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L’Armée de Marie m’a appris à aimer ma famille

Arrivée dans l’Armée de Marie dès sa fondation en France, j’ai pu voir le travail qui se faisait dans les âmes.

Après mai 1968, plusieurs courants circulaient en France. L’Église, bouleversée par les changements qu’elle vivait, et qui offrait, «Elle aussi», un courant de libération, avait certes besoin d’être dépoussiérée, mais elle fut, hélas! désacralisée.

Quant aux mouvements féministes, ils étaient nombreux; et l’un d’eux suggérait la libération de la femme. Toujours est-il qu’il eut pour effet, sur la paroisse bourgeoise de Paris dans laquelle je vivais, de donner aux femmes mariées le goût des études. Plusieurs parmi nous sont reparties en faculté. Pour ma part, je ne pouvais aller faire des études le jour, étant mère de six jeunes enfants. Aussi avais-je imaginé de faire une école d’arts en cours du soir. J’aimais, chaque soir, quitter ma maison pour faire l’école du Louvre. La tentation était forte, mais une rencontre avec l’Armée de Marie m’a permis de prendre conscience de la beauté et de la grandeur du sacrement de Mariage.

Je n’oublierai jamais en quels termes magnifiques les aumôniers de l’Armée de Marie de ces premières années ont fait vibrer nos âmes en nous faisant découvrir toute la beauté des humbles tâches d’une mère de famille. Tâches combien récompensées par les simples mots de mon mari en entrant tard le soir, après une journée harassante: «Maman est-elle là?»

Au lieu de partir emplir ma tête de choses qui, certes, m’auraient intéressée, j’écoutais mon mari qui s’était épuisé pour nourrir sa famille. Ce moment que je lui accordais le détendait et lui permettait de faire partager à sa femme tous les problèmes et lourds soucis d’un cadre.

Que serait-il advenu de notre foyer si, chaque jour, mon mari, rentrant fatigué, n’avait pas trouvé celle qui pouvait l’écouter?

Sa retraite prise, très vite deux épreuves nous attendaient: le départ de notre 5e enfant atteinte d’un cancer du poumon, puis la longue maladie d’Alzeimer qui, pendant douze années, a fait de grands ravages chez mon mari.

Il s’est éteint en mars 2000, dans mes bras, en remettant son âme entre les mains de Dieu. Car, dans sa bonté, le Seigneur a permis qu’il ait toute sa lucidité la nuit de son départ.

L’Armée de Marie m’a appris à aimer ma famille, à découvrir et à aimer pleinement ce magnifique sacrement de Mariage. Je remercie de tout coeur cette Oeuvre d’amour qui a su façonner mon caractère, pas toujours facile, par un appel constant de notre réforme intérieure.

Je viens de faire une expérience de presque deux semaines à Lac-Etchemin, séjour au cours duquel j’ai vécu une expérience que je n’oublierai pas. J’espère m’engager encore plus dans cette Oeuvre.

À Spiri-Maria, tout est fait dans la joie, la paix, sans contrainte, parce que tous vivent de l’amour que Dieu, premier servi, laisse dans leur âme.

Mon expérience est concluante, je quitte tout en espérant semer en France ce que j’aurai vécu à Spiri-Maria.

Juliette Charbon
Chantonnay, France


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