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Je ne comprends pas le bien-fondé de cette peur des Évêques canadiens

Dans leur Note doctrinale du 15 août 2001 condamnant l’Armée de Marie, les Évêques canadiens s’inquiètent de «dangers pour l’Église» et «pour la foi des fidèles» à cause des «activités» et des «enseignements» de cette Œuvre providentielle pour notre époque.

Qu’en est-il en réalité? Existerait-il un réel motif justifiant cette peur? Vérifions cela.

Membre de l’Armée de Marie depuis 1980, j’ai 42 ans, dont 21 ans (soit la moitié de ma vie) passés au sein de cette Œuvre. J’avais accepté, en mai 1980, de participer à une cérémonie de l’Armée de Marie pour «voir». Je ne l’ai jamais regretté. Après une enfance très catholique – solides bases morales, catéchétiques et doctrinales –, ma foi était devenue bien tiède et le respect des commandements de Dieu n’était plus mon principal souci. Je fus alors saisi par Notre-Dame: lecture de la Bible dans les larmes, retour aux sacrements, ouverture du cœur vers les plus pauvres, visites régulières dans les hospices aux personnes âgées et aux cancéreux. La jeune fille que j’ai rencontrée dans l’Armée de Marie, devenue mon épouse en 1985, fut touchée au cœur et convertie par Notre-Dame de Fatima, passant d’une vie sans foi, ni prière, ni sacrements à la religion catholique intensément vécue. Père de deux enfants, je puis témoigner au nom de ma petite famille, après avoir participé à plusieurs pèlerinages internationaux de l’Armée de Marie et à de nombreuses cérémonies eucharistiques et mariales au fil des ans. Joie et détente d’une part, mais aussi l’immense bonté et la grande disponibilité de la Fondatrice, Mère Paul-Marie, exemple suivi par ses proches collaborateurs, tant religieux que laïcs. Une approche extérieure de l’Armée de Marie révèle donc le caractère bienfaisant de ses activités «publiques» accessibles à tous.

Des «enseignements dangereux»? La lecture des volumes de Vie d’Amour – oeuvre de Dieu à travers la vie de Marie-Paule – aurait pu constituer une pierre d’achoppement. Des études scientifiques m’avaient façonné un esprit logique critique et curieux aimant rechercher la cause invisible pour expliquer les réalités visibles. Or, je lus la série complète de Vie d’Amour en 13 jours (1), sans aucune objection ou malaise. Pétris de l’enseignement du Magistère de l’Église, des pères et docteurs de l’Église, ces écrits révèlent une grande authenticité ainsi qu’une remarquable cohérence interne. Ils renferment de plus un mystère qu’il serait tout autant ridicule de nier que de vouloir résoudre séance tenante; sauf si on refuse au Bon Dieu le «droit» de s’exprimer à travers un être choisi et purifié par d’immenses souffrances pour le bien d’une multitude d’âmes. Les éléments nécessaires à la contemplation de ce mystère sont déjà contenus dans ces volumes. Des ouvrages de réflexion se proposent de les relier, dans l’orientation non pas d’abolir, mais plutôt d’accomplir certains aspects de la Révélation divine concernant notre Temps.

Quant aux véritables enseignements de l’Armée de Marie, ce sont ceux de l’Église catholique romaine, à commencer par le tout dernier Catéchisme.

La foi des fidèles serait-elle menacée? Ces bons et beaux exemples nous invitent au fil des ans à mettre en pratique ce que nous avons reçu afin de mieux vivre ensemble, selon le mot de notre Saint-Père le Pape Jean-Paul II, dès cette vie.

Dans la fidélité au programme de la réforme intérieure personnelle, nous nous efforçons de pardonner à nos ennemis, de corriger nos défauts, d’accepter les circonstances imprévues qui brisent notre volonté, d’être instruments de paix, de cultiver autour de nous, dans notre famille, la confiance et le respect. Tout ceci m’a toujours paru très conforme à l’Évangile. Alors, encore une fois, où est le danger?

Je ne comprends pas le bien-fondé de cette peur des évêques canadiens qui, pour notre «bien», tentent de communiquer leur frayeur à d’autres membres de l’Église. Sans nous arrêter aux condamnateurs de mauvaise foi, nous rappelons à tout homme de bonne volonté les paroles de Jésus et de notre Pape Jean-Paul II: «Venez et voyez, n’ayez pas peur!»

Jean Pierdet et famille
Ansauvillers, France

(1) Voici la précision demandée. Ce n’est pas une erreur de frappe... J’ai vraiment lu la série de Vie d’Amour en 13 jours. C’était au mois de septembre 1980. J’étais célibataire, en situation privilégiée, question temps et disponibilité, habitant chez ma mère Monique Coutil. Une âme charitable nous avait procuré, de ses deniers, tous les volumes. En première année de médecine, à l’époque, les cours débutaient en octobre. Le mois de septembre était donc libre, mois de «vacances», et j’ai pu lire «jour et nuit», comme bercé par la lecture. Je me rappelle fort bien cette sensation très particulière.


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