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Quelle différence entre l’état de péché mortel et l’état de grâce!

Marienthal, le 16 août 2001

Au lendemain de la très belle solennité de la fête de l’Assomption de Marie, ainsi que de la Note doctrinale sur l’Armée de Marie, parue sur un site Internet, je viens vous redire, Marie-Paule, mon affection et implorer vos bonnes prières pour notre fidélité à tous dans l’Oeuvre.

Il y a longtemps que je veux donner mon témoignage, me souvenant du beau cadeau que m’avait fait la Sainte Vierge le surlendemain de mon retour à l’état de grâce à l’âge de 28 ans. C’est cette grâce que je vais essayer de raconter le plus simplement et clairement possible.

Pendant trois ans, je vivais en concubinage avec une jeune femme et tous deux nous avons tenté de cheminer ensemble. La situation entre nous deux est devenue très difficile. La raison en est simple: trois ou quatre mois auparavant, nous avons récité ensemble le chapelet pour la première fois, et cela, trois soirées consécutives. Mais le quatrième soir, et après, j’ai continué seul, car elle ne voulait plus le réciter. Une lutte spirituelle s’est alors amorcée à partir de ce moment-là, car je tenais à aller réciter mon chapelet tous les soirs, tandis qu’elle voulait m’en empêcher, soit par des moqueries, soit par des incitations à laisser tomber ce qui, pour elle, était inutile.

C’est ainsi qu’en avril 1992 mes parents m’invitent à aller au mois de mai en pèlerinage avec l’Armée de Marie. Lutte intérieure, tiraillement, est-ce que je dis oui ou non? Ma petite amie tire de son côté: «Non, il ne faut pas que tu y ailles!» Intérieurement, je veux y aller. Alors, arrivent des choses graves entre elle et moi qui m’encouragent d’abord à rompre cette liaison, puis à répondre affirmativement à l’invitation de mes parents. J’entreprends alors, bien qu’intérieurement déchiré, ce pèlerinage en Italie.

Deux jours de pèlerinage passent. Je suis au milieu d’une belle famille où la joie et l’entraide règnent. Je veux tellement me sentir comme eux, la grâce me poursuit et me travaille. Le lendemain, n’y tenant plus, je demande à un religieux du groupe ce que la confession peut apporter à une âme. Le Frère Laurent me répond que mon âme devient blanche. Il ne m’en faut pas plus pour me décider à aller me confesser le soir même. Arrivé devant le Père Hervé Lemay, je lui fais part de mon désir, lui demandant de m’aider, car je n’ai aucun souvenir de ma dernière confession qui date de l’enfance, alors que j’ai cessé d’aller à la messe à 14 ans.

Le lendemain, je m’aperçois qu’un grand poids est sorti de moi, je me sens léger comme lors de mon enfance où aucun souci ne venait troubler mon âme. Je me sens bien et je suis en mesure de bien comprendre la différence entre être en état de péché mortel et être en état de grâce.

Le jour suivant, les Chevaliers de Marie se réunissent dans une des églises de Rieti. La Messe commence, l’assistance remplit même les allées. Je suis parmi les gens qui sont debout, dans une allée latérale, vers l’arrière. Je ne m’attends pas du tout à cela, et pourtant, contemplant la belle Madone couronnée de douze étoiles lumineuses, il me vient soudainement au coeur une effusion d’amour si grande que je comprends ce qu’est l’amour de Marie pour ma petite âme. Les larmes commencent alors à couler sans que je puisse en arrêter le flux. Une joie intense s’empare de moi. Puis mes yeux se tournent et j’aperçois Marie-Paule un peu en avant de moi, à droite, qui assiste, recueillie, à la Sainte Messe. En la voyant, même effusion d’amour en mon coeur. Et je comprends, en un instant, toutes les souffrances que Marie-Paule a supportées pour nous, et particulièrement pour moi. Je sens alors une paix profonde, et les larmes coulent encore. Il en sera ainsi jusqu’à la fin de la Messe. Ce qui caractérise cette grâce, c’est que j’ai ressenti la même chose envers Marie et Marie-Paule et j’ai compris que les deux ne font qu’une.

Le lendemain, on me demande de porter un drapeau avant et après la concélébration eucharistique. J’entre alors avant la Messe avec tous les porteurs, puis nous allons déposer les drapeaux en avant, du côté gauche. En revenant vers l’arrière par l’allée, j’aperçois Marie-Paule à deux places du bord de cette même allée. Je ne sais pas ce qui s’est passé exactement à ce moment-là, mais lorsqu’elle m’a aperçu, j’ai éprouvé à son regard comme une fusion de nos âmes, quelque chose de très profond et rapide comme l’éclair. Aussi, je lui ai tendu la main, qu’elle a saisie dans ses deux mains. Inutile de dire que durant toute la célébration j’ai éprouvé une joie intense. Je pense que jamais, après ces grâces, je n’ai été aussi heureux.

Voilà, en gros, le récit de ces dons octroyés à une âme qui certainement en avait grandement besoin. Merci à vous, Marie-Paule, pour ce que vous êtes. Rendons grâces pour les Oeuvres du Seigneur, spécialement celle de l’Armée de Marie, pour laquelle nous vivons.

Je vous aime beaucoup, Maman.

Frère Marc Boulanger


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