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LA REVUE: «L’ARMÉE DE MARIE», LIEN MARIAL

«Prépare une petite revue qui reliera les membres!»

C’était l’indication donnée à Marie-Paule dans la nuit du 28 au 29 août 1971.

Il y a trente ans, le soir du 14 septembre 1971, Marie-Paule recevait les cinq mille copies de la petite et humble revue L’Armée de Marie à peine sortie de l’Imprimerie. Un peu plus de deux semaines s’étaient écoulées depuis le rassemblement de l’Équipe Mariale au Sanctuaire de Notre-Dame d’Etchemin, survenu le 28 août.

Ce même jour du 28 août marquait aussi le quinzième anniversaire du décès de Ernest Giguère, papa de Marie-Paule. Cette fille, si aimante et si dévouée pour son père, prise par les multiples responsabilités de l’organisation de cette journée de prière et l’attention donnée à chaque membre du groupe, a oublié totalement cet anniversaire. Lorsqu’à vingt-trois heures quarante cinq elle reçoit l’annonce: «C’était aujourd’hui la Fondation de l’Armée de Marie», bien que très surprise, elle «entend» le Seigneur qui lui ordonne: «Prépare une petite revue qui reliera les membres. Cette revue portera le titre de l’Armée de Marie.»

Il est trois heures du matin et elle n’a pas encore dormi. Pourtant elle ne ressent aucune fatigue. Lorsqu’enfin elle succombe au sommeil, un spectacle émouvant la saisit; des réalités célestes à nulle autres pareilles se manifestent: son père est là, le visage rayonnant, qui la regarde en souriant et il exécute pour elle un chant merveilleux. Puis des polyphonies célestes sont reprises en choeur. Par sa présence, le papa vient confirmer Marie-Paule dans la voie qu’elle poursuit; et par les solos qu’il exécute il lui démontre sa tendresse paternelle.

Donc dans la nuit du 28 au 29 août 1971, Marie-Paule apprenait qu’une petite revue désignée sous le titre de L’Armée de Marie devait unir les membres de l’Équipe, ainsi que toutes le âmes qui désirent s’enrôler dans l’Oeuvre. Tout cela est d’autant plus surprenant pour Marie-Paule qui n’a ni argent, ni santé. En effet, qu’est-ce que cinq dollars pour lancer une revue? Mais elle fait totalement confiance au Seigneur qui lui donnera les moyens pour réaliser ce qu’Il veut. Et elle se met au travail, immédiatement de sorte que le sept septembre, la veille de la fête de la Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie, la rédaction et la mise en page sont terminées et la petite revue est prête à être remise à l’imprimerie. Il y avait exactement cinquante ans ce jour là que la Légion de Marie avait vue le jour à Dublin, en Irlande, le 7 septembre 1921. La revue L’Armée de Marie paraît donc le 14 septembre, en la fête de la Croix Glorieuse qui coïncide avec le cinquantième anniversaire de naissance de Marie-Paule.

«Cinquante ans! Et c’est l’heure de l’Action ouverte, de la vie publique.» Lisons-nous en Vie d’Amour. «Si souvent mentionné dans le livre de la Dame de tous les Peuples, ce chiffre 50 est enfin atteint. D’après les derniers événements, le travail apostolique se mènera rondement», écrit Marie-Paule. Ceci est confirmé dans les visions d’Amsterdam: «Je regarde et voici: entre la Dame et le Pape un nombre est écrit; et ce nombre est 50. La Dame dit: “Cette année-là, il s’agira de travailler dur... et pas seulement en paroles.”»

Ce jour-là, le 14 septembre 1971, le monde entre définitivement dans l’Ère Mariale. Et comme le note Marie-Paule dans ses écrits, c’est bien l’heure de l’Action ouverte. «Un jour, tu dirigeras un beau mouvement, un merveilleux mouvement..», lui avait dit le Seigneur, en octobre 1954. La promesse divine annoncée dix-sept ans auparavant et répétée à plusieurs reprises au cours des années se réalisait enfin. Et le lancement de la petite revue «L’Armée de Marie» en était comme la manifestation tangible et le signe concret.

En lisant les premiers numéros de la petite revue on remarque sa grande distinction; on y respire le parfum de la pureté du lys, et nous humons la fragrance de la rose qui embaume le coeur et l’esprit, signes évidents d’une présence mariale exceptionnelle. Les caractéristiques principales qui se dégagent de cette petite revue, c’est la Paix, la Joie et l’Amour qu’elle véhicule et transmet à tous les lecteurs. Elle est comme une source à laquelle on puise une magnifique espérance fondée sur la promesse de Marie à Fatima: «À la fin, mon Coeur Immaculé triomphera.» Comment se fait-il qu’une revue aussi humble puisse avoir tant d’attraits et tant d’impacts sur les âmes? Eh bien, c’est la Vérité et la Lumière qui en jaillissent, du fait qu’elle s’appuie sur la Doctrine solide de l’Évangile et des enseignements de l’Église, qui la rend si agréable et puissante à la fois. D’ailleurs l’Armée de Marie ne se reconnaîtra-t-elle pas à ce seul signe: «sa fidélité au Pape et à l’Église»?

Dans les tout débuts de l’Oeuvre, on constate l’enthousiasme des âmes qui, dès qu’elles prenaient contact avec l’Oeuvre et s’approchaient de l’Armée de Marie, par l’intermédiaire de la revue, s’enflammaient comme à un grand brasier d’amour. Aussi, ce n’était pas tant les nouvelles indications intérieures que Marie-Paule pouvait transmettre à des personnes; ce n’était pas non plus un engouement pour les charismes de la fondatrice ou d’autres personnes de l’Oeuvre qui fascinaient les âmes, mais c’était plutôt le bonheur intérieur ressenti et éprouvé lorsqu’elles comprenaient comment elles étaient appelées à cette conversion du coeur et à cette transformation spirituelle.

Marie-Paule parlait de la réforme intérieure avec tant de convictions et de charmes que nous en étions éblouis. Elle nous enthousiasmait par ses paroles et ses écrits à tel point que cela rendait heureux quiconque l’écoutait ou la lisait parce que chacun comprenait qu’en s’améliorant spirituellement, il plaisait à Dieu et sa vie n’avait plus d’autre but que d’être agréable au Seigneur et à la Sainte Vierge. Nous sentant tous et toutes sur un même pied d’égalité, et comprenant que «nous avons tous une âme religieuse», tel que nous l’enseignait Marie-Paule, nous n’avions qu’une ambition, celle de progresser sur le plan spirituel. C’était là notre plus grande joie. Humainement parlant, on pourrait croire que c’était là une folie... Aux yeux des hommes, oui! Mais aux yeux de Dieu, c’était une grande sagesse et, pour nous tous, certainement une bien grande grâce.

Trente ans sont passés depuis la première parution de la revue L’Armée de Marie; trente années pendant lesquelles nous avons puisé à une mine d’or dont tant de filons restent encore à découvrir et à être exploités. Nous y trouvons des enseignements qui sont une véritable médecine pour les âmes; pour d’autres, les témoignages qui y sont donnés deviendront un antidote précieux pour lutter et pour faire face aux exigences de la vie quotidienne. Combien de textes et de réflexions deviennent des réponses toutes prêtes et offertes à ceux qui en ont besoin, pour tous les genres de souffrances et d’épreuves physiques, morales ou spirituelles. Comme nous aurions intérêt à exploiter la petite Revue qui, pour certains, peut sembler être dépassée, mais qui demeure comme le «petit catéchisme de l’Oeuvre» dans lequel on trouve les éléments de base qui ont contribué à former une élite de Chevaliers de Marie et qui servirait encore avantageusement si nous en faisions l’expérience lors de nos rencontres mensuelles.

Je voudrais, avant de clore cette réflexion, au nom de tous les Chevaliers de Marie, rendre hommage à Mère Paul-Marie pour ces trente ans d’un dévouement constant, de nuit et de jour, au service de la Parole de Dieu qu’elle n’a cessé de dispenser à travers une information limpide, un enseignement orthodoxe et une force de formation exceptionnelle. Il n’y a pas de parole assez puissante, je crois, pour lui exprimer adéquatement notre reconnaissance et pour lui dire de tout notre coeur un merci bien senti. Il n’y a pas de meilleure façon que de rappeler combien Marie-Paule a été et demeure toujours l’instrument privilégié du Seigneur et de la Vierge Marie pour promouvoir l’Oeuvre.

Le Père Victor et moi-même aussi bien que beaucoup d’autres personnes, telle Soeur Jeanne-d’Arc, avons été constamment les témoins de la réalisation concrète des indications et des messages que Marie-Paule recevait régulièrement pour ne pas dire quotidiennement et dont elle nous faisait la confidence. À ce sujet, je voudrais tout simplement souligner quelques faits qui vous donneront un exemple, une preuve de ce que Marie-Paule «voyait» ou «entendait» et qui se réalisait immédiatement ou encore plus tard, selon le Plan d’Amour de Dieu sur les âmes.

Le premier fait s’est déroulé le 10 novembre 1970. Ce matin-là, au réfectoire des aumôniers, le Père Victor eut un entretien avec son confrère sur l’importance de maintenir la chapelle existante. Ce Père qui avait l’esprit plus large dit tout simplement «qu’on pouvait s’en passer». Le Père Victor, qui n’est pas de cet avis, défend avec force sa position: celle de maintenir la chapelle pour le bien des âmes. «Ceux qui feront disparaître Dieu, dit-il, le paieront. Dieu se vengera un jour.» Le Père lui demande de ne pas parler comme cela. Mais le Père Victor prend la défense de la cause de Dieu et de Marie. Puis, il monte à son bureau et fait un appel téléphonique à Marie-Paule lui confiant ce qui vient de se passer.

Or, pendant qu’il parle, on frappe à sa porte et c’est le confrère qui entre et lui demande d’appeler vite le médecin parce qu’il est foudroyé par un mal de dent qui lui occasionne de fortes douleurs; «C’est pire que l’enfer», dit-il. Comme le relate Marie-Paule dans Vie d’Amour: au cours de l’après-midi, le Père Victor téléphone une seconde fois à Marie-Paule pour s’excuser et expliquer le pourquoi de l’interruption brusque de l’appel du matin. Marie-Paule lui parle, à son tour, de l’indication du Seigneur qu’elle a reçue, le midi, pendant la récitation du Rosaire: «Les paroles sacerdotales des Pères Denis et Victor porteront la puissance de Dieu et les Pères de leur Communauté seront les premiers à le constater.» Et Marie-Paule complète la dernière phrase du Seigneur, déjà confirmée par les événements: « Les Pères Denis et Victor seront eux-mêmes étonnés de ce qu’ils diront, car ce sera Dieu qui parlera par eux...»

Un deuxième fait regarde une prophétie que Marie-Paule fit lors de sa première visite dans ma famille qui résidait alors à Sherbrooke. C’était au début septembre 1970. Elle nous avait confié tout simplement qu’un jour toute la famille serait réunie et vivrait sous le même toit qu’elle. Cette affirmation nous apparaissait bien peu probable, humainement parlant, vu la diversité de l’âge et des engagements de chacun. Mais bien que cela nous semblait étonnant, nous n’avons pas douté dans notre coeur et nous avons attendu, je dirais, sans même y penser. Et voilà qu’à l’été de 1977, chose incroyable, les événements s’agencent de façon que la prophétie de Marie-Paule se réalise telle qu’annoncée. Les uns après les autres, tous nous sommes venus vivre, à 2040 de la 26e Rue, sous le même toit que Marie-Paule. Quelle grâce exceptionnelle! Du premier au dernier, excepté les familles de Marcel et Nicole qui habitaient les États-Unis, nous nous retrouvions tous au centre fondateur, jusqu’au moment de la Fondation de la Famille et de la Communauté des Fils et Filles de Marie, survenue en 1981.

Pour ma part, je dois le dire: si vous me voyez ici, c’est parce que Marie-Paule a acheté chèrement ma vocation religieuse et sacerdotale. Je ne sais pas combien elle a payé. Je suis cependant certain d’une chose: que celui qui lui doit le plus, c’est moi. Je vais vous en donner une preuve.

Vous vous rappelez sans doute avoir lu dans le VIIe volume de Vie d’Amour cet épisode où Marie-Paule m’avait «vu» vêtu de vêtements civils avec un ruban blanc en diagonale et sur lequel est inscrit en grosses lettres: «VANITÉ». Ce soir là, j’étais à Sherbrooke, dans ma famille. Cela prouve assez bien combien j’étais attaché aux choses de ce monde. Pendant une semaine le Seigneur avait demandé à Marie-Paule de se lever chaque nuit afin de prier le chapelet les bras en croix et faire des heures d’adoration. Mais elle ne savait pas encore pour qui c’était; et elle nous confiait tout cela. Ce n’est qu’après m’avoir vu ainsi affublé que le Seigneur lui a dit que c’était pour moi. Quelle douleur pour elle, surtout qu’elle devait me l’apprendre à mon retour de mon voyage. Heureusement, j’ai compris l’importance pour le prêtre et le religieux de porter le vêtement qui lui convient.

Pour cette raison je remercie Marie-Paule d’avoir sauvé mon sacerdoce. Et je veux désormais m’unir au Christ Rédempteur et à Marie Co-Rédemptrice, Dame de tous les Peuples, et leur offrir pour jusqu’à la fin de ma vie tous les battements de mon coeur, toutes mes respirations, c’est-à-dire mes inspirations et expirations, comme autant d’actes d’amour et de roses qui montent vers le Ciel en esprit de réparation mais aussi de gratitude et de reconnaissance.

Que ce trentième anniversaire du lancement au grand jour de la petite revue L’Armée de Marie, qui fut à l’origine d’un apostolat fécond dans tous les milieux et qui a permis de grands développements spirituels à tous les niveaux, trouve un écho dans nos âmes assoiffées d’idéal et de perfection.

Père Denis Laprise


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