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Je me pose de sérieuses questions au sujet des évêques

À qui de droit,

Depuis plus de 50 ans, je me pose de sérieuses pour ne pas dire de graves questions au sujet des évêques, questions que je n’ai jamais osé formuler tout haut ni poser à qui que ce soit, par respect pour leur dignité. D’ailleurs, à qui poser de telles questions?

J’observais, je voyais, j’écoutais, je lisais et j’étais presque scandalisée. Je me disais: «C’est peut-être moi qui vois mal, qui comprends mal, qui lis mal, qui suis portée à juger sans être au courant de toutes les facettes des problèmes.»

Cela, depuis l’incroyable et «inique» procès du vénérable (pour ne pas dire saint) et regretté archevêque de Montréal, Mgr Joseph Charbonneau. Et j’ai vu autre chose depuis, car, comme dirait notre poète-chansonnier Félix Leclerc: «Mes souliers ont beaucoup voyagé.»

Sans chercher dans le dictionnaire, j’ai appris, en observant silencieusement, ce que veut dire l’expression «collégialité des évêques»: c’est crier tous ensemble «haro sur le baudet», c’est-à-dire sur celui qui est de trop dans le chemin, qui nuit à la libre circulation de ceux qui veulent aller plus vite et plus loin.

Sans que je pose mes questions, j’ai eu, au fil du temps, toutes les réponses, surtout depuis mai 1987.

Plus les années passent, plus les masques tombent et on peut voir certains évêques sous leur vrai jour.

On peut très bien réaliser qu’ils travaillent à la solde d’une autre Église que celle de Jésus-Christ et pour un autre Chef que pour le Pape dont ils semblent se rire ou se moquer.

C’est ma triste impression. J’ose espérer que je me trompe.

Étant maintenant retraitée, mes jours et une partie de mes nuits se passent à prier devant le Saint Sacrement, et les évêques et les prêtres sont les premiers sur la liste de mes privilégiés.

Je leur souhaite de voir un jour Jésus et Marie en personne dans le Royaume terrestre. Je leur souhaite aussi toute la paix et la joie que j’y goûte, car le Royaume terrestre commence d’abord en chacun de nous.

Soeur Julienne Boisvert, o.ff.m.


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