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Lettre ouverte à l'abbé Gérard Marier
Objet: Réaction à vos propos sur l'Armée de Marie
lors de l'émission télévisée "Une Église en Amour"Le 10 octobre 2001
Monsieur l'Abbé,
La présente veut répondre à vos propos sur l'Armée de Marie et sa Fondatrice, tenus lors de l'émission mentionnée ci-dessus, dans la semaine du 1er octobre, au canal Vox. Vos propos sont un exemple typique de la manière dont les faits relatifs à l'Armée de Marie et à sa Fondatrice, Marie-Paule, sont constamment faussés.
Vous êtes heureux de la Note doctrinale car, selon vos propres paroles, "c'était absolument insupportable" de voir que "ce mouvement [l'Armée de Marie] qui avait porté des fruits très beaux (...), mettait en valeur une femme, la Fondatrice"...
Si les fruits étaient beaux, comment donc l'arbre qui les avait produits aurait-il pu être pourri? Quelle contradiction entre la réalité que vous admettez et le jugement que vous portez tout de même sur cette femme!
Presque chaque phrase de votre intervention est contraire à la vérité:
1. À deux reprises vous déclarez que, par la Note doctrinale, les Évêques canadiens ont mis le "point final" à une "contestation" de l'Armée de Marie... Quelle contestation? L'Armée de Marie travaille de façon positive, c'est une Oeuvre de prière et d'apostolat. - À moins que vous considériez comme une "contestation" les mises au point faites par l'Armée de Marie dans son journal Le Royaume, depuis un an et demi, pour démontrer les graves erreurs contenues dans les documents préparatoires à la Note doctrinale de la Conférence des Évêques catholiques du Canada... Mais n'était-ce pas nécessaire de faire la lumière, la CECC n'ayant jamais donné à l'Armée de Marie l'occasion de présenter sa défense, contrairement au Droit de l'Église?
2. Vous écrivez qu'en 1987 l'Archevêque de Québec, Mgr Vachon, "condamnait l'Armée de Marie": le décret de Mgr Vachon n'était pas une condamnation de l'Armée de Marie, cette Oeuvre continuait d'exister en tant qu'association privée au sein de l'Église; d'ailleurs, le décret de Mgr Vachon était fondé sur deux livres d'un membre de l'Armée de Marie, non sur les écrits de la Fondatrice.
3. Lorsque vous déclarez que "l'Armée de Marie n'a pas accepté le jugement du Cardinal [Vachon]" en "portant la cause à Rome", vous passez sous silence un fait très important: si l'Armée de Marie a porté la cause à Rome, c'est à la demande de hautes Autorités vaticanes; et lorsque le Tribunal suprême de la Signature apostolique a rendu son jugement définitif en 1991 (et non en 1999, comme vous le mentionniez), rejetant l'appel de l'Armée de Marie, cette dernière a accepté le verdict; par la suite le Seigneur est intervenu auprès de Marie-Paule au sujet de la date de ce verdict et de sa signification très importante, car il fournissait une preuve supplémentaire de l'authenticité de la mission de la Fondatrice de l'Armée de Marie.
4. Vous donnez comme raison de la "condamnation" (sic), i.e. du décret de 1987 de Mgr Vachon, que "la Fondatrice se pensait, forte de révélations privées qu'elle avait reçues, être une espèce de réincarnation de, rien de moins, de Marie": lorsqu'en 1958 le Seigneur a déclaré à Marie-Paule que Sa Mère s'était "réincarnée" en elle, celle-ci n'a absolument pas compris le sens de ces paroles. Marie-Paule s'est toujours considérée comme un "zéro", elle n'a jamais cherché à se "mettre en valeur"; aujourd'hui, avec les lumières qui lui ont été données depuis 1958 et spécialement ces dernières années, elle a compris que "l'esprit de Marie" avait pris possession de son être, mais elle se considère toujours comme un bien pauvre instrument de Marie.
5. Vous citez deux exemples de "l'enseignement" de Marie-Paule, tournant en dérision deux supposés extraits de ses écrits:
a) Vous citez ces paroles qu'elle aurait dites: "J'ai eu une vision de Dieu le Père, Il est un peu obèse." Il est vrai que Marie-Paule a décrit une "forme blanche, un peu obèse" comme étant Dieu le Père (Vie d'Amour VIII, chap. 8). Mais d'abord, il faut préciser que le langage des mystiques étonne souvent car ils doivent, avec nos pauvres mots humains, décrire la réalité divine qui leur est montrée. Ainsi, par ces mots, c'est l'impression de puissance dégagée par le Père que Marie-Paule voulait décrire; mais les vrais mystiques acceptent les humiliations que leur causent les imprécisions de leur langage, car elles les gardent dans l'humilité (plus tard, ceux qui se sont moqués des vrais mystiques sont à leur tour humiliés d'avoir frappé d'authentiques serviteurs ou servantes de Dieu).
b) Comme deuxième extrait des écrits de Marie-Paule, vous lui attribuez ces paroles: "J'ai pas voulu donner le lait maternel à mes enfants de peur d'en faire des surhommes." La réalité est tout autre: c'est l'ange saint Michel qui, dans la nuit du 7 au 8 octobre 1976, donnait ordres et précisions à Marie-Paule, dont celle-ci: "Tu ne pouvais pas nourrir tes enfants, tu en aurais fait des surhommes, tellement était grande ta puissance spirituelle" (Vd'A XIII, chap. 28). Et Marie-Paule a compris alors "que l'allaitement maternel donne à l'enfant la nourriture qui le développe physiquement et spirituellement".
Votre manière d'analyser et de rapporter les écrits de Marie-Paule est typique de ceux qui cherchent à détruire cette personne et cette Oeuvre qu'ils n'ont jamais comprises.
6. Par deux fois, vous mentionnez que la Note doctrinale est "un coup très dur" pour les membres de l'Armée de Marie. Pour Marie-Paule - comme pour beaucoup de membres -, la Note doctrinale a été une cause de joie, car c'était la réalisation de ce que Dieu lui avait annoncé.
7. Vous citez saint Paul: "Satan peut se donner comme un ange de lumière" (1 Co, chap. 11), concluant comme saint Paul qu'il y a "parmi nous, tout près de nous", "des faussaires, des faux apôtres". Le Pape Paul VI a reconnu en 1972 que "la fumée de Satan, par quelque fissure", avait pénétré dans l'Église... Il nous faut donc être attentifs pour savoir reconnaître les véritables faussaires et faux apôtres.
8. Vous reprenez l'exhortation de la Note doctrinale à ne plus "participer à des rencontres de prière, à des publications, ou à autre chose du genre". Voyez-vous, une Autorité du Vatican a un jour déclaré à Marie-Paule: "Plus il y a de la lutte contre vous, plus c'est bon signe pour nous." Cette Autorité savait que les Oeuvres divines s'édifient dans la persécution, même de la part d'Autorités religieuses, comme on le constate d'ailleurs en lisant la biographie de grands mystiques et fondateurs qui ont marqué la vie de l'Église. Et est-ce à cause de la persécution que les membres doivent quitter le navire, alors qu'ils ont tant reçu de cette Oeuvre? Mais, quant à elle, Marie-Paule ne retient personne, ayant toujours laissé à chacun la plus grande liberté.
9. Vous qualifiez la Note doctrinale de "clarification". Je dirais plutôt que c'est une cause de confusion, car il est impossible, à sa lecture, d'avoir l'heure juste sur l'Armée de Marie et sur sa Fondatrice, tellement les faits y sont faussés.
10. Vous rappelez les paroles d'un de vos bons amis, "plein de jugement et de savoir théologique", qui vous disait: "Mais Jésus, quand Il est apparu, Il a fait aussi des vagues, on n'a pas cru tout de suite qu'Il était le Fils de Dieu." Et vous ajoutez que c'est là la preuve qu'"on peut se laisser prendre par le charisme d'un gourou, d'un soi-disant gourou". Je crois que votre ami avait en effet beaucoup de jugement; le Christ avait prévenu Ses disciples qu'ils seraient comme Lui persécutés... Comment alors s'y retrouver, discerner le prophète du gourou? Jésus nous l'a dit aussi: par les fruits:
11. Vous reconnaissez que l'Armée de Marie "avait porté des fruits très beaux", et que dans le même temps il vous était "absolument insupportable" que cette Oeuvre mette "en valeur une femme"...
Un prêtre qui avait beaucoup de réticences à l'endroit de Marie-Paule lui a un jour déclaré: "Que voulez-vous, c'est plus fort que moi: vous êtes une femme!" Pour beaucoup de prêtres, le fait qu'une femme ait été à la tête de l'Armée de Marie était un motif de suspicion et de rejet.
Cette attitude prévaut en certaines Congrégations romaines: le Père Marie-Michel Philipon, o.p., qui a été un des directeurs spirituels de Marie-Paule, lui a un jour raconté que "lors de sa dernière visite à Rome, la hiérarchie religieuse semblait favorable à des possibilités merveilleuses de fondation, présentées par un Religieux; elle avait par la suite révoqué son adhésion en apprenant qu'une femme était à la source de ces grâces charismatiques" (Vd'A VII, chap. 45, p. 227).
Quelle attitude étonnante, alors qu'en même temps on prétend vouloir faire de la place aux femmes dans l'Église!
12. Vous terminez en espérant que "ceux qui ont adhéré de bonne foi à la Légion [sic] de Marie prennent maintenant leurs distances, acceptent pleinement ce jugement très fondé de l'Église et entrent pour de bon dans une vraie dévotion à Marie, non pas qui met en évidence une personne qui s'appelle Marie-Paule Giguère, mais Marie Elle-même. Je souhaite que cela puisse se faire dans la douceur, dans l'accompagnement et dans la tendresse." Par ce qui précède, vous comprendrez que:
- nous ne jugeons pas fondé ce jugement de l'Église (pas plus que nous ne jugeons fondées les condamnations de l'Église à l'égard d'authentiques mystiques, telles les 5 condamnations du Saint-Office à l'endroit de Padre Pio, ni l'interdiction qu'on avait faite en Italie des Groupes de prière de Padre Pio);
- l'Armée de Marie étant basée sur une authentique dévotion à l'Eucharistie, à Marie et au Pape, alors que nous prions la Vierge Marie tout spécialement par le chapelet ou le rosaire quotidien, nous ne voyons pas en quoi notre dévotion mariale est déviée et répréhensible;
- il est tout à fait normal que nous tenions en très haute estime notre Fondatrice, Marie-Paule, Mère spirituelle de cette Oeuvre: que penseriez-vous d'enfans qui mépriseraient leur mère? En fait, dans toute communauté religieuse ou Oeuvre laïque, les membres éprouvent pour leur Fondateur ou leur Fondatrice le plus grand respect, même de la vénération; pourquoi devrait-il en être autrement dans l'Armée de Marie dont la Fondatrice est Marie-Paule?
- "douceur, accompagnement et tendresse", souhaitez-vous; mais je crains fort que vous ne puissiez apporter que la division. C'est Jésus Lui-même qui a annoncé la division qui serait causée par ceux qui n'étaient pas prêts à accueillir Son message ou Ses envoyés.
Un Évêque québécois a reproché à ses pairs leur "refus du Surnaturel", manifesté par leur rejet de l'Armée de Marie et de sa Fondatrice. C'est l'histoire qui jugera les acteurs engagés aujourd'hui dans cette affaire, lorsque les événements auront pris leur véritable perspective et révélé les enjeux en cause.
Sylvie Payeur-Raynauld
c.c.: M. Guy Boucher
Animateur
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