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Le rôle de l’Évêque

Gérard Delion
160, avenue de Tassigny
94120 Fontenay-sous-Bois
France

Fontenay-sous-Bois, le 7 octobre 2001

À Monseigneur Maurice Couture, archevêque de Québec

Excellence,

Il y a une quinzaine de jours, le site internet du Vatican invitait ses lecteurs à prendre connaissance d’un sujet qui, jusqu’alors, n’avait jamais attiré mon attention. Il s’agit du «Synode des évêques; Xème Assemblée générale ordinaire; l’évêque serviteur de l’Évangile de Jésus-Christ pour l’espérance du monde». Alors pourquoi lire un tel sujet? C’est parce qu’aujourd’hui le réseau internet nous permet d’aborder un nombre beaucoup plus vaste de sujets d’actualité. Le 17 août, par exemple, je lisais sur l’écran de mon ordinateur une «Note doctrinale des évêques catholiques du Canada sur l’Armée de Marie» émise seulement deux jours plus tôt.

J’ai toujours cru à l’autorité de l’évêque mais à présent mon intérêt à mieux le connaître a considérablement augmenté, surtout après avoir lu ce texte diffusé sur le site du Vatican, texte représentant l’équivalent de 91 pages papier. Ce n’est pas trop pour obtenir les réponses aux questions que l’on se pose.

Je m’en remets donc au texte de «L’évêque serviteur de l’Évangile de Jésus-Christ pour l’espérance du monde» où il est dit (§12) «qu’il doit avant tout avoir un regard contemplatif, en face de la réalité de notre monde, dans ce que son ministère a de concret et dans la communion avec l’Église universelle et particulière à la charge de laquelle il est destiné. Ensuite il doit avoir un cœur rempli de compassion, capable d’entrer en communion avec les hommes et les femmes de notre temps et pour lesquels il doit être un témoin et un serviteur de l’espérance». C’est bien là l’image que je me fais d’un évêque, depuis toujours d’ailleurs.

Que de soucis pour l’évêque (§20) qui «voit progresser une culture immanentiste nullement ouverte au surnaturel» et aussi ce constat que «parmi les chrétiens aussi règne une indifférence quant au futur eschatologique et surnaturel de la vie qui rend le monde, et l’existence sur terre, véritablement dignes d’être vécus». Et que dire de «ceux qui se contentent d’une religiosité ambiguë sans référence personnelle au Dieu véritable de Jésus-Christ et à la communauté ecclésiale». Nous en avons tous les jours des échos par les médias.

Heureusement, il existe des signes de vitalité et d’espérance. Je remarque (§25) qu’il est question «de la publication du Compendium de la Doctrine sociale de l’Église, source d’espoir pour ce qui est de l’engagement dans le domaine social et économique au bénéfice de tous les peuples». Pour ma part j’espère que cette publication fera évoluer favorablement la proposition que j’ai faite il y a plusieurs mois au prêtre de ma paroisse: réunir une fois par mois les personnes qui le souhaitent pour faire une lecture de textes choisis sur la Doctrine sociale de l’Église. Je garde toujours espoir car il est écrit plus loin (§94): «Dans la formation des fidèles laïcs, il faut accorder une place spéciale à la doctrine sociale de l’Église, pour qu’elle les éclaire et les encourage dans leur action selon les exigences pressantes de la justice et du bien commun, et à laquelle ils doivent contribuer fermement dans le cadre des œuvres et des services que la société réclame».

Voici ce que dit encore le texte (§33): «L’évêque qui sait être un prophète vigilant de l’espérance, une sentinelle de Dieu dans la nuit, peut insuffler confiance à son troupeau, en traçant dans le monde des sentiers de nouveautés ... En l’absence de l’espérance (§34), toute action pastorale de l’évêque resterait stérile. Au contraire, le secret de sa mission réside dans la fermeté solide de son espérance théologale et eschatologique»… Et encore (§46): «L’évêque est tout d’abord le ministre de la vérité qui sauve non seulement pour former et instruire, mais aussi pour conduire les hommes à l’espérance et donc au progrès dans le chemin de l’espérance. Si donc un évêque veut véritablement se montrer à son peuple comme signe, témoin et ministre de l’espérance, il ne peut que s’alimenter à la Parole de Vérité, en une adhésion totale et avec une pleine disponibilité à cette parole, sur le modèle de Marie, la sainte Mère de Dieu, qui «a cru en l’accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur (Lc 1,45).»

L’évêque (§47) «prie de façon spéciale pour le peuple qui lui a été confié». Il est également (§52) «le promoteur de la vocation universelle à la sainteté dans son église. Dans ce but, il doit promouvoir la spiritualité et la sainteté du Peuple de Dieu par des initiatives spécifiques, en accueillant les charismes anciens et récents, signe de la richesse de l’Esprit Saint». Mais il arrive que (§55), «engagé et sollicité par tant de responsabilité, il risque d’être emporté par les problèmes, sans trouver de réponses et de solutions valables» et donc que «l’attention à sa propre santé physique, psychique et spirituelle et l’équilibre de son existence sont aussi pour l’évêque un acte d’amour envers ses fidèles, une garantie d’une plus grande disponibilité et une ouverture aux inspirations de l’Esprit».

Une autre aspect revient mon attention. Il s’agit des conférences épiscopales (§71) dont Jean-Paul II a indiqué le but: «contribuer, de façon multiple et efficace, à orienter le sentiment collégial vers des réalisations concrètes... en entretenant éminemment l’esprit de communion avec l’Église universelle et des Églises particulières entre elles». Et de préciser que «L’exercice conjoint du ministère épiscopal concerne aussi la fonction doctrinale». Le texte souligne que «réunis en Conférence épiscopale, les évêques doivent avant tout se soucier de ce que le Magistère universel arrive jusqu’au peuple qui leur a été confié. Pour que les déclarations doctrinales de la Conférence épiscopale obligent les fidèles à y adhérer d’une âme religieuse obéissante, elles doivent être soit approuvées à l’unanimité, soit approuvées à la majorité qualifiée, pour obtenir la recognitio du Siège Apostolique». Décidément ce texte nous apprend beaucoup de choses. Je souhaite que tout le monde le lise.

J’apprends aussi qu’«il est recommandé (§93) aux évêques, pour éviter des interventions inadéquates ou même le silence à propos de problèmes émergents, de créer des forums dans lesquels interviennent les laïcs, selon le charisme caractéristique de leur sécularité et selon leurs compétences, comblant ainsi le fossé entre l’Évangile et la société contemporaine».

La charité qui fait l’unité des chrétiens développe leur capacité à aimer, à offrir leur vie chaque jour. La Providence est active. Non seulement elle invite à la prière mais aussi elle pousse à témoigner. Après avoir lu le texte relatif à «l’évêque serviteur de l’Evangile de Jésus-Christ pour l’espérance du monde», me voici davantage conscient de votre mission, de l’espoir que vous représentez pour les fidèles. À vous aussi j’offre volontiers ma vie, vous qui avez approuvé «la Note doctrinale sur l’Armée de Marie» publiée le 15 août.

Il y a environ une trentaine d’années Monseigneur Jean Pierre van Lierde, alors sacriste du pape et vicaire général du Saint-Père pour la cité du Vatican, qualifiait l’Armée de Marie de «mouvement surnaturel, providentiel et catholique». S’était-il trompé?

Dans le dialogue oeucuménique «suivant les directives du Saint-Siège (§131) et en communion avec sa conférence épiscopale, tout évêque est promoteur de l’unité et apôtre de l’oeucuménisme spirituel et du dialogue, grâce à des contacts fraternels avec les Églises et les communauté chrétiennes». Pourquoi le dialogue? Parce que le dialogue sanctifie notre vie.

Alors donnons l’exemple.

Respectueusement.

Gérard Delion


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