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Le 30 octobre 2001

Lettre ouverte à S. Exc. Mgr Maurice Couture, s.v.
Archevêque de Québec

L’Armée de Marie: jugée sans avoir été entendue, au mépris des lois canoniques

Excellence,

Un de nos membres nous a fait parvenir votre «Message sur l’Armée de Marie» adressé «aux prêtres, aux diacres, aux agents et agentes laïques de pastorale».

On vous dit près des pauvres; pourtant, vous passerez à l’histoire comme celui qui aura rejeté les plus pauvres; la Dame de Tous les Peuples annonçait, le 7 mai 1949: «Des gens ordinaires. Les moindres des Miens. Il n’y a plus de place pour eux... Des foules entières...» Et Elle a montré à sa voyante des églises vides.

On vous dit accueillant envers les femmes; pourtant, vous passerez à l’histoire comme celui qui aura rejeté une femme chargée par Dieu d’une mission particulière pour le salut des âmes et de l’humanité: la Fondatrice de l’Armée de Marie, Marie-Paule. Elle avait 16 ans lorsque le Seigneur lui a adressé ces paroles: «Sois bonne, mon enfant; un jour, tu seras mon porte-parole auprès des Autorités religieuses. Si elles ont confiance, de grandes choses seront évitées dans des périodes douloureuses» (Vd’A I, chap. 7, p. 51).

Vous pouvez publier force documents pour achever ce qu’avait commencé votre prédécesseur, le Cardinal Louis-Albert Vachon, qui avait déclaré au sujet de l’Armée de Marie: «Il faut tout détruire et faire disparaître ces futurs prêtres!» Vous passerez à l’histoire comme un de ceux qui ont abusé de leur autorité en niant les droits des personnes confiées à leur charge et en répandant sur elles des accusations non fondées:

1. Jamais vous n’avez rencontré Marie-Paule ou d’autres Dirigeants de l’Armée de Marie avant que cette Oeuvre soit bannie de l’Église catholique; jamais ces personnes n’ont pu exercer leur droit de se faire entendre, ce qui est contraire aux dispositions du Code de Droit canonique.

2. Preuve supplémentaire du défaut de communiquer avec ces personnes: jamais vous ou d’autres Autorités de la Conférence des Évêques catholiques du Canada (CECC) n’avez adressé la Note doctrinale de la CECC sur l’Armée de Marie aux responsables de cette Oeuvre qui, comme tout un chacun, ont lu cette Note sur internet.

3. Dans la Note doctrinale et les autres documents émanant des Autorités religieuses pour condamner l’Armée de Marie, on constate:

a) la déformation systématique des faits, même en ce qui a trait aux documents préalablement émis par des Autorités de l’Église (on ne peut réécrire l’histoire à son gré, sans tenir compte de la réalité des événements passés);

b) le refus d’examiner sérieusement des écrits mystiques qui ont été appréciés par des théologiens de renom; c’est aussi ce qu’avait fait le Cardinal Vachon au sujet des livres de Marc Bosquart (publiés en 1985 et 1986, ces deux livres avaient fait l’objet de mises en garde: en juillet 1986 pour le premier, en novembre 1986 pour le second; à la demande de l’auteur auprès du Cardinal Vachon, ces mises en garde furent justifiées en juin 1988, soit presque deux ans plus tard, par des théologiens qui avaient trituré les livres de Marc, altérant et déformant ses phrases, si bien que leur argumentation était dénuée de fondement!);

c) de fausses accusations à l’effet que le Credo et la doctrine enseignée dans l’Armée de Marie (notamment au sujet de la Sainte Vierge) diffèrent de ceux de l’Église catholique, alors qu’il n’en est rien; Marc Bosquart a bien écrit dans Le Royaume une profession de foi concernant le mystère de l’Immaculée, ce Credo lui est personnel et n’est pas récité dans l’Armée de Marie; la doctrine enseignée dans l’Armée de Marie est basée sur le Catéchisme et les autres documents de l’Église catholique;

d) de fausses accusations de «déviations doctrinales» ou d’«erreurs» en ce qui a trait aux lumières nouvelles offertes dans l’Oeuvre sur l’Immaculée, lumières qui étaient réservées à notre temps et qui n’enlèvent rien au rôle irremplaçable de la Vierge Marie ni au rôle unique du Christ Rédempteur (Jésus avait dit à Ses apôtres qu’ils ne pouvaient alors comprendre tout ce qu’Il avait à leur dire, laissant supposer des développements ultérieurs étonnants); et ces lumières nouvelles s’appuient solidement sur la Bible et des écrits d’authentiques mystiques; prétendre que nous avons tout compris de la Révélation du Christ serait aussi téméraire que de prétendre que les scientifiques ont tout compris dans le domaine de la science;

e) de fausses accusations de désobéissance: en 1987, Marie-Paule a reçu comme directive de son directeur spirituel, Mgr Émery Kabongo (alors Secrétaire privé du Pape Jean-Paul II), de toujours suivre les indications qu’elle recevait du Ciel, même si elles devaient aller à l’encontre des ordres d’un Cardinal ou d’un Évêque; la construction du Centre eucharistique et marial Spiri-Maria, à Lac-Etchemin, a été faite sur ordre du Ciel.

Excellence, pourriez-vous préciser quels sont:

- les «enseignements erronés propagés depuis trente ans par l’Armée de Marie sous le couvert de la fidélité au Pape et de la dévotion mariale»?

- les «révélations privées qui outrepassent nettement la Révélation dont le Christ est l’achèvement»? Dans votre message, vous explicitez cette affirmation en accusant faussement l’Armée de Marie «d’ajouter au Credo de la foi catholique reçu des apôtres quelques articles directement inspirés de prétendues révélations privées et manifestement contraires aux données de la foi catholique»;

- quelles sont les «déviation doctrinales [concernant] particulièrement la dévotion mariale», reprochées au premier paragraphe du numéro 2 de votre message, alors que l’Armée de Marie n’a rien enseigné qui soit contraire à la doctrine que vous y exposez sur la Vierge Marie et le Christ Rédempteur? Pourtant, vous poursuivez au paragraphe suivant: «En interprétant faussement les enseignements de l’Église, l’Armée de Marie déforme gravement le rôle unique de la Vierge dans l’histoire du salut. Lorsqu’il est affirmé que l’Immaculée est coéternelle avec la Trinité divine, et qu’en plus cette Immaculée s’est ’réincarnée’ ici-bas dans la fondatrice de l’Armée de Marie, se trouvent niés en même temps, sans qu’on le veuille sans doute, le caractère unique et historique de la personne de Marie, son Assomption en corps et en âme et son intercession continue au ciel.» Voilà une conclusion sans fondement! Entre autres visions dont elle a été gratifiée par le Ciel, Marie-Paule a un jour pu contempler la Très Sainte Vierge en Son Assomption; il est clair que le terme «réincarnée», donné par le Seigneur, n’a pas été compris;

- vous parlez des «réserves sérieuses» du Cardinal Roy face aux écrits «de la fondation [fondatrice?] de l’Armée de Marie». Si le Cardinal Roy a eu des réserves, elles se sont dissipées avec les explications que lui ont fournies Marie-Paule et ses collaborateurs, ce que vous omettez de préciser;

- vous mentionnez que le Cardinal Vachon, «à partir surtout de 1987, a mis en garde les autorités de l’Armée de Marie contre les erreurs propagées par les prétendues révélations de sa fondatrice concernant Jésus, l’unique Sauveur de l’humanité, et la véritable nature de la Vierge Marie». Quelles sont ces erreurs que vous reprochez aux dirigeants de l’Armée de Marie de s’être «obstinés à propager»? Erreurs, précisez-vous plus loin, «graves et fondamentales»?

- quelles sont les «dévotions d’une piété sincère sans doute, mais fondée sur des enseignements qui s’écartent de la doctrine professée par nos ancêtres dans la foi depuis deux mille ans», et qui auraient «troublé» les membres de l’Armée de Marie?

Vous qualifiez de «justifications trop faciles» ce qui est souvent présenté par nos membres comme de savoureux fruits de l’Armée de Marie: «la piété des membres, les belles liturgies». Il faudrait ajouter: les nombreuses vocations religieuses et sacerdotales, les conversions, les oeuvres apostoliques en tant de domaines, etc. N’essayez-vous pas de banaliser les fruits de l’Armée de Marie qui attestent de sa catholicité, de son attachement à l’Église du Christ?

Excellence, de quelle injustice se rend coupable l’Église de Québec, entraînant à sa suite l’Église canadienne! Ce qui est triste, c’est que les hommes devront payer le prix de votre refus.

S’il vous semble que, plutôt que de contribuer à la communion ecclésiale, nous soyons cause de division ecclésiale, nous voudrions rappeler à Votre Excellence qu’à la suite du Christ nombre de Fondateurs, de mystiques, ont aussi apporté la division: saint Louis-Marie Grignion de Montfort a été chassé de sept diocèses de France avant de pouvoir revenir prêcher en son pays avec un mandat du Pape; Padre Pio a été condamné cinq fois par le Saint-Office; etc.

Le salut des âmes, voilà l’enjeu de notre temps, auquel s’est consacrée l’Armée de Marie, s’efforçant de vivre l’esprit de l’Évangile dans une grande fidélité à l’Église. Nous osons croire que cela est très catholique...

Sylvie Payeur-Raynauld


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