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Patric CarrierLa croix: source de grâces infinies

Février 2002

Bonjour Marie-Paule,

Depuis plusieurs années, je ressens le goût d’écrire un témoignage, mais j’attendais que le Seigneur m’envoie un signe afin de m’assurer que c’était bien sa volonté. À l’automne, Il m’en envoya un à travers la conversation que j’ai eue avec Soeur Micheline Hupé. J’en reçus un deuxième lors de la lecture du journal Le Royaume, n° 152, page 15, par ces mots de Jean-Paul II à des pèlerins d’Ukraine: «Je vous encourage à partager vos trésors spirituels...» Alors, voici mon témoignage.

Je suis un jeune homme de 29 ans qui habite la région de l’Outaouais, au Québec, et qui a eu la joie de connaître l’Armée de Marie au début des années 1980, grâce à Mme Cécile Simard et à Gaby (Soeur Gabrielle) et Bernard Carbonneau.

Quelque temps après, ma mère a eu la chance de connaître et de lire les très beaux volumes de Maria Valtorta. À travers ces écrits, elle a compris encore plus la grandeur de l’amour de Dieu pour chacune des âmes ainsi que l’importance de son salut. À la suite de cela, ma mère pensait beaucoup à une personne qui lui était très chère et qui vivait des moments très difficiles dus à de grandes souffrances. C’est à ce moment-là, au début de juillet 1988, que le Seigneur lui a inspiré de dire cette prière: «Seigneur, je suis prête à sacrifier un de mes enfants pour le salut de cette âme.» Un mois plus tard, soit le 28 juillet, à l’âge de 16 ans, j’ai eu un très grave accident de motocyclette lorsque j’ai été frappé par une voiture, ce qui m’a rendu quadriplégique à cause d’une fracture de la colonne vertébrale au niveau cervical. J’ai passé tout près de la mort, ayant eu les deux poumons perforés et ayant fait un peu plus tard un arrêt cardiaque de plusieurs minutes. Après avoir passé cinq mois à l’hôpital pour enfants d’Ottawa et neuf mois au Centre de réadaptation, il était temps pour moi de penser à ma réinsertion sociale. Je suis alors retourné à la maison plutôt que d’être placé dans un appartement adapté pour personne handicapée et ma mère qui était enseignante a quitté son emploi pour prendre soin de moi.

Avant mon accident, lorsque j’avais environ dix ans, je pensais me diriger vers la prêtrise quand je serais plus âgé, mais, ensuite, vers l’âge de 15 ans, je pensais plutôt me diriger vers l’enseignement. Après mon accident, j’ai dû abandonner l’idée de l’enseignement à cause de ma paralysie, mais j’ai quand même pu toucher à ce domaine en faisant un peu d’enseignement bénévole aux élèves en difficulté. En 1993, j’ai décidé de lire les volumes de Maria Valtorta dont ma mère m’avait tant parlé, et ils ont été pour moi comme un chemin de Damas, car ils m’ont ouvert les yeux sur plusieurs points importants dont celui de s’efforcer continuellement à s’améliorer en vue de notre vie éternelle. C’est à ce moment-là qu’elle m’a parlé de la prière qu’elle avait faite et que j’ai bien acceptée.

Durant ces années, quelques prêtres m’ont parlé de la prêtrise et m’ont même encouragé à entreprendre mes études, malgré mon handicap. Je leur répondais que c’était difficile pour moi, étant donné que j’avais moins d’endurance physique qu’avant. En fait, ce que je voulais, ce n’était plus devenir prêtre, mais plutôt missionnaire laïque si le Seigneur voulait bien me guérir. Le 28 août 1995, j’ai été poussé comme par une inspiration à dire au Seigneur que s’Il voulait me guérir, eh bien! j’étais prêt à devenir prêtre si c’était Sa Volonté. Durant les semaines et les quelques mois qui ont suivi, Satan a tout fait pour me faire regretter les paroles que j’avais dites, par de fortes tentations en ce qui a trait au travail du prêtre et plus précisément au fait de parler en public, ce qui m’était très pénible en ce temps-là. Je demandais alors à l’Esprit Saint et à la Sainte Vierge de me protéger dans ces tentations et de m’éclairer sur ma vocation.

En janvier 1996, j’ai alors reçu une lettre du Père Denis Laprise (qui n’était pas du tout au courant de ce que je viens de dire) qui m’a beaucoup rassuré, car il me disait qu’il pensait à moi chaque fois qu’il célébrait la messe et que c’était comme si je la célébrais avec lui. La lutte a quand même continué tout au long du printemps jusqu’au dernier lundi de mai où, au cours de l’après-midi, j’ai demandé à l’Esprit Saint et à la Sainte Vierge de m’éclairer une fois pour toutes. Le soir même, alors que je n’étais même pas supposé aller à la messe, car ma mère devait m’apporter la communion, la Providence s’est organisée pour que j’y sois et c’est alors que j’ai reçu de manière claire, nette et précise la réponse à ma prière. C’est que, quelques minutes après que je fus entré dans l’église (la messe était déjà commencée), le prêtre s’est mis à lire l’Évangile qui était, à ma grande surprise, celui de la rencontre de Jésus avec le jeune homme riche auquel Il disait de tout laisser et de Le suivre. C’est comme si j’avais reçu un coup de masse dans le front; depuis ce jour, je n’ai plus de doute quant à ma vocation et la lutte à ce sujet a pris fin.

En attendant le jour où le Seigneur me fera signe d’entrer dans la Communauté des Fils de Marie (ce qui est mon désir), que ce soit en fauteuil roulant ou sur mes deux jambes, je vais continuer ce que j’ai déjà entrepris, c’est-à-dire faire des témoignages où l’on me demande, plus spécialement dans les écoles, afin de faire comprendre aux jeunes que malgré les épreuves, si on a la foi et qu’on demande l’aide de Dieu, on peut s’en sortir et même en sortir grandi.

Voilà un résumé des nombreuses grâces que j’ai reçues, grâce à cette belle croix que le Seigneur m’a donné à porter le jour de mon accident. Je crois que je n’aurai pas assez de toute l’éternité pour remercier le Bon Dieu et la Très Sainte Vierge pour tout cela, ainsi que pour cette belle Oeuvre qu’est l’Armée de Marie, pour me l’avoir fait connaître, pour avoir donné à Marie-Paule tant de force et de courage pour dire ses «oui», malgré tant de souffrances, pour nous avoir donné les écrits de Maria Valtorta, pour avoir inspiré ma mère à faire cette prière et pour m’avoir donné cette belle croix avec, bien sûr, toutes les grâces nécessaires pour l’accepter et la porter (dont de bons parents), ainsi que les nombreuses grâces qui ont suivi.

Patric Carrier


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