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Témoignage d’un scientifique

Le 24 août 2001

Objet: Note doctrinale des évêques catholiques du Canada concernant l’Armée de Marie

Chers évêques catholiques du Canada,

Une Note doctrinale récemment publiée par la Conférence des évêques catholiques du Canada a été portée à mon attention et je l’ai lue avec un grand étonnement. Avant d’aller plus loin, il serait juste que je me présente brièvement.

Je suis vice-président d’une firme pharmaceutique canadienne et un scientifique de formation. Je ne suis nullement un spécialiste ou expert dans les matières doctrinales, religieuses ou en Droit canonique de l’Église catholique, et mes commentaires reflètent uniquement l’opinion d’un croyant, fermement convaincu en Dieu et en la Vierge Marie. Je considère mon opinion comme très importante puisque, sans croyants, l’Église n’aurait pas sa raison d’être.

Je suis né de parents catholiques romains, très convaincus de leur foi. Notre famille a toujours assisté à la messe du dimanche. Quant à moi, lors de ma formation au primaire et au secondaire, je fus servant de messe. Dans les années qui ont suivi, la corruption qui s’est étendue dans l’Église catholique et la diminution de l’enseignement du catéchisme dans les écoles m’ont amené à délaisser la pratique de ma religion et l’assistance à la messe sur une base régulière. Durant toutes ces années, je suis demeuré un fervent croyant en Dieu, mais j’allais rarement à la messe.

Il y a plusieurs années, j’ai rencontré un jeune prêtre catholique qui a reçu sa formation en Italie. J’étais surpris de constater qu’un jeune ait décidé de devenir prêtre catholique en dépit des problèmes sérieux de l’Église. Ceci m’a poussé à assister à des réunions de prières de l’Armée de Marie et, cela vous surprendra sûrement, mais pour la première fois de ma vie, j’ai vraiment appris à prier et à réciter le rosaire. Depuis lors, j’assiste régulièrement à la messe du dimanche, je vais me confesser une fois par mois et je récite le rosaire presque tous les jours. Mes parents ont été très touchés de ce changement si drastique dans ma pratique religieuse et cela les a incités à retourner à la messe du dimanche. Mon comportement leur a rappelé les jours de leur jeunesse où aller à l’église était considéré avec respect.

L’Église catholique, ayant abandonné l’enseignement du catéchisme dans les écoles, a certainement contribué à sa chute, tel qu’on le voit aujourd’hui. Pourquoi tant de gens se convertissent-ils au contact de l’Armée de Marie? Son enseignement n’est-il pas celui de l’Église catholique et du Pape? À Montréal, je vois tant d’églises devenues des lieux de réunions sociales plutôt que des lieux de culte où la messe, la prière et l’adoration devraient être la priorité, dans le respect de la maison de Dieu. Ces façons de faire dans nos églises me font douter qu’on y donne l’enseignement du catéchisme.

Le 15 août 2001, les évêques canadiens prennaient position contre l’Armée de Marie, laquelle est composée de catholiques qui prient, adorent Dieu et vénèrent sa Sainte Mère, tout en suivant ce que le Pape et le catéchisme catholique enseignent, en plus de réciter le rosaire. Refuserez-vous ces grâces aux catholiques romains?

Je crois que la Note doctrinale est prématurée et donne un verdict sans procès et certainement sans étude approfondie de l’Armée de Marie. J’ai lu plusieurs fois et en détail la Note doctrinale et je ne vois pas en quoi on peut l’accuser, surtout quand vous n’avez pas pris la peine de consulter les dirigeants et d’essayer de comprendre leurs motifs, et les éléments du mystère qui s’accomplit au sein de cette Oeuvre de Dieu. L’Église catholique ne reconnaît-elle pas les apparitions à Lourdes? Pourtant, ce fait a-t-il été mentionné dans la Bible? Ne sait-on pas que la Sainte Bible parle très peu du rôle de la Vierge Marie? Pourquoi alors n’est-il pas possible qu’Elle guide l’Armée de Marie? Comme scientifique, je doute fortement que vous ayez une preuve tangible pour dénier ce fait. La foi en la puissance de la Providence n’est-elle pas plus importante? Si l’Armée de Marie n’était pas guidée par la divine Providence, n’aurait-elle pas trébuché et échoué?

Dans la Note doctrinale, vous dites: «La mort du dernier apôtre a marqué la fin de l’acte de révélation publique, donnant à l’événement christique sa suprématie absolue et son caractère normatif permanent: "Il n’y a plus à attendre de nouvelle révélation publique avant la manifestation glorieuse de Notre-Seigneur Jésus-Christ."» Je ne suis pas expert dans ce domaine, mais je ne vois pas la relation entre la révélation publique de Jésus et ce qui se passe actuellement pour Marie, et l’affirmation citée ci-dessus me semble hors contexte. Si tous les éléments qui sont du domaine de la foi devaient être palpables, il me faudrait alors, pour croire au Christ, l’avoir vu ou touché. Pour ma part, je crois par la foi que Mère Paule-Marie est sincère et authentique. Je crains aussi que votre intervention prématurée nuise à certains croyants et les prive d’abondantes grâces rattachées à cette Oeuvre divine et à la dévotion à la Dame de Tous les Peuples. Leur défendre de prier la Dame de Tous les Peuples, c’est comme les empêcher de prier sainte Jeanne d’Arc, Padre Pio et plusieurs autres saints par qui on peut obtenir tant de belles grâces. L’Église n’a-t-elle pas condamné plusieurs saints avant de les canoniser? La plupart du temps, on apprend par l’erreur. Alors, pourquoi l’Église du Québec n’a-t-elle pas appris par les erreurs du passé?

Étudier et évaluer un événement providentiel et en juger n’est pas tâche facile pour vous. Pour cette raison, et vu la probabilité que vous répétiez les erreurs précédentes de l’Église lors de ce genre de procès, cela devrait vous inciter à la prudence et vous empêcher de réagir trop rapidement, sans étude sérieuse préalable.

Jésus n’a-t-il pas été annoncé par les prophètes de l’Ancien Testament? Le Sanhédrin n’a-t-il pas agi, pour Jésus, de la même manière que nos évêques font présentement pour l’Armée de Marie? Quand Jésus est ressuscité des morts, n’a-t-il pas affirmé qu’il était plus important de croire que de toucher ou de voir? Si je puis prouver que Jésus a marché sur l’eau ou guéri quelqu’un miraculeusement, s’agit-il toujours d’un miracle? Comme scientifique, je reconnais pleinement la difficulté d’essayer de prouver un miracle et ainsi, pour l’Église, de discerner le vrai du faux.

La Note doctrinale dit:«L’Armée de Marie enlève à Marie son rôle unique et irremplaçable dans l’histoire du salut; la supposée "réincarnation" prônée par l’Armée de Marie rend également superflue l’intercession de Marie au ciel.» Je ne suis pas d’accord avec cette affirmation, parce que cela voudrait dire que l’Église prétend catégoriquement qu’elle en connaît plus sur Marie que ce qui est révélé dans la Bible. Le rôle «nouveau» donné à Marie ne diminue ou n’enlève en rien le rôle de Marie tel que connu dans l’Église, par la Bible et la Tradition. C’est comme si on disait: «Je ne peux être à la fois vice-président de compagnie et un scientifique.» Puisque la Bible et la Tradition ne mentionnent pas que la révélation faite par l’Armée de Marie est fausse et que les deux rôles ne peuvent pas coexister, alors votre affirmation citée ci-dessus est en soi non fondée. L’Église présume que les deux rôles ne peuvent coexister, mais Elle n’a présenté aucune preuve pour supporter cette affirmation. Nier ou réfuter quelque chose exige la preuve définie du contraire, ce que vous n’avez pas fait. Par conséquent, l’Église devrait chercher à élucider davantage cette nouveauté et ne pas condamner sans preuve évidente.

Je suis porté à croire que l’Église catholique canadienne n’a pas respecté le Code de droit canonique au sujet de l’Armée de Marie, puisqu’elle fait un procès sans donner la chance à l’accusé de se défendre. Même Jésus a eu un procès, procès d’ailleurs biaisé. Dans notre société moderne, je ne comprends pas qu’un organisme qui présente soi-disant les enseignements de Dieu ne permette pas un juste procès à l’accusé.

Le Canada, comme vous le savez, croit fermement aux droits de l’homme et au principe fondamental qu’un individu est innocent jusqu’à preuve du contraire, et ce principe est répandu dans toute société civilisée. Cette action de l’Église canadienne n’est certainement pas conforme à ce principe fondamental. Je crois que les évêques du Canada devraient être parmi les premiers à promouvoir ce principe parmi le clergé en vue d’une conduite exemplaire en ce domaine. Vous devriez normalement être des personnes en communion d’esprit avec le Saint-Père et qui obéissent aux lois du Code de droit canonique.

J’attends donc une réponse de votre part à mes nombreuses questions, et je prie Dieu et la Vierge Marie pour qu’ils vous guident et vous amènent à une décision favorable.

Sincèrement vôtre,

Dr Guy Chamberland, M.Sc., Ph.D
Dr Céline Devaux, DVM, MD


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