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L’Armée de Marie est la relève de demain

Le 1er septembre 2001

Conférence des évêques catholiques du Canada
90, avenue Parent
Ottawa (Ontario) K1N 7B1

Messeigneurs les Évêques du Canada,

À la suite de la Note doctrinale au sujet de l’Armée de Marie, je me permets de vous écrire pour vous assurer de mes prières et vous livrer ma pensée.

Permettez-moi d’abord de vous rappeler que l’Armée de Marie et ses œuvres connexes, que ce soit, à titre d’exemple, la Famille des Fils et Filles de Marie, les Oblats-Patriotes, le journal Le Royaume, ont été fondés dans la belle province de Québec, au Canada (pays tant recherché pour sa liberté!). Le dicton dit que nul n’est prophète dans son propre pays - voilà donc pourquoi je ne suis pas étonnée que la lutte vienne d’ici.

Sur les genoux de ma mère, j’ai appris à aimer le petit Jésus de la Crèche, le Jésus souffrant de la Croix et le Jésus glorieux de Pâques. À suivre mes parents, j’ai appris à prier pour l’Église et à travailler aux œuvres paroissiales.

Je n’ai pas toujours pratiqué notre belle religion. D’ailleurs, c’est à l’adolescence que j’ai cessé d’assister à la messe, lorsque les guitares et les tambours ont remplacé les orgues et les beaux cantiques. Dans ma révolte intérieure et extérieure, il faut bien l’avouer, j’ai cessé de fréquenter l’église devenue pour moi vide de sens et pleine de bruits: la pratique religieuse était devenue pour moi un fardeau dont je me suis vite défait. Ces années ont été difficiles pour mes parents qui me voyaient m’égarer, tant au point de vue humain qu'au point de vue religieux, et difficiles pour moi aussi.

Je savais que Jésus était venu pour les malades. Je savais que j’étais de ceux-là, et je l’attendais. Heureusement, à l’âge de 24 ans, j’ai «rencontré» l’Armée de Marie et peu à peu ma foi est revenue. Aujourd’hui, à 43 ans, je sais très bien que j’ai encore beaucoup de chemin à faire. Toutefois, ce qui est important c’est que je crois que la grâce actuelle est là pour me soutenir. Je peux compter sur le sacrement de Pénitence, la communion quotidienne et la prière pour me relever chaque fois que je tombe.

Comment ne pas croire aux bons fruits de l’Armée de Marie, alors qu’on m’y a appris à aimer l’Eucharistie, Marie et le Pape? Je prie pour les prêtres, pour la conversion des pécheurs, pour les vocations, pour les âmes du purgatoire, pour ma famille. J’offre les honoraires d’une messe pour les défunts, pour les malades et pour les vivants. Je participe à la messe aussi souvent que possible et que mon devoir d’état me le permet. Je récite mon chapelet tous les jours, mon rosaire souvent.

Quand je parle à Dieu, je m’adresse à mon Père et je lui parle comme je parle à mon père de la terre. Quand je parle à Jésus, je m’adresse à mon frère et je lui parle comme je parle à mes frères et sœurs de la terre. Quand je parle à Marie, je m’adresse à ma mère et je lui parle comme je parle à ma mère de la terre.

Quand je vais à Spiri-Maria, je prie, je médite, je contemple et j’adore tout le temps que je désire en toute quiétude. Pourquoi me demandez-vous de ne plus y aller?

Quand je veux aller à l’église paroissiale, les portes sont barrées. Si je me rends plus tôt à la messe dominicale, il y a tellement de bruit! Comment alors parler en tête-à-tête avec Jésus?

Vous refusez que nos Fils de Marie célèbrent la messe dans nos églises? Ils doivent célébrer à Spiri-Maria ou dans des salles. Nos messes dominicales sont coupées les unes après les autres, faute de prêtres. Où est le bon sens?

Pourquoi tant en vouloir à l’Armée de Marie? Vous permettez que la population en général nous qualifie de secte, alors que vous savez très bien, au contraire, que c’est la relève de demain.

Vous en voulez à Marie-Paule que vous ne connaissez que par de tierces personnes mal intentionnées. Pourquoi ne pas prier et aller la rencontrer? Vous seriez étonnés et changeriez vite d’avis à son sujet.

J’ai une dernière pensée à vous livrer. Vous savez que les chevaliers de Marie portent la médaille miraculeuse. Depuis presque 20 ans, je la portais sous mes vêtements. Depuis votre Note doctrinale, je suis à l’aise de la porter sur mes vêtements, demandant à Marie de m’aider à devenir une sainte, une grande sainte même.

Si vous saviez, Messeigneurs, combien j’ai hâte que vous voyiez clair et répariez. Oui, j’ai hâte, car, alors, nous ne nous souviendrons plus de cette blessure que vous nous infligez et nous serons heureux de prier ensemble pour la plus grande gloire de Dieu.

Danielle Lebeau
104, rue Démontigny
Hull (Québec) J8Y 4M3


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