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Les Évêques sont-ils au-dessus du Droit?

25 août 2001

Il y a près de deux ans que mon épouse et moi vivons "dans le rayonnement" de Spiri-Maria, ayant déménagé dans la région pour nous mettre au service de ce Centre où nous sommes heureux de pouvoir participer à la messe quotidienne sans craindre d’entendre les prêtres parler contre le Saint-Père – ni contre toute autre Autorité de l’Église, d’ailleurs –, et sans craindre d’entendre des propos contraires à notre foi catholique.

Ceci n’était malheureusement pas le cas dans la région où nous habitions auparavant: nous avions cessé d’aller à la messe à l’église paroissiale parce que le Curé tenait parfois des propos désobligeants envers le Pape Jean-Paul II, et nous nous estimions chanceux d’avoir trouvé une autre église, dans un village voisin, où la liturgie et les homélies respectaient la saine tradition de l’Église catholique.

Voici maintenant que les Évêques canadiens exhortent les catholiques à ne plus participer aux activités de l’Armée de Marie, "aux rencontres de prière et aux célébrations liturgiques, spécialement celles qui ont lieu au Centre Spiri-Maria, au Québec"...

Toutefois, une telle condamnation est loin d’emporter notre adhésion, étant donné que nous savons qu’au Québec coexistent deux Églises: une Église populaire (qui semble avoir gagné la majorité des catholiques, prêtres, religieux et religieuses, et même Évêques) et une Église qui se veut fidèle à Rome. C’est celle-ci que nous avons choisie et que nous retrouvons en toute sa pureté au Centre eucharistique et marial Spiri-Maria.

Le 15 août 2001 au soir, après avoir banni l’Armée de Marie de l’Église catholique, l’Assemblée des Évêques du Québec entrait en congrès auquel elle avait convié des représentants du monde religieux: c’est ce que nous apprenions dans l’édition du 16 août du quotidien Le Soleil, qui présentait en page A-9 un article de Jean Martel intitulé "L’Église catholique descend dans la rue" (et ironie du sort, sur la page opposée, A-8, paraissait l’article "Mise en garde contre l’Armée de Marie", dans lequel le même journaliste présentait la Note doctrinale sur cette Oeuvre). On pouvait lire, dans l’article de la page A-9:

"Ce matin, l’Église catholique québécoise est dans la rue. En effet, quelque 650 évêques, prêtres, diacres et agents de pastorale, venant des quatre coins de la province, sont dans le Vieux-Québec pour écouter le monde. (...) Cette rencontre veut marquer d’un large trait le point de départ d’un nouveau siècle d’évangélisation en terre d’Amérique. Elle vise à rassembler ceux qui ont le défi d’annoncer l’Évangile en ce début de siècle.

"Organisée par l’Assemblée des évêques du Québec, cette rencontre a commencé, hier soir, à l’Université Laval. (...) Le congrès n’a pas pour but d’en arriver à un plan d’action, mais de discerner les appels complexes, séculiers et religieux, d’aujourd’hui et de savoir comment les chrétiens peuvent y répondre."

N’est-ce pas un non-sens, de la part des Évêques québécois, de montrer la porte à des milliers de catholiques de l’Armée de Marie qu’ils refusent d’écouter, et de descendre dans la rue pour écouter Monsieur et Madame Tout le Monde?

Les Évêques prétendent vouloir annoncer l’Évangile quand ils font fi de la justice et de la charité envers les catholiques de l’Armée de Marie. Depuis quand est-il juste de condamner sans entendre les accusés? Une telle procédure dans le civil serait immédiatement disqualifiée. Est-elle plus acceptable dans le domaine religieux?

Enfin, les Évêques souhaitent "discerner les appels complexes" de notre monde... Mais d’où vient le discernement s’il vise à préconiser des réformes catégoriquement refusées par l’Église de Rome, telles l’ordination des femmes et le mariage des prêtres?

Au Québec, ceux qui essaient de construire une nouvelle Église plus conforme à leurs goûts et au goût du monde ne réussiront jamais qu’à détruire sans édifier quoi que ce soit; mais, dans leur aveuglement, les démolisseurs se rendent-ils compte de leur funeste rôle?

On peut lire dans La nouvelle encyclopédie catholique théo (Droguet & Ardant - Fayard, 1989):

"Primauté de la conscience sur toute loi... Obéir n’est donc pas en soi un mal, ni quelque chose d’avilissant. Sauf si obéir est une manière de ne pas réfléchir, de ne pas tenir compte de l’autre, ce qui devient le contraire même de l’enseignement premier du Christ. Quant à lui, en effet, c’est par amour, par respect qu’il s’est fait obéissant. Sans amour, le respect de la loi devient pharisaïsme. C’est pourquoi l’Église reconnaît toujours la primauté de la conscience sur toute Loi, car seule la conscience peut trouver les chemins du respect et de l’amour" (pp. 548-549).

Quant à nous, notre conscience nous dicte de ne pas obtempérer à l’exhortation des Évêques canadiens à quitter l’Armée de Marie. Nous croyons que Dieu et l’Immaculée agissent dans cette Oeuvre et par cette Oeuvre pour régénérer l’humanité et même l’Église dans laquelle ont pénétré les fumées de Satan, ainsi que l’avait reconnu le Pape Paul VI.

Michel Raynauld
Ste-Rose-de-Watford


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