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Le 25 octobre 2001

Lettre ouverte à Mgr Jean-Louis Plouffe
Évêque de Sault-Sainte-Marie

Accueillir ou refuser le Surnaturel?

Monseigneur,

On nous a fait parvenir la lettre que vous avez adressée aux prêtres de votre diocèse au sujet de la Note doctrinale des Évêques canadiens sur l’Armée de Marie.

Si, avant de rédiger et de publier cette Note, on avait rencontré Marie-Paule et ses principaux collaborateurs pour les interroger avant de les condamner (comme l’exige pourtant le Droit canonique), on n’aurait pu, en toute bonne foi, écrire tant de faussetés sur cette Oeuvre et sur sa Fondatrice.

Mais une telle attitude de rejet n’est pas nouvelle dans l’Église:

- Saint Louis-Marie Grignion de Montfort a été rejeté de 7 diocèses de France avant de pouvoir prêcher dans son propre pays avec un mandat spécial du Saint-Père.

- Plus près de nous, Padre Pio (béatifié en 1999) a dû subir une véritable persécution de la part des Autorités religieuses de son Ordre et il a été condamné cinq fois par le Saint-Office (l’actuelle Congrégation pour la Doctrine de la Foi); les pires calomnies couraient sur son compte, on l’espionnait jusque dans son confessionnal, il a été traité de manière infâme et injuste... Ses fils spirituels - qui ne l’ont jamais abandonné et qui ont toujours cru en lui - sont venus à son secours, entre autres à l’époque du Concile: un livre fut écrit à la défense de Padre Pio et adressé, avant son lancement dans le public, au Pape et aux Pères du Concile; le Pape Paul VI, réalisant le grand scandale que causerait ce livre s’il était diffusé, ordonna immédiatement que cesse la persécution contre Padre Pio.

Oserait-on reprocher à saint Louis-Marie Grignion de Montfort et à Padre Pio d’avoir « porté atteinte au rôle d’unification de l’autorité», et «conséquemment à la communion ecclésiale», ce que la Note doctrinale reproche à l’Armée de Marie? Car il est clair que leur mission a causé de la division ecclésiale. Et il faudrait faire le même reproche à la plupart des fondateurs qui sont aujourd’hui canonisés et à tant d’autres saints!

Les auteurs de la Note doctrinale connaissent-ils Marie-Paule, cette personne douée de charismes étonnants, maintes fois prouvés:

a) combien de personnes lui doivent leur guérison sinon la vie;

b) combien de prophéties qu’elle a annoncées se sont réalisées, par exemple l’attentat terroriste contre New York qu’elle avait annoncé aux membres de l’Armée de Marie dès le début des années 1980;

c) combien de personnes sont revenues à l’Église et à une spiritualité plus intense grâce à l’Armée de Marie et à Vie d’Amour;

d) combien de vocations religieuses elle a suscitées et offertes à l’Église, dont 40 prêtres;

e) et ce charisme de voir à distance: le Seigneur lui a ainsi montré de nombreux agissements des adversaires de l’Oeuvre, autant au Canada qu’à Rome... Et ce qu’elle a ainsi «vu» a été corroboré par des témoins de ces agissements.

Est-ce que l’Évêque québécois venu anonymement à la défense de l’Armée de Marie n’avait pas raison d’affirmer que la cause du rejet de l’Armée de Marie et de sa Fondatrice était le refus du Surnaturel? La nécessité pour cet Évêque de garder l’anonymat en dit long sur la «liberté» dont jouissent effectivement les membres de l’épiscopat lorsqu’ils se sentent obligés, en toute conscience, de prendre la défense de personnes injustement accusées.

Contrairement à ce que vous affirmez dans votre lettre qui reprend les arguments de la Note doctrinale:

1. La dévotion mariale de l’Armée de Marie est en tout point conforme à l’enseignement de l’Église:

- les membres récitent quotidiennement le chapelet, sinon le rosaire; l’Oeuvre a répandu la pratique des premiers samedis du mois, de la Vierge pèlerine; le 7 octobre dernier, répondant à la demande du Saint-Père de consacrer ce jour à la récitation du rosaire pour obtenir la paix, le chapelet a été récité pendant 24 heures à Spiri-Maria, de minuit le 6 octobre au soir jusqu’à minuit le 7 octobre;

- si Marc Bosquart a reçu des lumières spéciales concernant l’Immaculée et la personne de Marie-Paule, Son instrument sur la terre, ces lumières ne sont pas considérées comme «vérités de foi» et sont proposées aux membres par Marc, en son nom personnel;

- avant de condamner certaines nouvelles données des écrits de Marie-Paule, par exemple l’annonce par le Seigneur de la réincarnation de Sa Mère, ou la Co-Rédemption, sous prétexte qu’elles seraient «profondément en désaccord avec l’enseignement et la profession de foi de l’Église catholique», il faudrait replacer ces données dans leur contexte et voir comment elles se sont réalisées dans la vie de Marie-Paule, et comment Dieu les a authentifiées Lui-même; à moins de refuser à Dieu Son droit d’intervenir dans l’histoire? Comment alors pourrait-Il, ainsi que l’annonce prophétiquement la Bible, «faire toutes choses nouvelles» et sauver cette humanité qui va à sa propre perte?

2. Avant de lancer que «les dirigeants de l’Armée de Marie continuent à défier l’autorité ecclésiale», il faudrait savoir que Marie-Paule est dans la plus totale obéissance à l’Église qui en 1987, par son représentant, Mgr Kabongo (directeur spirituel de Marie-Paule, qui était alors Secrétaire privé du Pape Jean-Paul II), a ordonné à la Fondatrice de l’Armée de Marie de toujours suivre les indications et ordres qu’elle recevait d’En-Haut, même si ce qu’elle recevait venait en contradiction avec ce qui lui était demandé par un Évêque ou un Cardinal.


3. Vous écrivez: «Vraie foi et célébration sacramentelle authentique ne sont pas possibles en dehors de la communion avec l’Évêque local.» En plusieurs diocèses du Canada, «la communion avec l’Évêque local» empêche la «célébration sacramentelle authentique»: les absolutions collectives continuent à être proposées aux fidèles, et même imposées - nous connaissons un prêtre du diocèse de Chicoutimi qu’on a obligé à donner l’absolution collective, pourtant interdite par Rome (sauf en certaines conditions d’exception). Mais qui, parmi les Évêques canadiens, dénonce cette façon de faire? Heureusement, il est des Évêques - et nous avons entendu dire que vous êtes de ceux-là - qui se sont pliés à cette exigence romaine, et nous les félicitons.

Le Curé d’Ars a changé les âmes grâce aux longues heures qu’il a passées au confessionnal; à Spiri-Maria, nos prêtres qui administrent le sacrement de réconciliation sont témoins des merveilles accomplies par la grâce dans les âmes, alors que certains pénitents ne se sont pas confessés depuis des dizaines d’années.

4. Pour terminer, vous demandez formellement à vos prêtres de s’«abstenir de tout ministère relatif à l’Armée de Marie» et d’inviter «ses membres à abandonner ce mouvement s’ils souhaitent demeurer en communion avec le Pape, les Évêques et les enseignements de l’Église catholique». Les Groupes de prière fondés par Padre Pio ont connu le même sort: ils ont été interdits en Italie. Étaient-ils mauvais ou hérétiques pour autant? Certes non!

Il semble qu’aujourd’hui la communion avec les Évêques et avec le Pape ne soit plus possible en certaines régions du globe. La confusion règne, les ténèbres ont même envahi l’Église, ainsi que l’a reconnu le Pape Paul VI.

Nous devons à notre tour reprendre les mots de saint Pierre au Sanhédrin: il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes, lorsque ceux-ci nous semblent s’être écartés des chemins de Dieu.

Soyez assuré, Excellence, de notre respect et de notre prière.

Sylvie Payeur-Raynauld


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