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Malgré que vous nous condamniez, nous vous respectons et nous vous aimons...

1er octobre 2001

Robert Ginibre
La Garenne
53220 Pontmain
France

Éminences, Excellences,

J’ai pris connaissance de votre «Note doctrinale». Vous voulez détruire l’Armée de Marie, c’est votre intention depuis longtemps. Mais par quoi la remplacer? («On ne détruit que ce que l’on remplace.») Je ne vois pas! Elle m’a beaucoup apporté et m’apporte toujours Amour, Paix, Joie.

J’étais sacristain dans une grande paroisse de Paris, à Saint-François-de-Sales. Un curé de campagne m’avait donné le désir d’être sacristain; Pierre l’Ermite, prêtre écrivain, curé d’une grande paroisse de Paris, me permit de réaliser ce désir. J’avais 29 ans à cette époque et mon vieux Curé, Mgr Edmond Loutil, 92 ans. J’ai travaillé avec lui, ses vicaires, ses paroissiens, ses employés, dans l’harmonie et la paix pendant quatre ans. La paroisse était une grande famille. À son décès, le 16 avril 1959, ce fut une grande tristesse et, peu de temps après, le commencement du grand chambardement.

On commença par casser le matériel: statues, chaire, banc d’oeuvre, confessionnaux. Ensuite, vers les années 1965-1968, ce fut le spirituel: les anges, le purgatoire, l’enfer, la Présence réelle; l’infaillibilité du Pape, pour certains prêtres, c’étaient des histoires. La nouvelle formule du Pater fit aussi beaucoup de mal. Notre paroisse de 10,000 pratiquants sur 40,000 habitants tomba vers les années 1981-1987 à 3,500 pratiquants. 3,500 pratiquants, mais pas une grande famille unie. Trois clans: les intégristes, les progressistes, les conciliaires. Il y avait de quoi perdre le nord, ou son latin, et plus sûrement la Foi.

C’est alors que, commençant à perdre pied vers la fin de 1977 (j’avais tenu bon jusque-là en pensant à mon vieux Curé), j’ai eu la grâce de rencontrer des paroissiennes faisant partie de l’Armée de Marie. Ce fut une bouffée d’oxygène. J’ai assisté pendant trois ans aux réunions, aux célébrations; j’ai eu le temps de voir, de juger avant d’agir, c’est-à-dire de m’engager. Comme depuis tout ce temps l’esprit de l’Armée de Marie n’a pas changé, pourquoi me désengager? J’y suis, j’y reste.

Que nous propose l’Armée de Marie? De vivre intensément les promesses de notre baptême, les commandements de Dieu et de l’Église; la dévotion aux trois Blancheurs, l’Eucharistie, l’Immaculée, le Pape; l’assistance à la messe, la communion, la récitation du chapelet ou du rosaire médité chaque jour si possible; ainsi qu’un quart d’heure minimum de lecture spirituelle: Bible, Vie des Saints, Encycliques, discours du Pape, etc. Vie d’Amour et les écrits de Marc Bosquart sont des lectures proposées mais non imposées. Nous sommes libres, d’ailleurs, d’entrer et ou sortir de l’Armée de Marie. Où trouver mieux?

Vie d’Amour et les écrits de Marc Bosquart ont été très attaqués. Marc n’est pas théologien (de culture), d’accord, mais ses écrits ont été supervisés sérieusement par l’abbé Lionel Mélançon, théologien, et ensuite expédiés à Rome pour examen avant d’être imprimés et publiés.

L’épreuve est une chose nécessaire et inévitable pour révéler la force, le courage, la résistance. L’épreuve, c’est un malheur, une peine, un critère, un test. L’homme est un apprenti, la douleur est son maître et nul ne sait ce qu’il vaut tant qu’il n’a pas souffert.

L’épreuve, Jésus-Christ l’a connue de sa naissance à sa mort. Ne dit-il pas: «Celui qui veut être mon disciple, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive»?

Mère Paul-Marie porte sa croix courageusement, elle n’a aucune animosité pour ceux et celles qui la rendent plus pesante. Elle prie pour eux et nous engage dans cette voie.

La joie, c’est de voir, comme pour son mari qui l’a fortement éprouvée, que ses enfants (tous les membres de la Communauté de la Dame de Tous les Peuples) prient pour que ceux qui l’éprouvent durement se convertissent, vivent et meurent saintement.

Même si vous nous condamnez, nous vous respectons et nous vous aimons. Pour être aussi agréables au Seigneur: «Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. C’est à ce seul signe que l’on reconnaîtra que vous êtes mes disciples.»

Robert Ginibre


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