»

Lors de sa conférence de presse du 23 mai 2000, Mgr Maurice Couture a déclaré: «Quand on regarde les principes fondamentaux de l’Armée de Marie, c’est très catholique: le culte du Saint-Père, le culte de l’Eucharistie et la dévotion mariale, il n’y a rien de plus catholique que ça Et il ajoutait que ce qui était «inacceptable», c’était «la façon de promouvoir la dévotion mariale», surtout en regard des écrits touchant la personne de la Fondatrice.

Avec la personne de Marie-Paule, l’Église se trouve confrontée à une intervention de Dieu d’un genre tout à fait nouveau. Ce sont des paroles du Ciel qui ont exposé le rôle et la mission de Marie-Paule, ce n’est pas elle-même qui s’est attribué quoi que ce soit, alors qu’elle ne cesse de proclamer qu’elle n’est qu’un «zéro». Et ces paroles du Ciel (dont l’authenticité a sans cesse été confirmée) ne peuvent aller à l’encontre de l’enseignement de l’Église qui, comme les dogmes, se développe constamment.

On se souviendra ici que Padre Pio, aujourd’hui béatifié, a été condamné cinq fois par le Saint-Office (l’actuelle Congrégation pour la Doctrine de la Foi); que lors de son procès conduit par l’Évêque de Beauvais, Mgr Cauchon, Jeanne d’Arc a été déclarée hérétique et qu’elle a été condamnée à être brûlée vive sur un bûcher, elle que l’on considère aujourd’hui comme l’une des gloires de l’Église de France!

La situation présente de l’Armée de Marie n’est pas sans nous rappeler celle des premiers disciples du Christ: «Vous serez chassés des synagogues», les avait-Il prévenus (Jn 16, 2). Et Jésus n’a retenu personne: «Voulez-vous partir, vous aussi?» dit-Il à Ses apôtres devant la défection de certains disciples. Mais Pierre lui a répondu: «Seigneur, vers qui pourrions-nous aller? Tu as les paroles de la vie éternelle. Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu» (Jn 6, 67-69).

De même, Marie-Paule ne retient personne. Depuis la fondation de l’Armée de Marie, que de fois a-t-elle répété: «Les portes sont grandes ouvertes pour entrer, elles sont grandes ouvertes pour sortir.»


D) La Note doctrinale rappelle ensuite «les enseignements fondamentaux de l’Église catholique au sujet de certains points doctrinaux litigieux»: les révélations privées et le rôle de Marie dans l’histoire du salut.

1. Les révélations privées: La Note doctrinale affirme: «Si, par hasard, une révélation privée a porté effectivement sur un point doctrinal, elle n’a jamais visé à ajouter au dépôt de la foi, mais plutôt à attirer tout spécialement l’attention sur des aspects déjà révélés mais peut-être négligés. Les supposées révélations privées sur lesquelles l’Armée de Marie fonde ses enseignements ne font pas qu’inviter les catholiques à suivre plus fidèlement l’Évangile; elles renferment des éléments fallacieux qui vont à l’encontre des textes sacrés et de la Tradition.»

Le mystère de l’Immaculée, tel que dévoilé dans la Bible (en la Genèse et en l’Apocalypse tout particulièrement), et tel que l’ont reconnu certains prophètes (saint Louis-Marie Grignion de Montfort, par exemple), n’a pas encore été explicité par l’Eglise; il fallait attendre que l’Immaculée intervienne dans l’histoire en ce rôle nouveau, et Marc Bosquart a reçu des lumières spéciales pour soulever un coin du voile recouvrant ce mystère.

Lors de la Dernière Cène, Jésus a dit à Ses apôtres: «J’aurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter maintenant. Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira vers la vérité tout entière. (...) Il me glorifiera, car c’est de mon bien qu’il prendra pour vous en faire part» (Jn 16, 12-14). Jésus annonce donc des lumières nouvelles...

Nous croyons que les éléments nouveaux apportés à la foi chrétienne dans les écrits de Marie-Paule et de Marc Bosquart ne sont pas un ajout au dépôt de la foi mais un développement de ce qu’elle contenait en germe et qui était incompréhensible parce que non encore réalisé. C’est pourquoi ce développement ne nous semble pas venir en contradiction avec les textes sacrés, et il nous invite au contraire à une grande fidélité à l’Évangile, le Christ étant le point central de notre foi.

2. Le rôle de Marie dans l’histoire du salut: La Note doctrinale affirme que la dévotion mariale de l’Armée de Marie «dissimule de nombreux éléments qui sont tout à fait contraires à l’enseignement de l’Église, particulièrement en ce qui a trait à la place de Marie dans le plan salvifique de Dieu et son rôle unique et irremplaçable dans l’histoire du salut. (...) En interprétant faussement les enseignements de l’Église catholique, l’Armée de Marie enlève à Marie son rôle unique et irremplaçable dans l’histoire du salut. (...) L’Armée de Marie veut faire croire à ses membres, par exemple, que leur ’Immaculée’ est co-éternelle avec la Trinité divine et que, bien qu’elle fût la mère historique de Jésus, elle est maintenant ’réincarnée’ et habite dans la personne même de la dépositaire de ces révélations privées. C’est à cause de tels efforts fallacieux en vue d’ajouter à l’essence même de la foi que la reconnaissance d’association catholique a été retirée à l’Armée de Marie.»

Le 4 mai 1958, Marie-Paule notait sans comprendre ces paroles du Seigneur:

«Tu sais, mon enfant, que ma Mère bien-aimée est passée sur terre et qu’Elle est montée au Ciel sans mourir! Je dois te dire aujourd’hui qu’Elle s’est incarnée et son regard maternel s’est penché sur toi. C’est toi, mon enfant, qui souffres ma Passion et qui, au nom de ma Mère bien-aimée, vas redonner le Christ au monde» (Vd’A I, chap. 53, p. 326).

Paroles qui scellaient une mission, n’enlevant rien au rôle irremplaçable de Marie, Mère de Dieu, mais au contraire lui conférant une nouvelle dimension. Peut-on combattre les desseins divins, reprocher à Dieu Ses modes d’intervention dans l’histoire?

 

E) La Note doctrinale reproche à l’Armée de Marie de «défier l’autorité ecclésiastique et de refuser de se plier aux monitions et injonctions pastorales légitimes de l’Archevêque de Québec. (...)» Et si, lit-on dans la Note, «l’Armée de Marie a défié publiquement l’autorité épiscopale; en cela, elle ne s’est d’ailleurs pas limitée à l’Église locale. Avant que soit prise la décision de révoquer le statut canonique de l’Armée de Marie, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi avait déjà examiné les longs écrits concernant les supposées révélations privées et elle avait établi que, dans de nombreux cas, celles-ci étaient contraires à l’enseignement de l’Église catholique. Contestant la légalité canonique du décret de révocation signé par le Cardinal Vachon, l’Armée de Marie a exercé un recours administratif, en portant sa cause en appel devant le Tribunal suprême de la Signature apostolique, à Rome (...). Après un examen approfondi et de longues procédures, le Tribunal suprême a rendu une décision définitive par décret, le 20 avril 1991, confirmant ainsi la substance du décret de l’Archevêque de Québec et la procédure mise en place. Il en résultait que les catholiques devaient s’abstenir d’appartenir à ce groupe particulier. Malheureusement, nombreux sont ceux qui continuent d’y adhérer, au mépris de l’autorité ecclésiastique. Aux yeux des fidèles catholiques, une telle attitude ne peut que miner les enseignements et le rôle unificateur de l’autorité épiscopale.»

1. L’Armée de Marie s’est toujours pliée aux monitions et injonctions émanant du Cardinal
Vachon
, Archevêque de Québec, et n’a donc pas défié l’autorité épiscopale, ni l’autorité romaine: comme il a été dit plus haut, en 1987, avant la révocation du décret d’association pieuse de l’Armée de Marie par le Cardinal Vachon, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi n’avait pas encore étudié Vie d’Amour et son jugement concernait uniquement les deux livres de Marc Bosquart (contrairement à ce que la Note laisse entendre). Pour ce qui est du Centre eucharistique et marial Spiri-Maria, il a semblé légitime à l’Armée de Marie, et en accord avec le Droit canon, de poursuivre cette Oeuvre.

2. L’Armée de Marie n’a pas non plus défié l’autorité ecclésiastique en portant appel contre le décret du Cardinal Vachon: une telle action était en accord avec le Droit canonique, d’autant plus que ce sont des Autorités romaines qui ont conseillé l’Armée de Marie dans ces démarches d’appel.

3. Le Tribunal suprême de la Signature apostolique n’a pas étudié la cause de l’Armée de Marie mais s’est contenté de la rejeter, jugeant qu’elle «manquait manifestement de fondement»... Comment la Note doctrinale peut-elle affirmer que la conséquence de la décision de ce tribunal était «que les catholiques devaient s’abstenir d’appartenir à ce groupe particulier», et que ceux qui y adhéraient le faisaient «au mépris de l’autorité ecclésiastique»? Bien au contraire, le Tribunal suprême a reconnu que l’Armée de Marie était une association privée de fidèles, et que donc s’appliquaient pour elle les normes du Droit canonique prévues pour ce genre d’association tout à fait légitime.


F) Voici la conclusion de la Note doctrinale: «Il semble évident qu’un groupe ne peut plus se dire véritablement catholique si ses dirigeants enseignent une doctrine qui est contraire à celle de l’Église catholique, notamment sur des points aussi fondamentaux que ceux dont il est fait mention ci-dessus. Les évêques du Canada invitent donc les pasteurs et les fidèles à faire preuve d’un grand discernement spirituel et à garder intacte leur foi catholique. Nous exhortons tous les catholiques à prendre conscience des erreurs doctrinales qui sont propres aux enseignements de l’Armée de Marie, à se rendre compte du tort et de la division qu’engendrent ses chefs dans l’Église catholique au Canada et ailleurs dans le monde, et à préserver la pureté de la foi catholique. Avec charité pastorale, nous rappelons à tous les catholiques canadiens que leur vie de foi et leur spiritualité chrétienne doivent s’appuyer sur la Parole de Dieu révélée et sur l’enseignement de l’Église catholique.»

L’évolution dogmatique a toujours soulevé des débats souvent houleux au sein de l’Église et la piété populaire s’est souvent révélée en avance de la théologie dans la compréhension des mystères divins. Nous ne croyons pas que le développement doctrinal actuel au sein de l’Armée de Marie aille à l’encontre de la saine doctrine de l’Église - un théologien réputé, l’abbé Lionel Mélançon, a étudié en profondeur les écrits de Marie-Paule (ce dont il avait été chargé par Mgr Jean-Pierre van Lierde, Vicaire général du Saint-Père pour la Cité du Vatican), et ensuite ceux de Marc Bosquart, sans y déceler de déclarations contraires à la foi: bien plutôt, sa foi en a été raffermie.

Comment alors ces écrits pourraient-ils nous détourner de la foi catholique? Ils pourront bien être cause de division, comme le sont les prophètes et les développements doctrinaux. Mais ils sont une telle lumière dans le coeur des fidèles qui ont soudainement accès à des beautés insoupçonnées, qu’ils ne peuvent qu’enrichir leur spiritualité et leur vie de foi.

Il ne reste qu’à se soumettre à l’épreuve du temps, comme Gamaliel y a invité le Sanhédrin:

«Hommes d’Israël, prenez bien garde à ce que vous allez faire à l’égard de ces gens-là. (...) Ne vous occupez pas de ces gens-là, laissez-les. Car si leur entreprise ou leur oeuvre vient des hommes, elle se détruira d’elle-même; mais si vraiment elle vient de Dieu, vous n’arriverez pas à les détruire. Ne risquez pas de vous trouver en guerre contre Dieu.» Et le texte biblique poursuit: «On adopta son avis» (Ac 5, 35, 38-39).


À propos de la «légitimité» de l’Armée de Marie

La Note doctrinale affirme: «La supposée révélation privée sur laquelle l’Armée de Marie fonde sa seule prétention à la légitimité introduit effectivement des doctrines nouvelles et erronées».

C’est de Dieu que l’Armée de Marie tire sa légitimité, car cette Oeuvre a été fondée par Dieu Lui-même: à l’issue de la journée de prières de l’Équipe mariale au Sanctuaire Notre-Dame d’Etchemin, le 28 août 1971, le Seigneur disait à Marie-Paule, à 11h45 du soir: «C’ÉTAIT AUJOURD’HUI LA FONDATION DE L’ARMÉE DE MARIE. PRÉPARE UNE PETITE REVUE QUI RELIERA LES MEMBRES.»

C’est le Seigneur qui a constamment dirigé cette Armée, donnant Ses ordres à Marie-Paule, la prévenant des coups préparés par les adversaires et lui indiquant la façon de faire pour les déjouer. Marie-Paule transmettait ces indications à ses collaborateurs avant que ne se produisent les événements, et ses collaborateurs étaient immanquablement témoins de l’authenticité des paroles divines lors de leur réalisation.

L’humanité du 3e millénaire est à une période cruciale de l’histoire, comparable à l’époque de la traversée du désert par le peuple hébreu conduit par Moïse. Le désert actuel: les guerres et conflits de toutes sortes entre les hommes et les peuples; la terre promise qui nous attend: un Royaume où régneront la justice, la paix et la joie, selon les mots de saint Paul (Rm 14, 17); un temps de paix où régnera l’unité entre les hommes et les peuples, ainsi qu’est venue nous l’annoncer la Dame de Tous les Peuples en Amsterdam.

Moïse, guidant le peuple de Dieu, recevait constamment Ses ordres; il a même contemplé la gloire de Dieu qui s’est montré à lui de dos.

Marie-Paule, qui guide l’Armée de Marie fondée par Dieu, continue toujours à recevoir les ordres du Ciel; lors de grâces spéciales, elle a contemplé Jésus et Marie, comme beaucoup de mystiques; et il lui a été donné de voir le Père (Vd’A App. V, p. 129).

Comme Moïse, Marie-Paule est plus qu’un prophète, elle est la «Servante», et à elle s’appliquent aussi ces paroles de Yahvé au Livre des Nombres: «S’il y a parmi vous un prophète, c’est en vision que je me révèle à lui, c’est dans un songe que je lui parle. Il n’en est pas ainsi de mon serviteur Moïse, lui est à demeure dans ma maison. Je lui parle directement, non en énigmes, et il voit la forme de Yahvé» (Nb 12, 6-8).

Faut-il s’étonner que Marie-Paule, une personne dont les charismes ont été reconnus comme authentiques par d’éminents hommes d’Église, soit rejetée d’autre part par d’autres hommes d’Église? Le jour même de la fondation de l’Armée de Marie, le Seigneur a indiqué à Marie-Paule: «L’ARMÉE DE MARIE SE RECONNAÎTRA À CE SEUL SIGNE: SA FIDÉLITÉ À ROME ET AU PAPE.» Telle sera la raison de la lutte acharnée qui s’est abattue contre elle dès sa fondation, provenant du Québec (Jésus avait bien affirmé qu’aucun prophète n’était bien accueilli en son propre pays!). Le Québec, autrefois terre si catholique, vit une profonde crise religieuse alors que les Évêques, depuis au moins vingt ans, se déclarent plus ou moins ouvertement opposés aux enseignements et directives du Vatican.

Lors de la visite du Pape Jean-Paul II au Québec, en 1984, le magazine L’Actualité titrait ainsi un de ses articles: «De la visite embarrassante. Le pape trouvera deux Églises catholiques au Québec. L’une se meurt, l’autre naît. Laquelle aura sa bénédiction?» (Numéro de septembre 1984) Et on pouvait lire dans cet article de Benoît Aubin:

«La visite prochaine du pape est loin d’enthousiasmer les évêques du Québec. Au contraire. (...) Une partie influente du clergé et des fidèles les plus ’engagés’ ont décidé de boycotter la visite de Jean-Paul II, un ’exercice de papalâtrie’, disent-ils. (...) La visite de Jean-Paul II pourrait exacerber le schisme latent dans l’Église québécoise. (...) Les évêques ne se leurrent pas: la grande Église historique du Québec se meurt inexorablement. Dans ses temples à demi déserts, servis par des curés surmenés et vieillissants, qui prendront bientôt massivement leur retraite (...), elle s’achemine rapidement vers le domaine des livres d’histoire.»

S’il y a schisme au Québec, il n’aura pas été préparé par l’Armée de Marie mais par tout un contexte de désobéissance et de révolte contre l’autorité du Saint-Père. S’il y a un manque criant de prêtres et que des églises doivent fermer ou accueillir pour leur survie des événements profanes, c’est que les Autorités religieuses ont fermé les portes à l’Armée de Marie et qu’elles rejettent la Communauté des Fils et Filles de Marie qui est issue de cette Oeuvre, et qui compte plus de 40 prêtres dont plusieurs ont été forcés de s’exiler pour exercer leur ministère: si ces prêtres étaient «assez bons» pour l’Italie, la France, l’Autriche, la Jamaïque, l’Ontario et la Nouvelle-Écosse, où ils ont été accueillis par des Évêques plus ouverts, n’étaient-ils pas «assez bons» aussi pour le Québec?

La formation de ces prêtres n’a rien coûté à l’Église: ce sont les membres de l’Armée de Marie qui ont défrayé le coût de leurs études à l’Université pontificale Saint-Thomas-d’Aquin, à Rome. Ces prêtres ont été présentés à l’Église du Québec sur un plateau d’argent... Mais l’Église du Québec les a bannis et s’acharne contre eux par toutes sortes de tracasseries.

L’Armée de Marie, dont ne cessent d’étonner les réalisations matérielles telle la construction de l’édifice Spiri-Maria à Lac-Etchemin, n’a jamais demandé un sou à l’Église: c’est elle qui répand ses générosités ici et là, ayant elle-même bénéficié de la générosité financière et du bénévolat de ses membres qui lui sont offerts spontanément. Pourquoi donc cette Oeuvre dérange-t-elle tant certaines Autorités qui, de 1971 à 1979 (année où a débuté la publication de Vie d’Amour), ne pouvaient absolument rien lui reprocher d’autre qu’une trop grande fidélité à Rome et à aux enseignements de l’Église, alors que depuis 1979, de par la volonté de Dieu, le mystère de cette «vie d’amour» a été de plus en plus exposé publiquement, au grand désarroi de Marie-Paule elle-même qui aurait préféré demeurer dans l’ombre?

Vie d’Amour est le fruit de l’intervention de Dieu et de Marie en une âme qui a accepté de se laisser broyer de toutes manières pour le salut des âmes. En voulant condamner cette vie soutenue par le Ciel, les Évêques ne se jugent-ils pas «au-dessus du Maître»? Quant à nous, devons-nous obéir à Dieu ou aux hommes, au Maître ou à Ses disciples?

17 août 2001

Sylvie Payeur-Raynauld


© 1998 - Tous droits réservés : ÉDITIONS CO. DAME, Québec, Canada

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