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LA «VOIE DE DIEU» POUR MOI
Québec, 18 août 2001
Objet: Réponse au nouveau désaveu de l'Armée de Marie de la part de l'Église
À qui de droit,
Je suis un religieux Fils de Marie, ordonné prêtre il y aura bientôt 12 ans. L'Armée de Marie fait de nouveau l'objet d'un désaveu de la part de l'Église. À la suite de la Note doctrinale publiée le 15 août dernier, Note qualifiée de «condamnation doctrinale» de la part des médias, je sens le devoir d'apporter mon humble témoignage.
C'est pour moi un devoir de reconnaître que ma vocation au sacerdoce a été protégée à l'intérieur de ce mouvement qu'est l'Armée de Marie. Je commençais à ressentir l'appel avant de connaître ce mouvement, mais si je n'avais pas rencontré l'Armée de Marie, serais-je devenu prêtre? Ou le serais-je demeuré? Car j'ai une dette immense envers l'Armée de Marie. C'est dans ce mouvement que j'ai appris, entre autres choses, à rechercher la volonté de Dieu, à approfondir la vie de prière, à aimer l'Église, à voir les besoins de celle-ci, etc.
Aujourd'hui, l'Église ne veut plus reconnaître la catholicité de l'Armée de Marie. Je n'ai pas du tout conscience de vivre dans l'hérésie, car nous, les membres de l'Armée de Marie, n'avons rejeté aucun des dogmes de la religion catholique. Au contraire, nous n'avons jamais cessé de croire à ces dogmes, et pour nous, les prêtres, de les enseigner avec ferme conviction.
Pour moi, l'Armée de Marie est une oeuvre de lumière. L'Armée de Marie, c'est la transparence: même les facettes moins heureuses de l'Oeuvre ne sont pas cachées aux membres. Le soir du 15 août, nous n'avons pas caché à nos membres la teneur de la Note doctrinale publiée le jour même. Le journal Le Royaume demeure le seul organe qui nous permette de transmettre la vérité à nos membres, même si cette vérité apporte parfois son poids de souffrances et de sacrifices.
Aujourd'hui, l'Église nous frappe. Mais je continue à aimer la main de celle qui nous frappe, car j'ai reçu de l'Église la vie de la grâce et l'espérance du salut. Je dois avouer que c'est notre fondatrice qui nous a toujours encouragés à continuer à aimer cette Église.
De par le passé, plusieurs autorités dans l'Église nous ont invités, nous les Fils de Marie, à nous dissocier de l'Armée de Marie et de sa fondatrice, soit d'une manière, soit d'une autre. Je m'attends, pour mon compte, à ce qu'on nous demande explicitement, à chacun des Fils de Marie prêtres, de nous dissocier de Mme Marie-Paule Giguère et du mouvement qu'elle a fondé, si nous voulons demeurer pleinement catholiques. Je réponds à l'avance que je ne peux pas me dissocier, sachant que je prends un risque aux yeux de certains. J'aime mon sacerdoce, mais je ne puis faire passer mon sacerdoce avant l'amour de la vérité et le respect de ma conscience. Je ne me considère pas du tout comme une victime, et encore moins comme un saint. Je désire seulement qu'on respecte mon choix de suivre ce que je considère humblement comme la «voie de Dieu» pour moi.
Père Denis Thivierge, o.ff.m.
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