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Le 14 novembre 2001

Lettre ouverte à M. le Curé Michel Fournier
Paroisse Bx-François-de-Laval
1895 ch. de la Canardière
Québec G1J 2E5

Nous vivons un avant-goût du Royaume...

Monsieur le Curé,

Je vous remercie pour votre lettre du 9 novembre dernier qui me permet, en même temps que ma réponse, de vous donner mes impressions concernant vos propos lors du reportage sur l’Armée de Marie à TQS Québec, les 12 et 13 novembre.

“Que tous soient un”

Dans la première partie de votre lettre, vous rappelez les désirs d’unité du Christ, qu’Il exprimait ainsi à Ses disciples: “Il y aura un seul troupeau et un seul pasteur”, “Père saint,... qu’ils soient un, comme nous-mêmes”, et vous concluez avec justesse que “le lien de la communion n’est pas un accessoire quelconque; il est une composante essentielle”.

Là où je ne vous suis plus, c’est lorsque vous déclarez que ce désir d’unité de Jésus nous permet de “mieux mesurer la pertinence de la Note doctrinale du 15 août concernant l’Armée de Marie”... Les Évêques canadiens qui ont approuvé la Note doctrinale auraient donc travaillé à l’unité, malgré le fait que ce document est à maints égards non conforme à la vérité et aux normes canoniques? Jésus aimait trop la vérité pour la mépriser au profit de l’unité... La vérité est première, autour d’elle se rassemble-t-on ensuite pour former l’unité.

Vous affirmez que “les questions disciplinaires relatives à l’Armée de Marie ont été longuement entendues et le plus haut tribunal de l’Église, le Tribunal suprême de la Signature apostolique, a rendu sa décision. L’Armée de Marie a eu la possibilité de s’y exprimer et elle a utilisé cette possibilité”, et vous ajoutez: “Comme pour toute décision d’un tribunal de dernière instance, il peut arriver pour certains qu’il soit plus difficile d’y adhérer pleinement... La solution, dans un tel cas, réside dans la prière avec toute l’Église et non pas dans d’autres voies sans issue.”

En mentionnant “les questions disciplinaires relatives à l’Armée de Marie qui ont été longuement entendues”, j’imagine que vous parlez de la soumission de l’Armée de Marie à l’Autorité religieuse. Il est vrai que Marie-Paule et quelques-uns de ses collaborateurs ont pu s’exprimer auprès du Cardinal Maurice Roy, ensuite à quelques reprises auprès du Cardinal Vachon. Ils ont aussi rencontré les membres du Comité d’enquête formé par le Cardinal Vachon après que, sans les avoir interrogés, ce comité eut déposé son rapport: le comité les a convoqués en décembre 1985 pour leur lire ce rapport, indiquant que son travail était terminé... Il est clair que ce comité n’avait pas respecté les règles pour mener une enquête honnête; mais par la suite, les Autorités religieuses ont agi encore plus illégalement:

- l’Armée de Marie n’a pu se faire entendre concernant le motif sur lequel le Cardinal Vachon, Archevêque de Québec, a basé son décret du 4 mai 1987 lui enlevant son statut d’association pieuse: la consultation des documents entourant ce décret nous permet de constater que les normes canoniques n’ont pas été respectées;

- sur le conseil d’Autorités romaines, l’Armée de Marie a porté en appel ce décret du Cardinal Vachon; les procédures l’ont conduite jusqu’au Tribunal suprême de la Signature apostolique (dans ce genre de cause, uniquement les avocats des parties sont entendus par la Cour); lorsque ce tribunal a rejeté son appel en 1991, l’Armée de Marie s’est soumise à cette décision, continuant son apostolat en conformité avec les lois canoniques et l’enseignement de l’Église (comme elle le faisait avant que le Cardinal Roy lui accorde un statut canonique en 1975);

- le 15 août 2001, la CECC publiait la Note doctrinale visant à bannir l’Armée de Marie de l’Église catholique, sans jamais entendre la Fondatrice de l’Armée de Marie ou d’autres dirigeants de l’Oeuvre, ce qui est contraire aux normes canoniques.

Il semble bien que certaines Autorités de l’Église catholique n’ont pas respecté les normes disciplinaires (les règles) qui auraient dû baliser leur action! Peuvent-elles impunément passer outre au Code de Droit canonique? En tout cas, on peut difficilement affirmer qu’en méprisant le Code qui régit l’Église catholique, ces Autorités ont contribué à l’unité de l’Église!

“Devons-nous en attendre un autre?”

En deuxième partie de votre lettre, vous affirmez: “Après le Seigneur Jésus, il n’y a pas à en attendre un autre qui nous révèle de nouveaux mystères du Royaume... La Rédemption du monde est accomplie, une fois pour toutes, au prix du sang le plus précieux, celui du Fils de Dieu fait homme. En Jésus, les secrets de Dieu sont révélés...”

Jésus avait pourtant affirmé que l’Esprit de Vérité continuerait à enseigner Ses disciples, car ils ne pouvaient pas alors porter tout ce qu’Il avait à leur dire. Il y a une seule Rédemption, mais ne pourrait-il y avoir une Co-Rédemption, une nouvelle intervention de l’Immaculée dans l’histoire, comme semblent l’indiquer certains textes bibliques (particulièrement la Genèse et l’Apocalypse)? Une Co-Rédemption “à l’image” de la Rédemption, comme l’homme est “à l’image” de Dieu: l’homme n’est pas l’égal de Dieu, l’Immaculée Co-Rédemptrice n’est pas l’égale du Rédempteur, mais l’homme et la Co-Rédemptrice ont été élevés à une dignité inouïe...

Jésus déclarait à Maria Valtorta, une mystique italienne dont les écrits ont été corroborés par un scientifique: “Aucune seconde Rédemption ne peut être accomplie par Moi, le Christ; mais il existe une autre intervention qui peut sauver des spires infernales un plus grand nombre d’esprits: celle de Marie Glorieuse. C’est en l’hommage à lui rendre que réside le secret de la dernière Rédemption (dictée du 23 oct. 1947). Et Jésus exposait ainsi à Maria Valtorta la mission de la Co-Rédemptrice: “Elle devint la Corédemptrice et par conséquent celle qui a racheté la terre (dictée du 3 déc. 1943).

Reportage sur l’Armée de Marie, TQS Québec, 12-13 novembre 2001

Dans ces reportages, on vous a identifié comme Curé de votre paroisse, mais aussi comme “porte-parole de l’évêché de Québec” et “spécialiste de l’Armée de Marie”...

Quel genre d’étude avez-vous fait de l’Armée de Marie pour en être considéré comme un spécialiste? (Il semble bien que l’Archevêché de Québec vous confère une autorité en la matière, vu votre analyse de la Note doctrinale sur l’Armée de Marie qui a paru dans la revue diocésaine Pastorale-Québec). Vous avez été nommé Curé de la paroisse Bienheureux-François-de-Laval, qui comprend la paroisse Saint-Pie-X (où est situé le Centre international de l’Armée de Marie, à Québec) et la paroisse voisine de Saint-Pascal.

Malheureusement, vous semblez répéter l’attitude des Autorités qui se sont penchées sur cette Oeuvre dans le but de lui infliger des sanctions: s’informer partout sauf à la source, donner la parole à ceux qui dénigrent et calomnient l’Armée de Marie, refuser de considérer les fruits qu’a produits cette Oeuvre dans et pour l’Église... C’est bien ce que le Père Victor Rizzi déclarait dans le reportage diffusé le 13 novembre: “Dans notre situation, ils n’ont pas eu vraiment le courage d’aller aux sources et de vérifier” les dires des uns et des autres afin de voir s’ils étaient conformes à la vérité...

Comment, en ce cas, votre analyse de la situation pourrait-elle être conforme à la réalité? Et de fait, vos propos lors des reportages des 12 et 13 novembre démontrent une méconnaissance de cette Oeuvre:

1. Le reportage du 12 novembre nous a déçus par la place prépondérante qu’il accordait au “sensationnalisme”, alors que l’Armée de Marie, ce n’est pas ça: “L’Armée de Marie, c’est la religion catholique intensément vécue”, peut-on dire en vérité. Si le Seigneur a gratifié sa Fondatrice de charismes nombreux, il faut toutefois en tenir compte aussi, mais en les situant dans leur juste perspective.

Donc, au cours du reportage du 12 novembre, il a longuement été question d’une prophétie transmise par Marie-Paule au début des années 1980, alors qu’elle avait vu le ciel de New York assombri par un immense écran de fumée s’échappant de hauts édifices de cette ville et qui s’étaient ensuite effondrés dans le sol. Et on a pu vous entendre déclarer à ce sujet: “Le sens de la prophétie dans l’Église, c’est pas ça. C’est pas d’annoncer l’événement qui va se produire le 11 septembre à 8h45 du matin.”

La prophétie, contrairement à la voyance, relève du domaine surnaturel et est le fruit d’une intervention de Dieu. Mgr Farges explique que l’Esprit Saint fait passer sous les yeux du voyant “des images ou des séries de tableaux reproduisant ou symbolisant la série des événements à venir, et laisse le voyant libre de les exprimer à son gré (...). Sans doute Dieu peut-il ajouter, aux lumières prophétiques de la vision, son assistance dans la rédaction” (cité par Éric Muraise dans Voyance et prophétisme, Éd. F. Lanore, 1990, p. 63-64).

C’est avec l’oeil de l’âme que Marie-Paule voit se dérouler les événements futurs; le Seigneur commente parfois l’image qu’Il lui fait voir, comme lorsque en 1958 Il lui a montré les deux successeurs du Pape Pie XII et qu’Il lui a dit du premier: “Celui qui succédera à Sa Sainteté Pie XII sera d’une extrême bonté et d’une très grande charité.” (Et en fait on appellera Jean XXIII “le bon Pape Jean”.)

La Nouvelle encyclopédie catholique Théo définit ainsi la prophétie: “l’acte théologique de celui qui parle-au-nom-de-Dieu, qui agit comme son porte-parole; cette parole est alors revêtue de l’autorité divine” (p. 536). Saint Paul nous a invités au discernement pour savoir reconnaître les charismes authentiques; mais afin de discerner, il faut examiner... et non balayer d’emblée du revers de la main.

Enfin, il faut ajouter que Marie-Paule n’a pas l’habitude d’annoncer aux membres les événements futurs qui lui sont “montrés” par le Ciel (d’ordinaire, elle prévient uniquement quelques proches collaborateurs afin qu’ils puissent plus tard confirmer l’intervention surnaturelle). Exceptionnellement elle a dévoilé la prophétie concernant la ville de New York lors d’une rencontre de l’Armée de Marie au sous-sol de l’église Notre-Dame-du-Rosaire à Montréal, peut-être parce que la “vision” qui lui avait été donnée quelques jours plus tôt concernant New York lui a été à nouveau montrée alors que, en route vers cette église, elle passait en voiture près d’un gratte-ciel montréalais et qu’il lui était indiqué que cet édifice subirait un jour le même sort que ceux de New York qu’elle avait vus s’effondrer dans le sol (ce dont elle a alors fait part aux personnes qui l’accompagnaient).

2. Voici votre deuxième intervention du reportage du 12 novembre (vous parlez bien sûr de l’Armée de Marie): “C’est des propos fallacieux, c’est des propos qui ne sont pas conformes à la vérité, c’est des propos qui peuvent berner certaines personnes, c’est des propos qui peuvent induire en erreur.” Pour comprendre à quoi vous faites allusion, il nous faut nous reporter à votre commentaire de la Note doctrinale sur l’Armée de Marie (publié dans Pastorale-Québec le 15 octobre 2001, après avoir paru en deux volets dans votre feuillet paroissial); vous y déclarez que “les enseignements de l’Armée de Marie (...) renferment des éléments fallacieux qui vont à l’encontre des textes sacrés et de la Tradition. Ces enseignements découlent de supposées révélations privées.”

Le développement théologique, comme le développement dogmatique, a donné lieu à de semblabes jugements sur des vérités aujourd’hui admises mais combattues à une certaine époque. Le dogme de l’Immaculée Conception, par exemple (pour rester dans le domaine marial), a été combattu par de grands théologiens avant d’être proclamé. Dans dix, vingt, trente ans, que penserons-nous de ceux qui actuellement combattent les lumières accordées par Dieu à tel de Ses Serviteurs ou Servantes, à tel de Ses prophètes? À moins de pouvoir prouver en quoi ce que vous appelez “les enseignements de l’Armée de Marie” “vont à l’encontre des textes sacrés et de la Tradition” (alors qu’ils nous semblent au contraire s’y appuyer), il vaudrait mieux observer la sagesse de Gamaliel afin de ne pas risquer de lutter contre l’Esprit Saint...

3. Dans le reportage du 13 novembre, vous affirmez: “Les sympathisants, les membres de l’Armée de Marie, les responsables sont placés, par la Note doctrinale des Évêques, devant une croisée des chemins. Il y a un choix à faire, on ne peut pas continuer à s’affirmer catholiques et professer la partie des enseignements de l’Armée de Marie qui lui sont propres, on peut pas le faire maintenant, c’est clair.”

Encore une fois, à moins de pouvoir démontrer en quoi “les enseignements de l’Armée de Marie qui lui sont propres” sont incompatibles avec la foi catholique, il est très grave de considérer comme non-catholiques des personnes qui professent chaque article du Credo (ce qui aujourd’hui n’est pas le propre de tous les théologiens catholiques), qui mènent une vie spirituelle en tous points conforme aux saines traditions de la religion catholique, qui s’efforcent de réaliser leur réforme intérieure afin de devenir de meilleurs chrétiens, selon l’esprit évangélique.

Car ce que vous appelez “les enseignements de l’Armée de Marie qui lui sont propres”, qui relèvent des écrits de Marie-Paule, notre Fondatrice, qui a été formée et guidée par le Ciel depuis qu’elle s’est offerte comme victime pour les âmes à l’âge de 12 ans, sont une source de bienfaits pour l’Église, de conversions nombreuses, d’édification. Mais comme tous les authentiques Serviteurs et Servantes de Dieu, Marie-Paule est combattue même par l’Église.

Les fils spirituels de Padre Pio ne l’ont pas abandonné parce qu’il avait subi cinq condamnations du Saint-Office; ils étaient convaincus de l’authenticité de ses charismes et je crois bien qu’ils ont été agréables à Dieu en reconnaissant les grandes choses que le Seigneur avait réalisées en l’humble moine de San Giovanni Rotondo, pourtant rejeté par l’Église.

Je crois que c’est honorer Dieu que de reconnaître les grandes choses qu’Il a réalisées en sa Servante Marie-Paule, malgré le traitement qu’elle reçoit de la part de l’Église canadienne, et de rester à ses côtés malgré la persécution.

4. Toujours le 13 novembre, on vous entendait déclarer au journaliste de TQS: La Note engage tous les Évêques de l’Église catholique au Canada qui dit que ce chemin-là n’est pas un bon chemin. Pour des prêtres, par exemple, ce serait complètement sans bon sens de s’orienter dans un chemin comme celui-là.”

Marie-Paule a répété aux religieux Fils et Filles de Marie, Pères, Frères et Soeurs, qu’ils étaient libres de partir, qu’elle continuerait à les aimer quand même comme une maman...

Dès sa fondation, la Communauté des Fils et Filles de Marie a rencontré force opposition de la part de certaines Autorités religieuses (comme il en est toujours, dans l’Église, des communautés religieuses naissantes). Le Cardinal Vachon a même avoué son intention de “tout détruire et faire disparaître ces futurs prêtres.

Il n’a pas été facile, spécialement pour les Fils de Marie, de cheminer au sein de cette Église qui les a traités de façon si cavalière, au service de laquelle ils se sont dépensés généreusement. Et dire que l’Église n’avait qu’à cueillir ces fruits qui lui étaient offerts sur un plateau d’argent: les 40 prêtres Fils de Marie ont eu une des meilleures formations possibles (ils ont tous étudié à l’Université pontificale Saint-Thomas-d’Aquin, à Rome), défrayée par les membres de l’Armée de Marie; ces jeunes ont vécu des expériences enrichissantes au coeur même de la chrétienté, plusieurs parlent trois langues ou plus; dans les paroisses où ils exercent leur ministère, on reconnaît leur piété, leur fidélité à l’enseignement de l’Église; ils sont disponibles pour les âmes qui désirent se confesser ou qui ont besoin d’assistance spirituelle. Ces prêtres Fils de Marie sont des fruits qu’on veut séparer de l’arbre qui les a produits. Ces prêtres ont dû faire preuve d’héroïsme pour maintenir leur don en dépit des obstacles dressés sur leur chemin.

La question est: qu’est-ce que Dieu attend d’eux maintenant? Non pas le successeur du Cardinal Vachon qui a voulu les supprimer, non pas la Conférence des Évêques catholiques du Canada qui veut les orienter on ne sait sur quel chemin, non pas même le Commissaire pontifical dont la mission auprès d’eux a jeté des zones d’ombre plutôt que de lumière... Car, pour les Fils de Marie comme pour l’Armée de Marie, l’Église s’est montrée bien injuste!

L’heure est critique pour l’Église et pour le monde. En temps normal, le chemin à prendre serait celui de l’obéissance à l’Autorité, malgré les injustices dont celle-ci se rend coupable. Marie-Paule, cependant, ne décide pas d’elle-même de la voie à prendre: le Ciel a toujours guidé l’Armée de Marie, prévenant la Fondatrice et lui donnant des ordres auxquels si souvent elle aurait préféré se soustraire! Et si elle refusait d’obéir à Dieu pour obéir aux hommes, le Plan de Dieu serait compromis.

Vous affirmez que l’Armée de Marie est à une croisée des chemins”. Vous ne sauriez mieux dire: ce qui se passe en notre temps n’est comparable qu’à ce qui se passait au temps où le Christ, pour sauver les âmes, devait passer outre aux exigences du Sanhédrin. Sur ordre de Dieu, Marie-Paule doit passer outre aux exigences de l’Église canadienne: l’Église entière le comprendra plus tard et lui en sera reconnaissante. Ce n’est pas pour rien que son dernier directeur spirituel, Mgr Emery Kabongo, l’a dégagée de l’obéissance aux Autorités lorsque celles-ci vont à l’encontre des ordres et indications qu’elle reçoit de Dieu.

5. Vous affirmiez ensuite: Attention, il y a là un danger pour la foi, il y a là un danger pour la communion, pour l’esprit de famille de l’Église.”

Comme on l’a vu, il semble bien que les fruits de l’Armée de Marie démontrent plutôt que cette Oeuvre est une chance pour l’Église; n’y voient du danger que ceux qui refusent de reconnaître à la Fondatrice une mission spéciale (dont l’authenticité est pourtant attestée par les fruits de l’Oeuvre).

Ceux qui pèchent contre la communion et l’esprit de famille de l’Église ne seraient-ils pas plutôt ceux qui tentent d’étouffer des Oeuvres authentiques? La communion et l’esprit de famille ne peuvent se fonder sur le mépris des personnes et des lois canoniques, sur le refus des Oeuvres de Dieu.

6. Enfin, voici vos derniers propos: La comparaison que je me suis fait et que j’ai rédigée déjà, c’est un groupe d’amis qui partent en voyage ensemble avec... un beau projet de voyage: on a du plaisir, on a de l’agrément, mais on voyage à bord d’un autobus qui n’est pas en bon état mécanique.”

C’est vrai qu’il y a, dans l’Armée de Marie, une communion et un esprit de famille qui rassemblent des gens de tout âge et de toute condition (l’esprit de famille est justement la caractéristique que Marie-Paule désire pour la Communauté et les Oeuvres qu’elle a fondées). C’est Marie qui nous rassemble dans Ses Oeuvres; aussi, malgré nos défauts, nos limites, nos misères, Elle nous aide à cheminer tous ensemble vers un même but.

L’autobus dans lequel nous voyageons a un triple moteur: l’Eucharistie, Marie et le Pape. Nous puisons notre force en la communion fréquente, en la prière; notre chemin est balisé par l’enseignement de l’Église catholique que nous livrent tant notre Fondatrice que nos prêtres. Nous vivons un avant-goût du Royaume... Si nous devions subir des avaries au long de la route, nous mettons notre confiance en Dieu dont la Providence n’abandonne jamais Ses enfants.

Nous savons - l’histoire de l’Église nous le démontre - que:

a) “Nul prophète n’est bien accueilli dans son pays”;

b) “Si une Oeuvre est authentique, il faut qu’elle soit persécutée, même par les bons” (saint Maximilien Kolbe);

c) les fondateurs, les authentiques mystiques sont la plupart du temps combattus par l’Église (même condamnés par elle) avant d’être reconnus;

d) les Communautés et les Oeuvres naissantes sont la plupart du temps combattues;

e) la calomnie, la contradiction s’attachent aux pas des Serviteurs et Servantes de Dieu;

f) Dieu est avec le persécuté;

g) si nous luttons pour la Vérité, si nous nous prononçons pour la Servante humiliée, nous travaillons à la gloire de Dieu (Jésus a déclaré: “Quiconque se prononcera pour moi devant les hommes, je me déclarerai pour lui devant mon Père”; et Jésus considère comme fait à Lui-même ce que nous faisons pour Ses Serviteurs);

h) si l’Armée de Marie et les Oeuvres qui en sont issues sont Oeuvres de Dieu (comme nous en sommes convaincus), nul ne parviendra à les détruire;

i) et Dieu récompensera ceux qui seront restés fidèles à ces Oeuvres et à leur Fondatrice malgré la controverse et la persécution.

En Marie Immaculée,

Sylvie Payeur-Raynauld


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