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RÉALISATION DE PAROLES PROPHÉTIQUES

Les âmes mystiques sont souvent soumises à des épreuves purifiantes, tels que le scepticisme, le doute, la méfiance ou carrément l’incrédulité de leur entourage.

Il y a cependant des critères de base qui permettent de porter un jugement juste sur la valeur de leur charisme.

Il suffit que la parole des mystiques soient confirmées par des réalisations qu’elles n’ont pas recherchées mais qui se présentent à travers les événements pour juger de leur authenticité.

Une telle expérience, maintes fois répétée, m’a fait prendre davantage conscience de la puissance d’une vie mystique et de l’importance du rôle qu’une telle personne peut jouer dans l’Église.

Témoin presque tous les jours des merveilles que la grâce opère en Marie-Paule, cette âme toute livrée à Dieu et si simple à la fois, j’ai pu toucher du doigt, et plus d’une fois, les réalisations divines en elle et autour d’elle.

COSTUME RELIGIEUX

Lors de ma première rencontre avec Marie-Paule, en 1964, je portais le costume traditionnel des Soeurs de la Charité de Québec, tel qu’il avait été conçu et donné par la Fondatrice, sainte Marguerite d’Youville, sauf pour de très minimes modifications.

Quelques années plus tard (1968-1969), les religieuses sont invitées à revêtir un costume contemporain selon le modèle de leur choix. Pour ma part, je réfléchis, je cherche... finalement, après beaucoup d’hésitation j’accepte et je choisis un modèle qui maintient le style religieux tout en répondant aux normes du Concile. Mais au fond de mon coeur subsiste toujours une sorte d’incertitude, de malaise. Je ne sais pas ce qu’en pense le Seigneur.

En 1969, au jour de mon anniversaire, je profite d’une petite visite que je fais à Marie-Paule pour revêtir ce nouveau costume et je demande au Seigneur de passer par elle pour me faire connaître sa pensée à ce sujet.

La conversation s’engage sur Vie d’Amour et le sujet se poursuit jusqu’à mon départ. Encore sur le palier de l’escalier, nous parlons de choses et d’autres quand tout-à-coup, Marie-Paule coupe brusquement la conversation comme poussée par une intervention mystérieuse et me dit à brûle-pourpoint: «Voulez-vous savoir ce que je pense du nouveau costume? » Et, sans attendre ma réponse, elle enchaîne immédiatement au fil de l’inspiration: «[Votre Fondatrice], au moment même où l’Esprit Saint l’éclairait sur le rôle «précurseur» qui allait être le sien, a reçu du ciel, dans l’humilité de son âme, les traits célestes qui devaient servir à l’édification d’une oeuvre destinée à marquer l’Église et les Temps. Or la grâce lui fut donnée de saisir dans les grandes lignes ce que serait l’esprit de l’oeuvre gigantesque qui allait naître, d’en édifier les bases sur des assises spirituelles solides, d’en connaître l’évolution selon des données qu’elle seule pouvait comprendre et adapter. Bien plus, elle eut aussi connaissance du vêtement qui caractériserait les membres de sa Communauté. Ce traditionnel costume est d’inspiration céleste et s’accorde en tout point avec les Vues de Dieu sur l’ensemble de cette Congrégation. Il n’est pas un couturier, fût-il le plus réputé au monde, qui puisse adapter "aux temps modernes" l’ensemble d’un vêtement religieux, lequel provient d’un charisme.» (Vie d’Amour III, chap. 57, pp. 379-380)

Soudain, Marie-Paule semble mal à l’aise et humiliée, se rendant compte qu’elle avait donné son opinion sur un sujet délicat. Elle s’excuse avec toute la délicatesse qu’on lui connaît d’avoir donné son point de vue sans y avoir été invitée. Elle en souffre, car elle craint de m’avoir peinée. Le Seigneur lui dit alors:

«NE T’INQUIÈTE PAS, IL FALLAIT QUE CE CAS SOIT TRANCHÉ.» (Id. III, chap. 57, p.382)

C’est ainsi que sans le savoir, Marie-Paule, sous le souffle de l’Esprit Saint, me donnait la réponse que j’avais demandée au Seigneur avant de me rendre chez elle. En plus de me convaincre de l’action évidente de Dieu dans sa vie mystique, son intervention inspirée m’a fait comprendre la pensée de Dieu: tout en laissant aux Religieux la liberté de revêtir un costume adapté, ce dernier ne sera jamais le fruit d’un charisme ni inspiré par le Ciel.

CIMETIÈRE

Après la fondation de l’Armée de Marie, nos samedis étaient consacrés à l’extension de cette Oeuvre.

Il m’arrivait souvent de servir de compagne à Marie-Paule dans ses déplacements. Un jour, elle vient avec le Père Denis Laprise me prendre à la Maison Généralice pour une rencontre mariale. Passant devant le cimetière des Soeurs de la Charité, je lui fais remarquer la simplicité des pierres tombales, toutes identiques et soigneusement alignées, je lui dis spontanément: «Regarde, Marie-Paule, c’est ici que je serai un jour.» Elle reprend aussitôt: «Non, toi tu ne seras pas là.» Surprise d’une affirmation aussi sûre, je lui en demande la raison. «Je ne le sais pas, mais je sais que tu ne seras pas là», me répète-t-elle. Je pense que peut-être j’irai en mission et y mourrai... je ne m’arrête pas trop à cette considération, car comment comprendre ce qui me paraît impossible?

Toutefois, les événements du printemps 1977 semblent bien conduire cette prédiction mystérieuse à sa réalisation.

Étant providentiellement reliée à l’Oeuvre de Marie depuis le début de l’Équipe mariale, je ressens au plus intime de mon être un appel irrésistible à me consacrer entièrement à cette Oeuvre si prometteuse pour l’Église.

Par contre, mon engagement dans la Communauté des Soeurs de la Charité pose des obstacles à cet appel. À quelques reprises, mes démarches effectuées dans ce but de répondre à l’invitation de Marie ont échoué les unes après les autres, ne me laissant plus d’espoir. Je m’en remets donc entièrement à la puissance de Dieu, attendant dans la paix et l’abandon les signes de sa Providence, convaincue que si cet appel vient de Dieu, Il saura bien aplanir toutes difficultés.

Effectivement, un événement providentiel va m’ouvrir la voie. Je dois préciser que maman habitait au secrétariat voisin du logement de Marie-Paule qui avait accueilli avec joie ses services bénévoles depuis quelques années. Or, en mars 1977, son état de santé devient soudainement inquiétant et requiert une assistance continuelle selon l’avis du médecin. Pour moi, cet événement imprévu semble être la réponse que j’attendais du Seigneur pour confirmer son appel. J’obtiens de mes Supérieures un «permis de séjour» de quelques mois pour lui porter secours. Au terme de ce permis, les vues de Dieu se précisent davantage. Après avoir consulté un Religieux d’expérience sur cette délicate question, celui-ci approuve mon intention de quitter les rangs des Soeurs de la Charité pour me consacrer définitivement à l’Oeuvre de Marie, tout en assurant à ma mère l’assistance dont elle aura besoin jusqu’à la fin de ses jours. Rassurée, je fais les démarches qui s’imposent auprès du Saint-Siège pour obtenir l’Indult qui va me délier de mes obligations comme Soeur de la Charité de Québec.

Assez longtemps après ces événements, alors que j’avais tout à fait oublié la parole mystérieuse que Marie-Paule m’avait dite quelques années auparavant lorsque que nous passions en voiture devant le cimetière des Soeurs de la Charité et que je lui montrais les pierres tombales bien alignées, lui disant: «C’est là que j’aurai ma place un jour.» Celle-ci m’avait répondu spontanément: «Non, toi, tu ne seras pas là!» Le souvenir soudain de cette parole s’impose avec force à ma mémoire. Surprise et vivement impressionnée par ce rappel, je constate qu’en suivant tout simplement l’appel intérieur, ma démarche entrait pleinement dans les Vues de Dieu. Cet incident fut pour moi une réponse claire et la source d’une paix profonde. Dieu avait donc tout prévu en donnant à Marie-Paule cette connaissance d’un événement futur à mon sujet avant que les faits en confirment l’authenticité.

PÈRE DENIS ET SOEUR JEANNE D’ARC UNIS DANS UNE MÊME CAUSE

Voici une autre prédiction remarquable qu’elle a notée dans Vie d’Amour, en novembre 1970, et dont la réalisation se poursuit avec évidence encore aujourd’hui. Elle écrit:

«Il m’a été donnée de “voir” à quelques reprises que, à l’heure de Dieu, l’Oeuvre des “Fils” et “Filles” de Marie serait, pour notre monde égaré, comme l’arche de Noé, en ce sens que les Religieux séculiers et réguliers, de quelque Communauté que ce soit, seront là présents pour se ressourcer en cette enceinte mariale et eucharistique afin de porter au monde, à leur tour, ce qu’ils y auront puisé de spirituel, de divin.

«Que de fois j’ai dit, tantôt au Père Denis et tantôt à Soeur Jeanne d’Arc, qu’ils sont reliés tous deux par un lien spirituel que je ne peux préciser encore. Je les “vois” réunis pour une même cause.» (Vie d’Amour VII, chap. 28, p.156)

En effet, Marie-Paule nous a souvent répété cette connaissance qui lui a été donnée à notre sujet. Nous attendons les événements futurs qui confirmeront ces paroles.

C’était alors au temps de l’Équipe mariale. À ce moment là il était impossible de prévoir comment, chacun dans notre Communauté respective... nous pourrions nous rejoindre pour une même cause. Les années ont passé...

En 1977, tous les deux, sans nous consulter, nous nous sommes consacrés totalement à l’Oeuvre de l’Armée de Marie. Après la fondation de la Communauté des Fils et Filles de Marie, des événements providentiels nous ont placés dans des rôles assez identiques sans même nous rendre compte de la similitude des fonctions. Il a fallu qu’on nous le fasse remarquer. Dans les années 84 et suivantes, le Père Denis et moi étions simultanément responsables des Novices; peu de temps après, le Père Denis est devenu Supérieur général des Fils de Marie et moi, des Filles de Marie. Dans les années 97-00, pendant que le Père Denis donne des conférences ici et là dans le pays, moi j’en donne aux membres de nos différentes Communautés au Québec. Enfin, vous pouvez voir de vos yeux que le Père Denis et moi nous nous retrouvons à Spiri-Maria pour exercer un rôle identique, car, tous les dimanches, vous nous voyez à la même table pour des conférences...

Plus que cela, ce qui devient amusant, c’est de constater que dans la distribution des chambres, à Spiri-Maria, nous avons eu le même numéro: lui, 221 du côté Pietro et moi, 221 du côté Alma, et cela sans aucune préméditation. Il est à noter que c’est toujours pendant ou après les faits que nous constatons la réalisation des prédictions faites par Marie-Paule.

Pour nous qui vivons dans l’entourage de Marie-Paule et qui sommes constamment témoins de faits analogues, comment pourrions-nous douter de la valeur et de l’authenticité de sa vie mystique? C’est à genoux que nous rendons gloire et grâce à Dieu pour le don inestimable de cette Mère qu’Il a fait à notre monde contemporain pour le conduire au Royaume promis.

En ce jour de son 80e anniversaire nous lui disons un MERCI du coeur et l’assurons de notre filiale affection.

Sr Jeanne d’Arc Demers


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