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Réponse à Mme Anne McGinn Cillis, journal «Ottawa Citizen»

Le 28 septembre 2001

Garder les vrais mystiques en dehors des débats de l’Armée de Marie

Madame Anne McGinn Cillis, dans l’édition d’«Ottawa Citizen» du 26 septembre, s’insurge contre le fait de comparer la vie de Marie-Paule avec la vie du bienheureux Padre Pio.

Madame McGinn Cillis a raison et tort à la fois. Elle a raison, car toute vie est différente et difficile à comparer. Chaque mission est unique. Chaque saint(e), chaque mystique et chaque prophète ont leur spécificité et leur identité qui ne peuvent souffrir aucun amalgame. Les instruments divins, comme tout chrétien, expriment chacun à sa manière originale la richesse et la diversité du Seigneur. Dieu n’est jamais à court de modèles ou de charismes.

Elle a tort, car il est toujours possible de comparer et de scruter les analogies et les similitudes entre la vie des saints et des chrétiens. Pourquoi y aurait-il scandale et sacrilège en l’opération? C’est plutôt une source de stimulant et de courage. Saint Maximilien Kolbe ne nous invite-t-il pas «à immaculiser l’univers»? Saint Louis-Marie de Montfort a des pages sublimes où il invite les chrétiens à être «des copies vivantes de l’Immaculée». Si Kolbe et Montfort n’hésitent pas à comparer les saints des derniers temps à Marie elle-même, alors qu’y a-t-il d’inconvenant de comparer certains aspects de la vie de Marie-Paule à d’autres aspects de la vie du bienheureux Padre Pio? À tout le moins, je crois bien qu’il est souhaitable et convenable de vérifier en parallèle le haut niveau de persécutions et de condamnations des deux personnages et de leur Oeuvre respective, soit l’Armée de Marie et les Groupes de Prière. L’analyse même succincte corrobore le fait de similitudes frappantes quant aux accusations de schisme, d’hérésie, de sectarisme à l’encontre de ces deux Oeuvres et de leur fondateur, similitudes frappantes quant aux origines épiscopales et sacerdotales des coups et des condamnations répétées.

Ennemond Boniface, converti et fils spirituel de Padre Pio, que j’ai connu en France, a écrit trois volumes Padre Pio de Pietrelcina, Vie, Oeuvres, Passion, Table Ronde, 1966. Aux pages 294 et 295 du premier tome, il relate l’inexpiable injustice envers Padre Pio qu’il est facile de mettre en comparaison avec Marie-Paule et l’Armée de Marie. Je cite:

«Après les plus hauts patronages, des encouragements très précieux et, l’expérience faite, tous ces témoignages de qualité, on a peine à croire que les Groupes de prière aient pu être présentés au pape Jean XXIII comme des entreprises néfastes, devant entraîner la condamnation de leur promoteur, le P. Pio.

«Tel est bien cependant le cas. Les principales accusations portées par Mgr Bortignon, au sujet des Groupes de prière, ont été les suivantes:

«“1. Par ses Groupes de prière, le P. Pio pousse les fidèles à la rébellion contre l’autorité ecclésiastique.

«“2. Les Groupes de prière sont donc des centres de désobéissance et représentent un réel danger de schisme dans l’Église.

«“3. Les Groupes de prière sont un moyen, une sorte de longa manus pour ramasser de l’argent.

«“4. Les Groupes de prière constituent un culte du P. Pio. C’est une superstition qui, par eux, se répand dans l’Église, et qui tend à opposer P. Pio aux évêques. Par eux se forme une église charismatique, qui se substitue à la Hiérarchie et réalise une véritable hérésie.

«“5. Les Groupes de prière sont des foyers de fanatisme, d’erreur et d’immoralité, suscités et encouragés par P. Pio.

«“6. P. Pio est donc un rebelle et un schismatique, dangereux pour la foi.”

«Pour si absurdes qu’aient pu être de telles accusations, véritablement incroyables, telle est bien cependant la manière dont Mgr Bortignon a fait présenter à Jean XXIII, par son ami Mgr Loris Capovilla, ces Groupes de prière, que Pie XII avait approuvés, aimés, encouragés et bénis.»

Le ton de la lettre de Madame Anne McGinn Cillis est acerbe et accusateur. Elle se réclame de «l’Institut Padre Pio». Cependant, j’imagine mal son Père spirituel Padre Pio utiliser les mêmes méthodes de jugement et d’analyse. Le procédé et le style sont les mêmes que les autorités ecclésiastiques ont employé à l’égard de Padre Pio et de ses Groupes de Prière.

Elle parle de l’Armée de Marie comme d’une «secte condamnée». Pour fonder une secte, il faut à la base un fondateur doué: un tribun, un orateur capable de subjuguer et de convaincre. Marie-Paule n’a aucune de ces caractéristiques; sa force n’est pas de persuader et de commander, sa force est dans les indications prophétiques reçues et qu’elle transmet fidèlement devenant ainsi le sceau divin dans leur réalisation, sa force d’amour est dans la prière et la souffrance acceptées révélant les fruits de la grâce.

Dans l’Armée de Marie, tout est transparent, au grand jour, alors que dans les sectes, l’accent est mis sur le secret.

Madame McGinn Cillis accuse Marie-Paule de fréquenter les Centres d’achats pour signer des autographes. Il n’y a rien de plus saugrenu que cette affirmation. Marie-Paule ne magasine jamais, ni ne va dans les Centres d’achats. Marie-Paule n’a jamais signé d’autographe de quelque manière, ni de ses volumes. Elle a toujours refusé de signer des autographes, considérant que l’Oeuvre de Vie d’Amour n’était pas la sienne, mais l’Oeuvre de Dieu dont elle n’était que l’instrument. Marie-Paule a toujours vécu pauvrement, ne gardant rien pour elle, donnant tout ce qu’elle recevait. Marie-Paule a écrit Vie d’Amour en obéissance stricte à son directeur spirituel.

Madame McGinn Cillis dit que les vrais prophètes sont «demeurés cachés jusqu’après leur mort». Par définition théologique, les prophètes ont plutôt une vie publique très forte, car ils ont à prévenir le peuple ou l’humanité de se convertir et d’aller vers Dieu. Rares sont les prophètes qui ont une vie cachée. Elle veut probablement parler de certaines âmes mystiques qui ont une vie cachée, mais pas toutes. Sainte Catherine de Sienne, sainte Brigitte de Suède, sainte Jeanne d’Arc et tant d’autres ont eu une vie publique extraordinaire. Dieu n’a pas un modèle de statue identique pour tous ses saints et ses saintes. Il sait former ses modèles particuliers adaptés aux missions qui leur sont confiées. Même Padre Pio eut une vie publique par son renom de confesseur au charisme déconcertant amenant les pécheurs du monde entier à sa porte et à sa messe, par son hôpital «Maison du Soulagement de la Souffrance», par ses Groupes de Prière disséminés partout dans le monde.

Comme pour ces saints et comme pour Marie-Paule, mener une vie publique pour les besoins de leur mission ne signifie aucunement exercer une vie sociale qui est réduite au minimum. Ainsi, Marie-Paule ne participe plus aux grandes rencontres et messes publiques de l’Oeuvre depuis le 13 mai 2000. Elle mène une vie de contemplation et de prière intense dans l’ombre, ne recevant que les personnes directement liées à la direction de l’Oeuvre.

Madame McGinn Cillis affirme sans ambages que «les membres de l’Armée de Marie se font toujours une règle de vous dire que "Marie-Paule" est la "réincarnation de la Vierge Marie". À l’instar des Romains qui accusaient les premiers chrétiens de manger la chair de leurs enfants lors de leur rassemblement de prière - l’Eucharistie -, on accuse avec abondance Marie-Paule de se prendre pour la Sainte Vierge et aux membres de le croire. C’est complètement stupide. Il s’agit d’un autre mystère qui n’est pas objet de foi ni de doctrine. Ce serait un mystère formidable de présence de Dieu parmi nous par une médiation humaine. Nulle part, il est écrit que Marie-Paule est la réincarnation de la Vierge Marie, sinon dans les interprétations des adversaires qui ne se gênent pas pour tout mélanger. Voici l’extrait de Vie d’Amour I, pages 326, 328, où le Seigneur Lui-même aurait parlé de ce mystère: «Vois! ta vie s’identifie à celle de Ma Mère (...). Tout cela, Mon enfant, pour démontrer qu’il y a eu Trinité et prouver, encore une fois, qu’il y a réincarnation.»

La Bible est parsemée de phrases difficiles pour qui s’y arrête le moindrement et qui font l’objet incessant d’interprétations opposées de la part des exégètes et des théologiens de l’Église. Les spécialistes affirment que les niveaux de compréhension diffèrent selon que l’on aborde un texte soit sous l’angle doctrinal et moral, soit sous l’angle spirituel et mystique, soit sous l’angle canonique et juridique ou sous l’angle pastoral et ecclésial.

Le succès de l’Armée de Marie n’est pas dû à un chef humain hors commun, mais aux interventions de Dieu dans la vie de la Fondatrice qui s’exercent en plusieurs charismes dont le déroulement est en partie prouvé et documenté: bilocation, extase, oeil de l’âme, paroles substantielles, paroles divines, images, présence, jet de lumière, ravissement. Attention au sort que nous réservons à Marie-Paule et à ses Oeuvres, car l’histoire nous rattrape toujours en niant les jugements hâtifs précédents.

Il me vient parfois à l’idée le scénario suivant: Avec le recul de l’histoire, il est relativement facile pour nous de croire que le Juif Jésus est vraiment le Fils de Dieu, Dieu lui-même. Maintenant, si nous avions plutôt vécu il y a deux mille ans, au temps de Jésus, combien de nos chrétiens actuels auraient cru et défendu d’emblée la mission de Jésus sans chercher à tout comprendre, alors qu’on sait fort bien que très peu Le suivirent jusqu’au bout? Enfin, j’ose suggérer que les mêmes personnages, si bons et si soucieux de la doctrine soient-ils comme le Sanhédrin, qui refusent carrément toute possibilité que l’Armée de Marie et sa Fondatrice soient de Dieu, j’ose suggérer que ces mêmes personnages auraient été parmi les premiers de ceux qui ont réclamé la condamnation et la mort de Jésus.

Ou Marie-Paule est du Diable ou Marie-Paule est de Dieu? De deux choses l’une. Signifier que Marie-Paule serait du Diable, ce serait se contredire, car les fruits de l’arbre sont lumière et fidélité. La puissance surnaturelle qui se dégage sous les pas de Marie-Paule est sûrement d’origine divine puisque, humainement, il serait impensable de produire un tel ordre de renouveau spirituel avec des assises aussi solides et, en prime, autant de persécutions.

Marcel Larouche, ptre-curé
Alexandria, Ontario


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